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56, avenue de la Grande-Armée, 75017 Paris

Qui est Jésus ? Une porte ouverte sur l'espérance

Dimanche 1er février à 10h30
Nathalie Chaumet
Église protestante unie de l'Étoile à Paris

.petitbleugris::before { content: \"Qui est Jésus ?\"; } #system-readmore { content: \"\"; } h2 span.bleugris::after { content: \"Imaginez que votre enfant ou peut-être votre petit-enfant vous interroge.\"; } h4 em::after { content: \"Mais qui est Jésus ? Que répondriez-vous ? Quelle serait votre réponse ? Pas si simple.\"; } p:nth-of-type(1) { /* Alors bien sûr, nous pouvons sortir les grands articles du crédo. Bien sûr, nous pouvons rappeler le chemin de Jésus, sa passion, sa résurrection, son engagement. Mais répondre, répondre comme cela en quelques mots, qui est Jésus ? Et puis cette réponse sera peut-être différente pour les uns ou pour les autres. Ce n'est pas si simple de dire qui est Jésus pour nous-mêmes, la manière dont sa parole résonne en nous, la manière dont son amour nous porte. */ } p:nth-of-type(2) { /* Alors, c'est peut-être pour cela que l'évangéliste Jean a imaginé une catéchèse en sept paroles, sept paroles par lesquelles, dans l'évangile de Jean, Jésus se présente en disant : Je suis. Je suis, bien sûr, voilà, cela nous renvoie à l'épisode du buisson ardent. Lorsque l'Éternel se présente à Moïse au buisson ardent en disant : Je suis qui je suis, ou je suis qui je serai, ou je serai qui je suis, puisque la traduction de cette expression qui joue sur le verbe être en hébreu est complexe, multiple, et que donc nous avons cette possibilité de différents sens. Je suis qui je suis, ou je suis qui je serai. Une manière de se présenter comme habitant l'être en plénitude. */ } p:nth-of-type(3) { /* Et donc l'évangéliste Jean reprend cette présentation de l'Éternel à Moïse en je suis. Mais il va la décliner en sept paroles. Sept, je suis. Un portrait donc, comme un peu le jeu du portrait chinois en sept paroles. Alors, ces sept je suis, vous les connaissez sans doute ou en tout cas, vous en connaissez certains. Je suis le pain de vie, je suis la lumière du monde, je suis la porte, je suis le bon berger, deux je suis que nous avons entendu. Je suis la résurrection et la vie. Je suis le chemin, la vérité et la vie. Je suis le vrai cep ou la vraie vigne. */ } p:nth-of-type(4) { /* Voilà sept images qui nous présentent donc qui est Jésus. Et ces paroles nous dressent un portrait en plénitude parce que évidemment, l'évangéliste Jean n'a pas choisi le chiffre 7 par hasard. 7, forcément, vous y pensez tout de suite, 7 c'est le chiffre de la création. La création achevée, la totalité. Présenter Jésus en sept je suis, c'est évoquer une totalité, c'est évoquer une plénitude. Mais c'est aussi placer Jésus dans une filiation divine. Si Dieu se présente comme cela en je suis, comme pour Moïse au buisson ardent, eh bien le Christ devient le lieu de dévoilement de la présence de Dieu, la révélation de la présence divine au monde. */ } p:nth-of-type(5) { /* Sept paroles donc, sept paroles qui nous exhortent. Pour autant, ces sept images ne sont pas des images enfantines. L'évangéliste Jean ne fait pas une catéchèse qui ne serait adressée qu'aux enfants. Si vous lisez l'Évangile de Jean, vous verrez que c'est tout au contraire, une théologie toute en finesse, une théologie de dentelle, une théologie qui commence par rappeler l'importance de la parole, au commencement était la parole, nous dit l'évangéliste Jean. */ } p:nth-of-type(6) { /* L'Évangile de Jean, oui, c'est une théologie extrêmement travaillée, peut-être la plus aboutie des évangélistes, bien que chaque évangéliste ait bien sûr sa richesse et sa dimension. Mais donc si Jean choisit de parler ainsi en image, ce n'est pas pour faire de nous des petits enfants, c'est parce qu'il sait, il sait la profondeur, la profondeur de sens qui peut résonner dans une image. Il sait à quel point l'image n'enclot pas dans une définition, mais ouvre au contraire à la plénitude du sens. */ } p:nth-of-type(7) { /* Alors, il y a des images qui nous parlent forcément spontanément. Lorsque Jésus dit \"je suis la lumière du monde\", c'est une image que nous reprenons souvent lorsque nous ouvrons notre Bible dans la liturgie. J'ai dit tout à l'heure, que ta parole soit une lampe sur notre route. Oui, nous comprenons que les paroles de Jésus viennent éclairer notre chemin, nous aider à une forme de discernement. Lorsque nous pensons à Jésus comme un bon berger, même si nous n'avons plus guère l'occasion de voir des bergers autour de nous, hein, c'est une denrée rare, il faut vraiment grimper haut dans les montagnes pour voir quelques bergers aujourd'hui. Cependant, je crois que encore nous demeure cette idée de la manière dont Dieu vient prendre soin de nous comme d'un troupeau, la manière dont Jésus est donc ce bon berger qui nous mène. */ } p:nth-of-type(8) { /* Mais cette image de la porte est peut-être un tout petit peu plus énigmatique. Et c'est pour cela que j'ai choisi de m'arrêter ce matin avec vous sur cette image de la porte. On peut dire bien des choses au travers d'une porte et nous y reviendrons, peut-être que quelques expressions vous viennent ainsi à l'esprit, on peut écouter aux portes, on peut être entre deux portes, on peut être en porte-à-faux. On peut être tout simplement à la porte parce qu'on a oublié ses clés. On peut prendre la porte, être renvoyé. On peut s'adresser à la mauvaise porte ou au contraire frapper à la bonne porte. Nous pouvons entrer par la grande porte ou claquer la porte à la figure de quelqu'un qui a été pour nous désagréable. Voilà quelques-unes des expressions autour de la porte, mais il y en a beaucoup d'autres. */ } p:nth-of-type(9) { /* Alors, alors laquelle, laquelle serait juste ? Eh bien sans aucun doute plusieurs, mais peut-être pas quand même claquer la porte à la figure de son voisin, non, certes pas, je ne crois pas que ce soit ce que Jésus nous invite à faire. */ } p:nth-of-type(10) { /* Alors que représente la porte ? Tout d'abord, bien entendu, la porte représente pour nous un besoin de protection. Dans le récit de l'Évangile, la porte permet la protection des animaux rassemblés dans l'enclos. Peut-être est-ce cela une des fonctions de Jésus, protéger la vie au travers de cette image. En tout cas, de tout temps, les humains ont eu un besoin important de protection et les portes évoquent cela. Prenons l'exemple des villes, par exemple, au Moyen-Âge et même bien avant, chaque ville s'entourait de murailles pour résister à l'envahisseur possible, et l'on ouvrait des portes dans les murailles que l'on contrôlait soigneusement pour permettre le passage ou au contraire pour fermer la porte aux menaces. */ } p:nth-of-type(11) { /* La porte donc comme protection de la menace, pour laisser la menace à l'extérieur. Et bien fermer les portes, c'est exactement, par exemple, ce que nous avons fait au moment du Covid avec cette menace qui était certes invisible à l'œil nu, et bien nous nous sommes barricadés derrière nos portes à tous les niveaux. L'Europe a fermé ses portes aux voyageurs étrangers, les restaurateurs, les cafés, les théâtres, les écoles, tous les lieux publics ont fermé leurs portes et chaque famille a été priée de se claquemurer derrière les portes de son habitation pour limiter au maximum les échanges. La porte a représenté une sorte d'ultime rempart contre cet adversaire invisible qui était ce virus. */ } p:nth-of-type(12) { /* Ainsi, oui, la porte représente bien notre besoin de protection et il y a peut-être cela déjà un petit peu dans cette image, cette image que personnellement j'affectionne beaucoup, cette image où Dieu vient fermer la porte derrière Noé, comme pour lui dire qu'il est là, bien à l'abri dans cette arche, euh, qui pendant le déluge, donc dans cette arche qui va lui permettre de se protéger. */ } p:nth-of-type(13) { /* Alors cette porte qui vient représenter un besoin de protection, et bien oui, je pense que c'est une, une image intéressante pour nous, car la foi, et