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56, avenue de la Grande-Armée, 75017 Paris

À quoi êtes-vous appelés ? La Transfiguration

Dimanche 1er mars
Phoebe Woods
Église protestante unie de l'Étoile à Paris

Chers amis,

Il est clair que dans le récit de la Transfiguration de Jésus, il se joue quelque chose de véritablement inouï. Tant par le contexte de la narration qui, dans l’évangile selon Matthieu, le situe entre deux annonces de la Passion et juste après la confession de Pierre déclarant Jésus comme Christ « Fils du Dieu vivant », mais surtout par le contenu du récit lui-même qui est une théophanie.

En effet, tous les indicateurs de la manifestation divine sont là : d’abord c’est un évènement réservé à une audience réduite et sélective (Pierre, Jean et Jacques), mais on y retrouve aussi les symboles de la présence de Dieu avec la lumière aveuglante, une nuée, une voix céleste, et même la peur… Tout cela se produit sur une montagne – lieu hautement symbolique et point de rencontre entre ciel et terre – lieu qui ne va pas sans nous rappeler d’autres rencontres divines comme l’épisode du buisson ardent ou encore Elie qui entend Dieu dans un souffle sur le Mont Horeb et, bien sûr, Moïse qui reçoit les tables de la Loi sur le Mont Sinaï.

La gloire du Christ et l'héritage des pères

Le contenu de cette théophanie est particulièrement glorieux car on y observe la métamorphose de Jésus (pour reprendre le verbe grec utilisé pour dire transfigurer, et qui est μεταμορφόω), son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements deviennent blanc comme la lumière. Qui plus est, il est vu s’entretenant avec Moïse et Elie – rien de moins ! Moïse et Elie, c’est tout ce qu’il y a de plus important dans l’héritage juif : deux grandes figures de la religion juive qui représentent à eux deux seuls toute la Loi et les prophètes.

Face au Christ en gloire, face à Jésus brillant comme un soleil avec Moïse et Elie à ses côtés, face à cet évènement incroyable et inouï… Pierre décide de prendre la parole.

Pierre, c’est ce disciple qui nous ressemble tellement : il est enthousiaste mais un peu impulsif aussi, il est sincère et mais aussi faillible… finalement il est humain tout simplement ! C’est lui qui, quelques chapitres plus tôt, veut marcher sur l’eau comme Jésus mais qui doute et se met donc tout de suite à couler. C’est lui s’empresse de confesser Jésus comme Messie mais qui, la nuit de l’arrestation de Jésus, le reniera trois fois avant que le jour ne se lève… C’est rassurant de voir que c’est sur ce disciple-là que Jésus a tout de même dit vouloir fonder son église, même si Pierre est souvent un petit peu ‘à côté de la plaque’ ou en tout cas que, comme nous tous, il ne dit pas et ne fait pas toujours ce qu’il faudrait.

La tentation de figer l'instant sacré

Au sommet de cette montagne, cela ne manquera pas : Pierre, avec son enthousiasme caractéristique et devant un Christ en gloire, s’exclame, « On n’est pas biens là ?! Allez, c’est là qu’on s’installe ! Je propose qu’on dresse les tentes ici – une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie ! » C’est un peu l’équivalent spirituel que de sortir son smartphone, et prendre en photo la scène ! Pierre semble incapable d’accueillir ce qui est en train de se passer, incapable de vivre le moment, sans le capturer. Pierre, dans son enthousiasme, fait ce que nous ferions sans doute tous à ce moment-là : face à Moïse, Elie et Jésus resplendissants, on essaierait à tout prix d’immortaliser le moment, de faire durer ce moment inouï et hors-temps. Sauf que, dresser la tente pour immortaliser le moment, c’est aussi le sanctuariser. La tente, élément qui revient si souvent dans les histoires bibliques, est certes un symbole de la vie nomade mais c’est aussi une demeure. Alors quand Pierre dit : « si tu veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie » -- c’est un projet de mausolée qui se prépare déjà !

L’enthousiasme de Pierre va bien vite retomber : avant même qu’il ait pu finir de parler, la voix divine le coupe et se fait entendre. Puis, quand Jésus dira aux trois disciples de se relever et de lever les yeux… plus rien. Le spectacle est fini. Les effets pyrotechniques éteints. Quand ce spectacle inouï est terminé, que reste-t-il ? « Iesous menon », nous dit le texte, « Jésus, seulement ».

Ca retombe comme un soufflé ! On est encore plus refroidis par l’exhortation qui va suivre : « Levez vous… et ne parlez à personne de ce que vous avez vu ».

