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Faut-il vaiment perdre sa vie pour la gagner?

A propos du chapitre 12 de l'évangile de Jean, versets 20 à 36

La vie, la mort, ces termes semblent s’opposer. Nous savons combien la vie est fragile et la mort certaine. L’évangile de Jean qui ne cesse d’affronter les paradoxes de l’existence ose penser l’un avec l’autre. Jésus, tout au long de son ministère, nous montre l’extrême valeur qu’il donne à la vie. Il guérit, il restaure, il vient sortir son ami Lazare de son tombeau, il chante la vie : « Moi, je suis venu pour qu’ils aient la vie et l’aient en abondance » (Jn 10,10). Aussi lorsqu’il énonce : « Celui qui aime sa vie, la perd », c’est surprenant. Pourtant ce qui apparaît presque incohérent vient éclairer l’absurde. C’est en remettant le discours dans son contexte que nous commencerons cette découverte.

De l’expérience personnelle à la naissance d’une communauté
Jésus arrive tout à la fin de son ministère public, il vient d’entrer à Jérusalem de manière triomphante, il inaugure ce temps de la Passion qui occupe presque la moitié de l’évangile, comme pour nous dire ce qu’il a annoncé : « comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui, ait la vie éternelle » (Jn 3,14-15). Et son dernier discours vient éclairer ce temps qui mène à la croix. Son heure est désormais venue ! C’est l’intervention d’un nouveau groupe, « les grecs » qui amorce les paroles de Jésus. Elles ne visent plus seulement l’horizon juif, elles s’étendent au monde. Pourtant, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, si Jésus universalise ses perspectives, en même temps il individualise son propos : « Celui qui ... ». Il s’adresse à toutes et tous mais c’est à chacune et chacun de le recevoir ou pas, de le suivre ou pas ! L’expérience de la rencontre avec la Parole est personnelle et c’est cette expérience qui va permettre de construire les communautés. Désormais, ce ne sont plus les liens de sang qui nous unissent, mais l’adhésion au projet de vie proposé par le Christ.

Quel est ce projet ?
C’est la métaphore du grain de blé qui va en donner toute la saveur et nous faire découvrir le vrai sens de la vie. Il ne s’agit pas de vivoter, de survivre mais bien de vivre. Et vivre c’est être fécond. L’Église a bien trop souvent focalisé ce discours sur un après, dans une visée eschatologique. Pourtant Jésus, s’il évoque bien évidemment sa mort et sa résurrection, nous parle également de la manière de donner sens à son existence dès maintenant. Lui qui n’a de cesse d’enseigner, il est un passeur, il transmet en premier à ses disciples. Il les missionne, désormais ce sont eux les grains de blé, c’est à eux de porter du fruit. La mort du grain, c’est aussi faire mourir en nous tous nos égoïsmes, nos pulsions mortifères qui parfois nous font croire que la préservation de notre propre existence est essentielle, alors qu’en fait, elle nous stérilise et nous coupe des autres. C’est dans l’acceptation de notre finitude que surgit toute la valeur de l’existence, pour que cette fin annoncée soit porteuse de sens, qu’elle nous incite à ne pas nous en aller sans laisser de trace. Et lorsque Jésus nous invite à « haïr » la vie, il ne parle pas de n’importe quelle vie, mais bien de celle qui ne se soucie que d’elle-même. Celle qui n’intègre pas les limites de notre humanité.

La vie est belle
Car la vie est belle ! Elle a du prix ! Même pour Jésus, l’approche de la mort est effrayante. Il aime tant la vie, mais avant de protéger la sienne, il défend celle des autres. C’est son amour pour la vie qui nous dit son courage et la portée de sa mort sur la croix, cette croix qui est un scandale. Pourtant, elle nous signifie que jamais son règne de « prince du monde » n’est celui de la domination, qu’il est le règne de l’amour, de l’amour du prochain. C’est autour du Fils de l’homme élevé que la communauté se rassemble, que la Parole jaillit, qu’elle est vivante. Il est le prince de ce monde mais il fait de chacun, chacune d’entre nous, des princes, des princesses du monde, des enfants de lumière.

