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56, avenue de la Grande-Armée, 75017 Paris

Jésus Christ crucifié comme boussole

Dimanche 8 février à 10h30
Église protestante unie de l'Étoile à Paris

La Boussole Intérieure : Trouver son Cap dans la Vie

Alors, pouvons-nous imaginer comment nous vivririons aujourd'hui si la boussole n'avait pas été inventée ?

Si les chinois n'avaient pas utilisé ce petit outil pour suivre la route de la soie jusqu'à l'Europe.

Si des explorateurs européens comme Christophe Colomb, Vasco de Gama ou Magellan, n'avaient pas eu cet outil pour la navigation en haute-mer, auraient-ils seulement pu découvrir tant de nouveaux mondes ?

Que serait devenue la Renaissance, la pensée des lumières et nos révolutions technologiques et industrielles ?

Assurément, notre histoire aurait été bien différente.

Une petite boîte. C'est le nom de boussole dérivé de l'italien Bussola, qui a déterminé de grandes trajectoires.

Et de même qu'une boussole extérieure ordonne de grands déplacements, nous avons besoin de boussoles intérieures pour orienter nos choix, nos valeurs, notre être au monde.

Ce que j'appelle ici notre manière d'être, mais l'expression est trop restrictive. Il faut le prendre au sens large de ce qui détermine nos orientations fondamentales dans notre vie.

Sel de la Terre et Lumière du Monde : La Boussole Donnée par Jésus

C'est vous qui êtes le sel de la terre, rapporte l'évangile de Matthieu.

C'est vous qui êtes la lumière du monde.

Jésus parle alors à ses disciples au milieu de cette mer immense que sont les foules, au pluriel dans le texte.

Ces foules poussent Jésus à aller se placer sur une montagne pour pouvoir enseigner.

Ballotté, les disciples ont besoin d'un cap. Jésus leur donne une clé. Il leur donne une boussole intérieure.

Et les verbes, constatant d'abord un présent, vous êtes le sel de la Terre. Cette boussole est déjà là.

Se tourne en invitation et même en envoi, que votre lumière brille devant les gens. Cette boussole détermine leur trajectoire.

Et comme la boussole sur un bateau oriente le travail de tout un équipage, ordonne la position des voiles et de proche en proche, tous les éléments du bateau, la boussole que donne Jésus invite à réordonner l'écosystème des disciples et peut-être même des foules qui entendent ses propos.

Incarner la Boussole : De l'Évangile de Matthieu à la Lettre aux Corinthiens

Alors comment incarner d'être sel de la terre, lumière du monde ?

Il faut admettre que c'est joliment dit. La perspective peut paraître flatteuse. Sauf que le discours de Jésus suit juste un autre propos. Heureux les persécutés.

Jésus devra donc donner quelques explications. Deux chapitres de discours suivent, avec beaucoup d'exemples pour expliquer aux disciples ce qu'est cette boussole.

Le long discours sur la montagne est un programme de vie. Il est médité aujourd'hui quotidiennement par bien des chrétiens, prier tous les jours chez les diaconesses de Reuil, dans la fraternité des veilleurs et dans bien d'autres lieux.

Mais aujourd'hui, nous avons un deuxième texte proposé dans les lectures qui va nous permettre un pas de côté et d'illustrer peut-être autrement ce que peut vouloir signifier être sel de la terre.

Car je crois que Paul ne dit pas autre chose à la fragile communauté des Corinthiens, dans ce qui nous est resté comme cette première lettre aux Corinthiens et qui n'était peut-être pas la première.

Alors croiser deux manières d'être celle de la terre, ce n'est pas simplement un exercice intellectuel de transposition.

Vous savez que la Bible est une collection de textes divers, rassemblés en un canon au gré d'une longue histoire, on pourrait dire une longue traversée.

Ces textes ont été conservés dans nos Bibles d'une part parce qu'ils rendent compte le plus fidèlement de l'histoire du peuple d'Israël, de Jésus et des communautés chrétiennes naissantes, mais aussi et peut-être surtout parce que chaque texte éclaire de façon différente, qui est le Christ pour nous aujourd'hui.