bien nous pouvons la vivre aussi comme un lieu intérieur où nous trouvons en nous-mêmes refuge, où nous pouvons faire halte, où nous pouvons nous ressourcer. Je me dis parfois que la foi est ce lieu intérieur que nul ne peut nous ôter, nul ne peut nous prendre. C'est un lieu qui nous est intime, qui nous est personnel, c'est le lieu où nous nous situons dans la prière, à l'abri des regards, à l'abri du monde, dans ce tête-à-tête ou plutôt ce cœur à cœur avec Dieu. Oui, nous sommes, nous entrons dans ce cœur à cœur avec Dieu par la prière, à l'abri donc dans cet espace de la confiance en Dieu. Lorsque Jésus nous dit qu'il est la porte, peut-être vient-il ainsi fermer, prendre soin de notre être intérieur et nous dire qu'avec lui, en lui, par lui, nous pouvons être en toute confiance, en tout temps, de toute manière. */ } p:nth-of-type(14) { /* Mais la porte, si elle représente donc un lieu de protection, elle peut aussi à l'inverse emprisonner. C'est le cas de ceux et celles qu'on jette en prison pour la menace sociétale qu'ils représentent. Mais nous pouvons aussi nous retrouver emprisonnés, emprisonnés de bien d'autres manières. Emprisonnés dans la solitude peut-être d'avoir trop voulu nous protéger, nous claquemurer. Ainsi, si nous reprenons cet exemple du Covid, eh bien certains se sont retrouvés au nom de la protection face à un extérieur enfermé, parfois dans une situation pour certaines familles de violence, sans échappatoire possible, ou d'autres se sont retrouvés enfermés dans la solitude, enfermés avec un soi-même, enfermés dans un monologue infini. */ } p:nth-of-type(15) { /* Ainsi donc, c'est un peu à double tranchant. Oui, la porte protège, mais toujours, et il nous faut être vigilant, toujours au risque de l'enfermement et donc au risque de la rupture de relation. Au risque de la rupture de la de la relation, oui, et il est un nombre d'expressions qui l'expriment, comme je l'ai dit tout à l'heure, claquer la porte à la figure de quelqu'un, oui, c'est rompre la relation, ou parfois même simplement être en porte-à-faux lorsque nous sentons que nous ne sommes plus sur la même longueur d'onde, ou lorsqu'on nous met à la porte, par exemple dans un travail où l'on ne rend plus soudainement service ou où l'on devient de l'ordre du jetable, à moins, à moins que ce ne soit nous qui prenions la porte d'une certaine manière. */ } p:nth-of-type(16) { /* Rappelons quand même que la Bible commence de manière spectaculaire par une mise à la porte. Je ne sais pas si les personnages de ceux et celles qui ont été mis à la porte vous viennent à l'esprit pendant que je dis ça, mais évidemment dans la Genèse, tout commence avec la mise à la porte, la porte du paradis d'Adam et Ève, qui se retrouvent ainsi à l'extérieur de ce paradis, envoyé donc dans les dangers de l'existence auxquels il va falloir qu'ils fassent face justement. */ } p:nth-of-type(17) { /* Alors donc, cette porte, cette porte qui à la fois protège mais peut aussi emprisonner, que ce soit à l'intérieur ou emprisonné à l'extérieur avec cette porte du paradis fermée pour que Adam et Ève déploient la vie, l'existence. */ } p:nth-of-type(18) { /* Mais la porte, c'est aussi le seuil. Nous nous tenons souvent sur le seuil d'une porte. Ce seuil d'une porte, je ne sais pas ce qu'il évoque pour vous, mais pour moi, je dirais que ce seuil d'une porte évoque peut-être tout d'abord l'hésitation. Ceux et celles qui passent devant notre temple, souvent dans la rue, nous les voyons hésiter, regarder les affiches. Peut-être que certains se disent \"Oui, peut-être un jour, je pousserai la porte\". Toutes sortes de questions se posent en eux. Mais il est bien d'autres portails et aujourd'hui, notre portail le plus important, c'est sans doute notre portail numérique. Beaucoup parmi vous nous témoignent qu'avant d'oser franchir cette porte, la grande porte du temple si je puis dire, et bien ils se sont, ils sont d'abord entrés via ce portail numérique, ils nous ont écouté, regardé, ils ont jaugé s'ils pouvaient trouver une