Redescendre dans la vallée : la foi du quotidien

Pourquoi taire ce moment si incroyable et glorieux ? A quoi ça sert d’avoir vécu cette rencontre divine si on doit ensuite la taire ?! Pierre a pourtant raison quand il dit : « il est bon que nous soyons ici ». C’est vrai, il fait bon d’être là-haut sur la montagne au sommet de la spiritualité ! Il fait bon d’être éblouis par la gloire divine et de se trouver dans un lieu où on est facilement convaincus de la présence de Dieu parce qu’on la voit. Certes l’expérience est troublante, mais là-haut, Jésus resplendissant, entouré de Moïse et d’Elie : la foi n’a jamais été aussi belle ! La foi n’a jamais été aussi étincelante, aveuglante, et évidente !

Mais si Jésus nous dit de nous lever et de redescendre de la montagne sans rien dire, c’est que ce n’est pas ici, au sommet et entre quatre yeux, que cela va se passer. « Ne parlez à personne de ce que vous avez vu.. jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts ». C’est qu’il y a tant d’autres choses à vivre encore, avant que la gloire ne soit vraiment évidente. Il y a tant d’autres choses à vivre, là en bas dans la vallée, avec les autres. Il y a encore du chemin à faire et des choses à accomplir : des paraboles à raconter, des enfants à bénir, des guérisons à accomplir… la montée à Jérusalem, la Passion, la Croix…

Ces trois disciples sont appelés, non à baigner dans la gloire soudaine d’une expérience spirituelle inouïe, mais bien à redescendre sur terre. Ils sont invités à redescendre, c’est-à-dire à revenir au chemin ordinaire des hommes, car le Christ n’est pas venu pour être figé dans un instant de gloire, mais pour marcher au cœur de nos vies, au milieu de notre quotidien.

La métamorphose – pour reprendre le terme grec utilisé dans ce passage pour dire la transfiguration de Jésus – elle doit se faire aussi en bas, dans la vallée, la lumière de Jésus brillant contagieusement auprès d’autres qui ressortiront profondément changés à son contact. La gloire divine n’est donc pas un lieu où il faut rester prendre ses aises, mais une étincelle de mise-en-route, un appel pour aller et devenir, ou faire advenir, ce que cette rencontre divine nous révèle.

L'appel d'Abram : un voyage vers soi-même

L’autre texte que nous avons entendu ce matin est justement une mise en route et un appel : communément appelé dans nos bibles « la vocation ou l’appel d’Abram ».

Dans ce récit Dieu dit à Abram – « va-t-en ! » Va-t’en c’est bien un appel, mais un appel à sortir, et d’un même souffle sont listées une série de choses qu’Abram va devoir quitter : « Va t’en… de ton pays, de ton patrie, et de la maison de ton père vers le pays que je te montrerai ». Ces éléments sont prononcés comme une condition pour que ce voyage soit possible. Oui, pour devenir, il faudra d’abord quitter. Une rupture avec l’origine ou en tout cas une rupture avec la personne qu’Abram pensait être jusque-là, sera nécessaire. Il doit se déprendre de tout ce qui le définit mais donc de tout ce qui le retient aussi, pour aller à la découverte de ce qui est à recevoir ailleurs, à recevoir de l’Éternel et qui n’est pas à ce qu’il aurait trouvé s’il restait chez lui.

La vraie identité d’Abram, son potentiel, n’est pas défini par son passé ou d’où il vient. Après tout, on ne choisit pas ses origines, on ne choisit pas sa famille, sa culture et son héritage. On naît dedans, simplement. Savoir rompre avec son origine, cela ne veut pas dire qu’il faut nier l’origine ou nier sa famille pour se trouver. Ce n’est pas de l’ingratitude non plus face à ses aïeuls ou son héritage car rappelons-nous les paroles de Dieu – « honore ton père et ta mère » – c’est le commandement du souvenir et de la transmission ! Rompre avec le passé, savoir quitter sa patrie et la maison de son père, c’est simplement reconnaître que mon identité devant Dieu ne se trouve pas dans mes origines sociales. Cette identité-là n’est pas figée, elle ne se trouve pas dans ce qu’on reçoit sans rien demander, mais elle se trouve dans une dynamique de cheminement en toute liberté, un cheminement de vie. La rupture que demande Dieu ici ce n’est pas de nier ses origines, mais c’est de savoir vivre son plein potentiel en tant qu’individu libre et responsable devant Dieu.

Et c’est un appel qui vaut pour nous tous. Car lorsqu’on est recroquevillés sur soi, sur son histoire ou sur son passé, on n’est plus disponibles ! On n’est plus disponibles pour lever les yeux dans le moment présent et vivre l’instant. On n’est plus disponibles pour aller à la rencontre de son voisin, et pour vivre dans le monde. On n’est plus disponibles pour mettre notre confiance en Dieu et suivre le chemin de la vie – car il s’agit bien de cela finalement, que la vie s’épanouisse ! De plus, il est dangereux de rester figés dans la nostalgie et d’avoir les yeux rivés sur le passé qui nous empêche d’avancer. Certes, il est bon de savoir d’où on vient, d’avoir goût à transmettre notre histoire, mais au final… l’origine restera inaccessible !