Et croiser les textes, c'est donner de la profondeur à notre méditation. afin de vivre la présence de Dieu pour nous non comme un programme, mais comme un espace d'interprétation qui nous invite à l'appropriation personnelle.

je vous poserai donc la question comment vivez-vous être celle de la Terre ?

Votre réponse pourra varier selon ce que l'esprit vous a inspiré, mais toujours, elle reviendra à cette même question : Quelle est la boussole de votre vie ?

L'Exemple de Paul : Le Choix Radical du Christ Crucifié

Alors, prenons l'exemple de Paul et voyons comment il choisit d'être celle de la Terre et lumière du monde et comment il invite les Corinthiens à faire de même.

Paul fait un choix. Il le dit explicitement. Et je reprends le début du petit texte.

Pour ma part, mes frères, lorsque je suis venu chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu, car j'ai jugé bon parmi vous de ne rien savoir d'autre que Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié.

Choisir comme boussole Jésus-Christ crucifié, voilà le choix que fait Paul.

Et nous commencerons par essayer d'en comprendre l'intention. Il fait ce choix à partir d'un état particulier qui est le sien, car le texte continue ainsi : Moi-même, j'étais chez vous dans un état de faiblesse, de crainte, de grand tremblement. Ma parole et ma proclamation n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse.

Paul ne choisit pas la la faiblesse, il la constate. Mais il l'assume en Dieu. Elle n'est pas bonne en soi, mais elle permet pourtant qu'à partir de cette faiblesse, sa vie s'ordonne grâce à sa boussole, à la sagesse de Dieu.

Cette boussole a donc une portée concrète que nous essaierons d'interpréter.

Enfin, Paul termine la phrase ainsi : c'était une démonstration d'esprit et de puissance pour que votre foi ne soit pas en la sagesse des humains, mais en la puissance de Dieu.

Et dans ce troisième moment, une route se dessine alors pour les Corinthiens, vivre de la puissance de Dieu. C'est le fruit de la boussole, de pouvoir ainsi nous inviter à la vie.

Pourquoi le Christ Crucifié ? Une Boussole contre la Division

Alors reprenons. Quel est le sens possible pour Paul de ce choix de Jésus-Christ crucifié ?

Paul aurait pu faire d'autres choix. Avant d'être le Christ crucifié, Jésus a été l'homme des béatitudes, le compagnon de route des disciples, le guérisseur des infirmes, l'annonciateur des promesses de Dieu.

Nathalie Chaumet, dimanche dernier, a commencé sa prédication en évoquant la catéchèse de Jésus relatée dans l'évangile de Jean sous la forme de 7 \"je suis\".

Lorsque Jésus dit \"Je suis le pain de vie\", \"Je suis la lumière du monde\", \"Je suis la porte\", \"Je suis le bon berger\", \"Je suis la résurrection et la vie\", \"Je suis le chemin\", \"Je suis le vrai sep\".

Que fait Paul ici ? Nous propose-t-il une autre catéchèse annonçant non plus la vie, mais la mort ? Un je suis le Christ crucifié comme confession de foi ?

Pourquoi choisir la figure si dure de la croix ? Et pourquoi faudrait-il ne garder en mémoire que ce qui ressemble à une défaite ?

En effet, ne mettre en image que le Christ crucifié, c'est mettre l'accent sur les conséquences ultimes d'une succession de mensonges, de trahison, de dénonciation, d'hypocrisie, de volonté de pouvoir qui ont conduit Jésus à ce stade d'une mort ignoble à cause du péché des humains.

Bien sûr, après la catéchèse de Jésus dans l'évangile de Jean, il y a eu effectivement la crucifixion. On ne peut la masquer aussi répugnante soit-elle, mais tout de même.

Paul aurait pu choisir de ne rien savoir d'autre que le Christ ressuscité. vainqueur et nous appelant à la vie dans la joie de sa victoire. La perspective aurait été plus positive. plus joyeuse et peut-être, dirions-nous, plus vrai.