place ici dans cette communauté, ils se sont rassurés donc d'une certaine manière avant de franchir cette porte. */ } p:nth-of-type(19) { /* Et donc cette idée du seuil finalement, elle n'est pas négative. Le seuil c'est ce lieu très important où l'échange commence à se nouer. En amitié, et bien ce seuil, il est aussi une étape importante. Lorsqu'on se voit, vous savez, sur le seuil, c'est que l'on hésite à savoir si l'on va franchir un pas, si l'on va franchir un cap, si l'on va peut-être oser s'inviter pour un repas, pour un café, oser partager plus que cette rencontre entre deux portes donc si je puis dire. */ } p:nth-of-type(20) { /* Et beaucoup de choses se jouent sur le seuil. Nous avons parlé de ce portail numérique qui permet une réflexion, une recherche, c'est important. Mais dans toutes les rencontres qui se jouent sur le seuil, et bien beaucoup de choses oui, se se nous, se dénouent parfois sur ce seuil. Et dans ma vie de pasteur, je peux témoigner que j'ai vécu beaucoup de choses justement entre deux portes, sur le seuil. Alors parfois au début de mon ministère, je me disais que franchement, c'était pas bien parce qu'il fallait prendre le temps de s'accueillir, de se recevoir. Mais justement, j'ai découvert à quel point le seuil pouvait être un lieu d'importance. Parce que sur le seuil, lorsqu'on hésite justement à aller entrer plus loin dans une confiance, et bien dans ce seuil parfois on commence à livrer un petit peu de soi-même, on raconte un petit peu de soi, on se dit d'une manière ou d'une autre et on commence à nouer le lien, à aller plus loin, à discerner la confiance dans laquelle nous pouvons entrer ou non. */ } p:nth-of-type(21) { /* Le seuil donc, c'est un lieu très important qui fait la frontière entre le dehors et le dedans, entre l'ancien et le nouveau, entre le connu et l'inconnu. Le seuil nécessite pour être franchi une décision et donc forcément un acte de confiance et un engagement de soi-même. Lorsque ceux et celles qui nous ont peut-être découvert par le portail numérique se décident ensuite à franchir la porte, et bien ils font cet acte de confiance, en humilité, de chercher ici une place. */ } p:nth-of-type(22) { /* Ce seuil est aussi important parce qu'il, avec la porte, hein, ce n'est pas un mur. Une fois que cette porte est franchie, nous n'allons pas la fermer à verrou pour vous tenir ici dans ce temple bien enfermé. Non, cette porte, elle est là à disposition pour que nous y entrions et que nous en sortions en toute liberté. Et nous sommes très attachés à ce que chacun, chacune puisse aller et venir, que personne ne se sente prisonnier d'une emprise d'une église de quelle qu'elle soit, quelle qu'en soit sa forme. */ } p:nth-of-type(23) { /* Le seuil donc, c'est la vie finalement. Et lorsque Jésus se présente comme la porte, eh bien il se présente comme ce mouvement de la vie qui va et qui vient. Il vient vers nous, Jésus, il nous permet, il s'approche de nous et il nous permet aussi de nous en approcher. Oui, ce seuil, il est essentiel, il montre cette circulation, ce franchissement. Lorsque nous allons franchir la porte d'un seuil chez nos amis, et bien nous allons vers eux, nous choisissons la joie de la rencontre et inversement, lorsque nous ouvrons notre porte, et bien nous accueillons. Et bien il y a tout cela aussi dans la foi. Nous nous tournons vers Dieu et en même temps, nous l'accueillons dans notre vie. */ } p:nth-of-type(24) { /* Alors oui, ce seuil est très important, il permet la vie et il y a une petite parole de Saint-Exupéry dans Le Petit Prince qui dit, où le renard dit à l'aviateur ceci : \"Il faut être très patient. Tu t'assoiras d'abord un petit peu loin, loin de moi dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien.\" Voilà le seuil, c'est ce temps de l'apprivoisement pour entrer ensuite dans la confiance. */ } p:nth-of-type(25) { /* Et c'est là que les portes grandes ouvertes deviennent alors symbole de joie, symbole de communion les uns avec les autres, comme tout à l'heure, nous allons vivre un temps de communion. Oui, cette fois-ci, ces portes ouvertes, grandes ouvertes, sont une image extrêmement positive, d'une porte qui s'ouvre grand à la joie de la rencontre, à la joie de cette communion spirituelle que nous cherchons avec Dieu, mais aussi les uns avec les autres. */ } p:nth-of-type(26) { /* Alors, cette manière de faire, c'est cette, voilà, le fait de pouvoir grande ouvrir les portes, de pouvoir être les uns avec les autres, nous dit aussi que pour pouvoir franchir cette grande porte, pour pouvoir passer cette porte du seuil, il a peut-être fallu ouvrir d'autres portes dans notre existence. D'autres portes. En effet, comment avez-vous entendu parler de Dieu ? Mais peut-être avez-vous d'abord poussé la porte du catéchisme lorsque vous étiez enfant. À moins que vous n'ayez rencontré un ami, une amie qui vous a parlé de sa foi, qui a suscité des questions. Il faut que d'autres ouvrent les portes et chaque fois que nous allons à la rencontre de Dieu, quelle porte ouvrons-nous ? */ } p:nth-of-type(27) { /* Il y a bien sûr, je l'ai dit, cette porte essentielle, cette porte de la prière, dans laquelle nous ouvrons notre cœur à la présence de Dieu, nous disons simplement à Dieu \"me voici, me voici devant toi avec tout ce que je suis, dans ces richesses mais aussi dans ces misères\". Oui, il y a cette porte de la prière. Mais il y a aussi cette porte de la Bible que nous ouvrons dimanche après dimanche, mais aussi dans tous nos groupes. Ouvrir la Bible, c'est ouvrir une porte pour pouvoir réécouter une parole, une parole de vie, une parole qui nous porte à l'espérance si je puis dire ainsi en continuant le jeu de mots, oui, une parole qui nous porte à l'existence. */ } p:nth-of-type(28) { /* Et puis voilà, peut-être aussi que le baptême peut être considéré comme une porte d'entrée significative, une porte qui dit à l'enfant que la porte, toute sa vie, lui sera toujours ouverte, celle de l'amour et de la grâce de Dieu. Et participer comme nous le ferons tout à l'heure à cette communion, et bien c'est aussi entrer dans ce festin de la grâce d'une certaine manière, un festin bien symbolique, bien humble, il n'y a là qu'une petite gorgée de vin, qu'un petit morceau de pain, mais il dit à sa manière la table du royaume à laquelle nous sommes promis, invités d'ores et déjà. */ } p:nth-of-type(29) { /* Alors oui, les portes grandes ouvertes sont symbole de joie et ces portes grandes ouvertes, symbole de joie, on les trouve notamment, par exemple, dans le livre des Psaumes à plusieurs endroits où le psalmiste se réjouit de gagner le temple de Jérusalem et d'y être accueilli. Mais même cette image si positive, portes grandes ouvertes, peut se révéler presque inquiétante parfois. Car ne dit-on pas aussi \"Ouh là là, si nous faisons cela, ça sera porte ouverte à...\" ? Ouh là là, la porte ouverte d'un seul coup devient menace. L'expression la porte ouverte exprime aussi une pente glissante, potentiellement dangereuse. On dit par exemple \"les bons sentiments sont la porte ouverte à toutes les dérives\". */ } p:nth-of-type(30) { /* Voilà, même si nous pensons les portes ouvertes, notre réflexe intérieur est bien souvent celui de la crainte, celui de la peur. Faut-il vraiment ouvrir si grand les portes de notre vie ? Est-ce que ne se glisserait pas dans la bergerie un loup, un ennemi qui risquerait de détruire tout cela ? Alors, la porte fermée exprime le besoin de protection, mais nous trouvons aussi ce besoin de protection quelque part dans cette image, la porte grande ouverte. Et pourtant, c'est bien ce que fait Jésus malgré nos peurs, malgré nos craintes, malgré nos réflexes de bête blessée. Ce que fait Jésus, c'est qu'il vient nous ouvrir grand la porte de l'amour de Dieu, sans condition, sans limite, sans frontière. Oui, Jésus ouvre grand la porte pour chacun et chacune. Et chacun, chacune est le bienvenu, la bienvenue, quel que soit son itinéraire de vie. Pour franchir la porte de l'amour de Dieu, pas besoin d'aucun certificat ou pas besoin de clés