Florence Blondon

 

La panoplie de la foi

La vie est un combat ! Combat dans le monde contre la pauvreté, l’injustice, la violence. L’Évangile nous invite à ne pas nous retirer du monde, mais à nous y engager à la suite du Christ. Et la vie est aussi un combat intérieur : il y a en nous beaucoup d’indifférence, d’égoïsme, de tentation de découragement, et sans cesse, vivre, c’est surmonter tout cela pour que triomphent la vie, l’amour et la paix. Christ nous a précédés dans ce combat, il a donné sa vie pour cela, et nous invite à œuvrer à sa suite pour que notre monde s’approche autant que possible du Royaume de Dieu.
Et Dieu ne nous laisse pas sans ressource dans ce combat, il donne des armes formidables qu’il nous faut prendre. Paul en donne la liste en Éphésiens 6:13ss. Armes qui sont plus défensives qu’offensives, plutôt là pour protéger, donner la force de supporter le mal sans périr, sauf la dernière : l’épée de la Parole.

Ayez la vérité pour ceinture
La ceinture est ce qui tient l’ensemble de l’équipement, elle fait la cohérence.
Et la vérité dont il est question n’est pas doctrinale ou humaine, c’est la vérité de Dieu, son projet créateur, ce qu’il révèle du sens de sa création auquel nous sommes invités à contribuer. La clé de notre vie et ce qui lui donne son sens est donc ce projet, cet idéal pour lequel nous sommes prêts à nous battre. Il faut savoir où aller, être dirigé par une visée ferme vers le but qui nous est révélé dans l’Évangile.

Revêtez la cuirasse de la justice
La cuirasse couvre le cœur et les organes internes. Quant à la justice, elle n’est pas celle des hommes, elle concerne les actes justes par rapport à la volonté de Dieu pour agir fidèlement à l’Évangile. Avoir des actes justes est un bon point de départ et une force, quelle que soit notre foi. Et on peut voir cette cuirasse comme un don : la volonté de Dieu nous est donnée, c’est un cadeau, adhérez à ce projet de Dieu, ce sera la plus grande de vos forces.
On peut revêtir cette cuirasse, comme on revêt le Christ ou un vêtement. Il ne s’agit pas de changer de nature, mais la façon avec laquelle nous agissons nous donne une force qui n’est sans doute pas qu’extérieure.

Mettez pour chaussures les dispositions de l’Évangile de la paix
Les chaussures donnent-elles la paix ordinairement ? Oui peut-être qu’en protégeant les pieds on peut marcher sans crainte de se blesser. Les chaussures libèrent du souci d’avoir peur sans cesse de mal faire ou de faire un faux pas. C’est cela l’Évangile de la paix : nous n’avons pas à craindre de pécher, d’être coupable, de ne pas être à la hauteur, Dieu, lui, nous donne sa grâce, sa paix, nous fait confiance. Nous pouvons marcher avec assurance, pleins de paix et pour faire la paix.

Prenez le bouclier de la foi pour éteindre les traits enflammés du Malin
Le bouclier romain était énorme et protégeait toute la hauteur du soldat ! La foi, là, n’est pas le sentiment religieux, mais la certitude, l’adhésion ferme de ce en quoi l’on croit comme idéal de vie : l’amour, le pardon, la grâce et la paix... Le Malin, c’est le diable, le tentateur, celui qui fait douter de la validité de notre combat. Notre forte adhésion à l’Évangile nous en préserve, et «là où il y a une volonté, il y a une voie». Et ces boucliers s’imbriquaient les uns dans les autres pour faire un mur. C’est la force de la communauté qui partage une même foi. Nous ne sommes pas seuls, mais avec une multitude de frères et de sœurs.

Recevez le casque du salut
Le casque protège la tête. Le plus important. Le salut de Dieu me sauve de la culpabilité, de l’absurde et de toute menace. Cela me donne une force extraordinaire. « Salut », c’est le nom en hébreu de notre sauveur : Jésus ! Les pompiers ont un casque emblématique de leur uniforme. Moi, mon casque, c’est Jésus !

L’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu
La dernière est la seule arme offensive, mais il est bien dit « de l’Esprit ». Il ne s’agit donc pas de violence physique, mais de combat spirituel. Ma seule arme, c’est la Parole de Dieu, c’est la Bible. Arme contre tout le mal, toute tentation. Elle peut réduire en pièce tout obstacle à la réalisation du Royaume de Dieu en moi, laminer la paresse, le découragement et toute tentation. Avec cette Parole, rien ne peut me résister.

Et avec Dieu et grâce à Dieu, en tout et pour tout je suis que vainqueur par celui qui m’a aimé (Rom. 8:37).

Louis Pernot

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