L'importance accordée à la croix, ce que Paul appelle joliment le langage de la croix, est un trait propre à la théologie de Paul. et un sillon théologique qu'il creusera tout au long de son ministère et on le lit à travers ses épîtres.

Probablement, il l'a apprise et approfondie déjà à Antioche où il a forgé sa compétence missionnaire.

Mais ce choix explicite de la croix comme boussole ici dans ce texte-là, répond aussi à un contexte dans lequel Paul est embarqué.

Il nous faut le comprendre car une boussole ne s'impose pas d'en haut et c'est peut expliquer que nos formulations puissent être aussi parfois propres à notre inspiration.

Voilà presque 2 ans que Paul a quitté Corinthe. Paul est à Ephèse en l'année 54 possiblement hein, donc un des premiers textes qui nous reste du Nouveau Testament.

Et une correspondance entre les deux villes d'Éphèse et de Corinthe s'était déjà installée. Elle a déjà pu faire part à Paul de conflits qui peuvent l'inquiéter.

Mais aussi des gens de Chloé, dit le premier chapitre, peut-être une riche marchande de Corinthe, interpelle Paul au sujet de division et de la formation de clans dans la fragile communauté.

Des partis se sont créés, chacun revendiquant un chef spirituel. Qui Apollos, qui Séphas, qui Paul.

Ce conflit est dramatique pour Paul. C'est un déchirement. Il remet en cause le sens même de sa mission, la vérité de son témoignage.

Alors Paul invective. Je le cite. Le Christ est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Ou bien est-ce le nom de par le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?

La communauté de Corinthe a perdu sa boussole. Et les quatre premiers chapitres de la lettre sont tout entiers consacrés à répondre à ces divisions et à réordonner la communauté du haut Christ seul, le Christ crucifié et donc bien l'expression que choisit Paul pour exprimer la direction à tenir.

Les Leçons de la Croix : Humilité, Itinérance et Service

Alors comment Paul s'y prend-il pour confondre ces prises de position d'un clan contre un autre ?

Dans notre texte, il n'hésite pas à se prendre en exemple. Il parle en jeu. Mais il se décentre de toute position de sachant ou de sagesse qui pourrait lui octroyer sa condition que pourrait lui octroyer sa condition d'apôtre.

Je rappelle le texte, lorsque je suis venu chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis vous venu vous annoncer le mystère de Dieu.

Et c'est dans cette position donc de non-savoir et de non-pouvoir qu'il invite les Corinthiens à ressaisir le mystère de Dieu.

Paul insiste, rien que dans notre petit texte, puisqu'il dit deux fois que sa parole et sa proclamation n'a rien des discours persuasifs de la sagesse et encadre ainsi son affirmation au seul pilier solide qu'il puisse conserver, le Christ crucifié.

Pourquoi le Christ crucifié ?

Paul ne déploie aucune explication. C'est la force d'une boussole. Une seule aiguille plantée sur un petit clou. à nous de comprendre, à nous d'interpréter, à nous d'en faire le fondement de notre liberté.

Alors, engageons-nous sur ce chemin.

Le Christ crucifié est d'abord celui qui a subi la violence de la dissension. du rejet et de la haine jusqu'au bout. Il a dévoilé ainsi la folie des hommes, capable de nier celui-là même qui les sauve.

Or le conflit mène à la violence et la violence à la souffrance et à la mort.

Se positionner à partir du Christ crucifié, c'est d'abord accepter peut-être de se laisser désarmer avec lui de tout argument de supériorité.

Nous sommes tous habités par une volonté de puissance et une violence plus ou moins cachée. Christ crucifié est l'image du dépouillement radical. Ce n'est que dans cette humilité qu'une lumière peut briller dans le monde.

Mais le Christ crucifié c'est aussi le Christ qui déplace radicalement de toutes les certitudes.

La crucifixion était à l'époque romaine, le pire châtiment qui puisse exister. Qu'un Dieu puisse mourir de la sorte est simplement scandaleux et inconcevable.

Paul emploie l'expression d'une absurdité pour les juifs comme pour les Grecs au chapitre précédent. Or se laisser déplacer, se laisser décentrer de ses propres compréhensions est une nécessité pour accueillir le Christ en premier lieu.