particulières, juste besoin d'entrer dans la rencontre. Pas besoin même, en tout cas, c'est notre théologie, du certificat du baptême. Imaginons ceux et celles qui ne seraient pas baptisés, quoi ? Ne pourrait pas entrer dans la grâce de Dieu d'ores et déjà en vivre ? */ } p:nth-of-type(31) { /* Le baptême est un moment symbolique que nous posons pour signifier cette grâce de Dieu qui nous est manifestée, mais nous en vivons en tout temps, de toute manière. Et j'ai connu des personnes qui demandaient le baptême très âgées. Voilà, une fois à 78 ans, une autre fois à 82 ans, et c'était des moments très émouvants, ils étaient déjà bien entendu entrés dans cette grâce de Dieu et le baptême n'a fait que le leur signifier encore davantage. Oui, chacun, chacune peut prendre place, trouver sa place dans l'amour de Dieu. C'est le sens de cette magnifique image de Jésus qui se présente en disant \"Je suis la porte, entrez par cette porte\". */ } p:nth-of-type(32) { /* Alors il y a une autre signification bien loin de mes envolées au rythme des expressions de la porte, il y a aussi peut-être une autre signification à cette porte. Lorsque Jésus dit \"Je suis la porte des brebis\", eh bien il est aussi possible historiquement cette fois-ci que Jésus se réfère à une petite porte qui existait à Jérusalem et qu'on appelait justement la porte des brebis. C'est une petite porte qu'on ouvrait pour mener le bétail directement sur le lieu du temple pour y être sacrifié. Ainsi cette porte, c'était la porte d'entrée des sacrifices qui étaient faits à Dieu pour se concilier ou se réconcilier avec lui, et bien on avait l'idée qu'il fallait donc faire couler le sang. */ } p:nth-of-type(33) { /* Alors peut-être aussi que lorsque Jésus se présente en disant \"Je suis la porte des brebis\", peut-être aussi qu'il vient dire qu'il n'est point nécessaire de sacrifice, qu'il va mettre fin à toute idée de sacrifice, que pour se tourner vers Dieu, nous n'avons pas besoin de sacrifier un animal. Dans certaines religions, on pensait même qu'il fallait sacrifier les premiers nés, c'est tout le dilemme d'Abraham dans la Genèse, est-ce qu'il doit offrir Isaac en sacrifice ? Voilà, cette question, elle était d'ores et déjà présente. Et bien peut-être aussi qu'en se présentant comme la porte, Jésus vient mettre un terme à toute idée de sacrifice. */ } p:nth-of-type(34) { /* Alors nous pouvons nous dire que cette idée de sacrifice ne nous concerne pas, qu'elle n'a plus cours, que nous n'en sommes plus là. Et bien je n'en suis pas si sûre. Car je crois que dans notre petite économie personnelle, dans notre relation avec Dieu, et bien cette idée de sacrifice revient parfois au galop à l'intérieur de nous. L'idée que si nous nous sacrifions bien comme il faut, peut-être pour notre famille, voilà, eh bien peut-être qu'on aura gagné, entre guillemets, quelques points de paradis, peut-être que nous... on nous en sera d'autant plus reconnaissant, peut-être qu'il faut en passer par une forme de sacrifice. */ } p:nth-of-type(35) { /* Ce n'est pas ce que dit l'Évangile. Ce qui ne signifie pas que parfois, oui, nous faisons une forme, alors je ne dirais pas de sacrifice personnellement, je dirais plutôt de don pour ceux et celles que nous aimons, c'est-à-dire que nous cherchons à nous donner à eux pour que de cet amour que nous leur manifestons, ils puissent vivre. Je crois que Jésus est celui qui vient mettre fin au sacrifice, à tous les sacrifices, que point n'est besoin de sacrifice aucun. Mais par contre, il nous ouvre, oui, grand la porte de son amour. */ } p:nth-of-type(36) { /* Mais c'est aussi nous-mêmes qui peut-être parfois nous trouvons à l'extérieur de nous-mêmes. C'est ce que Saint Augustin avait expérimenté. Je ne sais pas si vous connaissez la vie de Saint Augustin, mais c'est une vie à partir de laquelle on pourrait faire bien des films et bien des romans, tant elle a été compliquée, complexe, tant Augustin a cherché Dieu tout au long de sa vie, mais alors aussi parfois dans la débauche, parfois dans