Paul l'a lui-même expérimenté sur le chemin de Damas et il y reviendra à plusieurs reprises dans ses lettres comme un marqueur.

Et par la suite, ce même déplacement est nécessaire pour accueillir quelqu'un d'autre comme un frère, comme une sœur et non comme un ennemi ou comme un rival, comme la communauté de Corinthe en fait l'expérience.

Il ne s'agit pas donc d'affirmer nos idées contre les autres, mais de nous ouvrir à ce que l'autre apporte. Accepter de lâcher nos certitudes, c'est accepter une itinérance intérieure qui nous permet de ne pas défendre chacun notre chapelle, mais nous ouvrir à la recherche d'une vérité commune.

Et parce qu'une boussole est là, qui nous ancre dans une vérité au-delà de nous-mêmes, cette itinérance est possible. Et rappelons-nous que Jésus a toujours été un itinérant dans son ministère.

S'appuyer sur le seul Christ crucifié, c'est encore reconnaître qu'il n'est pas possible de donner soi-même un sens à sa vie.

En toute fin du 1er chapitre, Paul s'attaque à la fierté des Corinthiens. Que le fier mette sa fierté dans le Seigneur, dit-il. car Dieu a choisi ce qui est ville dans le monde, ce qu'on méprise, ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, de sorte que personne ne puisse faire le fier devant Dieu, écrit Paul.

Et que veut dire abandonner toute fierté ? Le mot grec employé est souvent traduit par glorifier, se glorifier ou être orgueilleux. Mais le mot grec en fait désigne plutôt la quête de l'être humain de ce qui donne sens et raison à sa vie, ce qui justifie son existence.

Alors, il vaudrait mieux traduire faire le fier par se faire valoir. La valeur d'une vie est le prix qu'en a payé le Christ sur la croix. Et c'est dans cette fidélité à la vie reçue dont le prix est incommensurable que Paul engage les Corinthiens à le suivre.

Choisir enfin de ne s'orienter qu'à partir du Christ crucifié, c'est aussi reconnaître que le Christ est mort pour tous, pour chacun et chacune. Nous sommes tous au bénéfice du même salut et aucune supériorité fondamentale n'est justifiable. C'est la justice radicale de l'Évangile.

Paul critiquera dans la communauté de de Corinthe, dans le chapitre 11, que le repas de communion ne réunisse pas tout le monde et laisse les uns affamés et les autres ivres, dit-il.

Mais le Christ va encore plus loin et Paul le suit sur cette voie. C'est celui qui se fait le plus petit qui sera le plus grand. La croix en est le plus grand exemple, mais Paul argumente.

Qu'est-ce donc qu'Apollos ? Qu'est-ce que Paul ? Des serviteurs, par l'entremise desquels vous êtes venus à la foi, dit-il aux Corinthiens, selon ce que le Seigneur a accordé à chacun.

Dieu seul fait croître ce que ces serviteurs ont semé. Suivre le Christ crucifié, c'est accepter de se faire serviteur.

Alors humilité, itinérance intérieure, fidélité à la vie reçue, sens de la justice et service mutuel. Voilà ce qui ouvre à la possibilité d'accueillir le Christ authentiquement et de vivre authentiquement.

Au-delà de la Morale : Une Transformation du Cœur

Mais comprenons-nous bien, l'appel de la croix n'est pas ici un appel à une morale supérieure chez Paul. Une morale prônant l'humilité ou la fidélité. car une morale relèverait encore du langage de la sagesse humaine et donc d'un langage de la supériorité.

Ce que justement veut dire Paul en choisissant le Christ crucifié comme boussole, c'est qu'il s'agit d'une ouverture à la transformation du cœur et non à l'application d'une morale. C'est ainsi que nous pouvons comprendre l'intention de Paul de revenir au seul savoir du Christ crucifié.

Une boussole ne ment pas.

Alors, ce choix est d'une grande portée certainement et nous pouvons l'interpréter comme une transformation de nos vies sous l'égide du Christ crucifié.

Je vous propose de l'interpréter comme un triple ajustement de nos relations.

D'abord, un ajustement de la relation à soi-même. Paul reconnaît sa faiblesse. Il en fait état comme d'une bonne nouvelle. car grâce à cette faiblesse, la sagesse et la connaissance qu'il exprime sont reconnues comme ne venant pas de lui, mais de Dieu.

Pourtant, quand on lit ses lettres, il faisait preuve de sagesse, de qualité rhétorique et de toutes sortes de connaissances. mais aucun orgueil ne s'y accroche.

Paul peut être simplement lui-même devant Dieu avec simplicité, avec sa vulnérabilité, sans honte, il sait qu'il est pleinement accepté comme tel.

Et cette relation ajustée avec soi est aussi une relation ajustée avec les autres.

Malgré toutes les inquiétudes qu'il a pour la communauté, Paul reconnaît les dons des Corinthiens. Dans les salutations de la lettre, il se réjouit par exemple qu'en Jésus-Christ, les Corinthiens, je cite, soient devenus riches de tout, de toute parole et de toute connaissance.

Et ceci est dit au début avant qu'il les invective contre leur division.

Paul les sait d'origine modeste, peu éduqué, socialement peu élevé, et pourtant, il reconnaît toute leur valeur en Dieu. et il se met à leur service pour qu'ils deviennent des gens accomplis.

Et je cite le verset qui suit juste notre texte. C'est bien une sagesse que nous énonçons parmi les gens accomplis.

Une véritable affection s'exprime dans la lettre pour cette petite communauté.

Enfin, une relation ajustée à Dieu, en reconnaissant la présence de l'Esprit Saint en lui, sa sagesse et sa puissance.

Reconnaître la puissance de Dieu, c'est s'ouvrir à cette confiance d'être appelé par Dieu. et Paul utilise plusieurs fois cette expression \"vous avez été appelés, j'ai été appelé\".

Il répond librement à un appel et c'est en cela que Dieu est pour lui source de vie.

C'est cet ajustement des relations à soi, à Dieu et aux autres qui permet de laisser agir la puissance de Dieu et de reconnaître Dieu à l'œuvre dans nos vies.

De la Croix à la Résurrection : Le Chemin vers la Vie

Cette boussole nous envoie. Car bien sûr, choisir le Christ crucifié comme fondement d'un être au monde n'est pas oublier la résurrection.

Dans cette même lettre aux Corinthiens, Paul terminera son enseignement par un chapitre entier sur la résurrection. et il écrit S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus ne s'est pas réveillé. Et si le Christ ne s'est pas réveillé, alors notre proclamation est inutile et votre foi est aussi inutile.

Christ est donc bien ressuscité. Et c'est même parce que le Christ est ressuscité que la croix prend toute sa valeur.

Donc Paul ne nous apporte pas une catéchèse comme nous pouvions l'envisager initialement. Comme s'il fallait ne connaître que le Christ crucifié. Il fait le choix de replacer la croix dans un itinéraire pour le chrétien qui va de la croix à la résurrection et de la résurrection à la reconnaissance du Christ comme Seigneur en qui toute vie et toute liberté est donnée.

La croix est alors un pédagogue dans la conversion de nos vies humaines. Nous sommes convertis à reconnaître qu'en Christ, nous recevons tous les dons, talents, opportunités et richesses. C'est en cela que la puissance de Dieu se manifeste en nous. C'est en cela que nous sommes alors à la suite de Paul, celle de la terre et lumière du monde.

Vous Êtes le Sanctuaire de Dieu

Alors le Christ crucifié comme boussole, qu'en pensez-vous vous-même ?

Paul dit un peu plus tard aux Corinthiens : Nous sommes des collaborateurs de Dieu, vous êtes le champ de Dieu, la construction de Dieu.

Et même un peu plus loin, ne savez-vous pas que vous êtes le sanctuaire de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?

Quelqu'un, si quelqu'un détruit le sanctuaire de Dieu, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint. C'est là ce que vous êtes, vous.

Cette parole vous est aussi adressée ce matin.

Amen.

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