la gnose. La rencontre avec Dieu, il y a plutôt résisté tout au long de son existence. Et puis à un moment donné, il va entendre une voix intérieure lui dire \"Ouvre et lis\". Il va ouvrir la Bible et lire un verset qui pour lui va être extrêmement révélateur, bouleversant, qui va transformer son existence. */ } p:nth-of-type(37) { /* Et Saint Augustin dira : \"Mais Seigneur, tu étais au-dedans de moi et moi j'étais au-dehors\". Saint Augustin va reconnaître que dans cette quête éperdue, eh bien c'est lui-même qui s'est mis à la porte de sa propre existence, qu'il s'est oublié, qu'il s'est perdu lui-même, qu'il s'est trompé dans des quêtes futiles peut-être, dans des mirages, des miroirs aux alouettes. \"Oui, Seigneur, tu étais au-dedans de moi et moi j'étais au-dehors.\" */ } p:nth-of-type(38) { /* Ouvrir la Bible a permis à Augustin de réentrer dans cette grâce et dans cet amour de Dieu, bien sûr, mais aussi de se retrouver en paix avec lui-même, avec cet autre imprévisible, invisible et pourtant vivifiant, cet autre de Dieu. Voilà quelques mots donc sur cette porte, cette porte que nous sommes invités à franchir, à franchir dans les deux sens, comme nous le faisons ce matin, vous avez franchi la porte pour venir ici et puis vous repartirez à l'extérieur tout à l'heure et cela est bon. Oui, il est bon que chacun et chacune reprennent le cours de sa vie, reprenne son existence, porté, nourri par cet amour que nous avons partagé. */ } p:nth-of-type(39) { /* Et cet envoi, et bien c'est la fin de l'évangile de Jean qui nous l'exprime. Lorsque Jésus rejoint les disciples qui s'étaient claquemurés, verrouillé les portes, qui avait verrouillé les portes, qui s'étaient enfermés par peur des autorités, par peur des persécutions. Voilà que les disciples donc ne vivent plus, ils sont comme paralysés comme nous l'avons fait lors de cet épisode du Covid, mais comme nous le faisons un peu, je dirais peut-être encore plus maintenant parce que ce monde est finalement menaçant, parce que de terribles nouvelles nous viennent de toute part, et que nous avons peut-être envie de tirer les rideaux de notre maison, de nous mettre sous la couette ou de nous évader en regardant la dernière série à la page ou à la mode. Et pourquoi pas, cela est bon, nous avons besoin de temps de restauration. */ } p:nth-of-type(40) { /* Mais Dieu de nous appelle à prendre pleinement notre place, non seulement dans ce royaume qui nous est d'ores et déjà manifesté, mais aussi dans ce monde. Oui, nous sommes appelés à prendre notre place dans ce monde parce que si nous laissons la place aux violents, et bien ils occuperont toute la place. Résister à la violence, cela commence par cela, cela commence par prendre pleinement sa place avec nos propres convictions, sans avoir peur de les vivre, de les dire, de les manifester. */ } p:nth-of-type(41) { /* La violence, vous savez, c'est une spirale sans fin, une spirale qui déborde, une spirale qui se nourrit de tout ce que qui peut, ce qu'elle peut trouver, une spirale qui ravage tout sur son passage. Mais il est des moyens, je le crois profondément, il est des moyens de fermer la porte à la violence. Ce sont des moyens difficiles, complexes, ce sont des moyens qui nécessitent un engagement sur le temps long, par exemple celui de l'éducation, par exemple celui de la solidarité sociale dans ce lien qui est si important. Oui, tout ceci contribue à reléguer la violence en marge. Et une autre manière de ne pas laisser la place à la violence, c'est de faire grandir l'amour, la joie, l'espérance, car la violence n'entre que là où elle le peut, là où nous abandonnons la place, notre place, par peur justement, par réflexe de recroquevillement sur nous-mêmes. */ } p:nth-of-type(42) { /* Voilà, j'ai trop parlé. Vous repartez avec plein de portes et d'images, de portes à franchir, de portes à ouvrir. Et bien souvenez-vous, c'est Dieu lui-même qui frappe à la porte de notre cœur, nous invite à le laisser entrer. Amen.
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