Sortir de ce qu’on connaît, sortir de son confort, ça passe aussi par se remettre en question d’une façon féconde :
Et si une partie du problème que je perçois toujours chez l’autre était en fait aussi chez moi ?
Et si une partie de la solution était en fait chez l’autre ?

Lekh-lekha : Devenir qui nous sommes

Lors de la Transfiguration, Moïse et Elie disparaissent, pour laisser place à la voix de Dieu qui dit : « voici mon fils bien-aimé – écoutez-le ». C’est aussi un appel à dépasser la fidélité et l’obéissance aux figures exemplaires du passé, pour dire que la présence de Dieu ne demeure pas figée là, dans notre obéissance de la loi et des prophètes, mais qu’elle se trouve dans notre foi, c’est-à-dire dans notre confiance sur le chemin de la vie en Christ – Christ qui s’appuie sur l’ancien mais dans un but de toujours nous renouveler, de nous ressusciter.

Dans le texte hébraïque de Genèse 12,1, lorsque l’Éternel s’adresse à Abram, l’hébreu est formulé (לֶךְ־לְךָ) de telle sorte à donner l’emphase à cette exhortation de quitter, à l’aide d’une lettre ajoutée (le lamed) qui forme la préposition pour/à. On pourrait donc aussi traduire le « va-t-en » par « va pour toi » ou « va vers toi ».

Lekh-lekha : va-vers-toi, va-dans-toi ou va-pour-toi.

Dans la tradition mystique juive, chaque lettre porte une signification spirituelle. Le nom de la lettre ל, lamed, vient d’une racine qui signifie apprendre ou enseigner. Graphiquement, elle est la seule lettre qui s’élève au-dessus des autres, comme une aspiration vers le haut. Certains y voient la forme d’un bâton de berger — image d’un Dieu qui guide et qui conduit.

Lekh-lekha : va-vers-toi, va-dans-toi ou va-pour-toi.

Même s’il est clair par la fin de la phrase, et son contexte, que Dieu parle aussi de partir loin géographiquement, vers un pays qu’il lui montrera, la Terre Promise… l’expression hébraïque sous-entend bien qu’il va falloir pour ce périple, dans cette aventure avec Dieu, aussi voyager en soi et grandir. On note aussi qu’Abram et Saraï ne sont pas encore devenus Abraham et Sarah ici. Les noms d’Abraham et Sarah sont en quelque sorte encore inaccomplis – ils n’adoptent la lettre ‘Hé’ que plus tard, lors du récit de l’Alliance. En attendant c’est comme s’il leur manque quelque chose pour devenir pleinement eux-mêmes. Cette lettre ‘Hé’ c’est un son ouvert, le son du souffle (ruah), et la seule lettre répétée dans le nom de Dieu (tétragramme YHWH יהוה‎). En adoptant plus tard cette lettre dans leurs noms, cela représente comme un accomplissement de leurs personnes, une expansion de leur être, une prise de conscience de la présence divine qui les dépasse mais qui est pourtant aussi, ou désormais, avec ou en eux.

Il y a donc cette idée, cette notion que l’appel, que la vocation signifie qu’on doit voyager, sortir de, aller vers, pour accomplir son plein potentiel, et que cela va passer aussi par un voyage en soi, une introspection et une prise de conscience de Dieu. Et cet appel nous concerne tous : car le terme grec et préféré par le nouveau testament pour dire Eglise, c’est ἐκκλησία – construction de « ἐκ- » (hors de-) et du verbe « καλέω » (appeler). Nous sommes donc concernés car nous sommes la communauté des « appelés hors de… ».

La vocation au cœur de la vie ordinaire

Ces termes d’ « appel » et de « vocation » sont assez chargés pour nous en français : on les associe à la « vocation sacerdotale », et donc à une capacité de discernement qui serait réservée à un petit groupe d’illuminés… On pense que la vocation serait quelque chose que les « gens ordinaires » ne comprennent pas. Je trouve bon de se rappeler alors ce que le réformateur Martin Luther disait au sujet de la vocation. En effet, dans la chrétienté du Moyen Âge, une séparation nette existait entre clercs et laïcs, comme s’il y avait des chrétiens d’un ordre supérieur et d’autres d’un ordre inférieur. Comme s’il y avait des chrétiens à deux vitesses. Or, Luther démantèle cette hiérarchie : il n’y a pas de différence d’état devant Dieu, seulement des différences de fonction, et tous sont au bénéfice de la même grâce.

D’ailleurs en Allemand le terme pour dire métier/travail, Der Beruf (métier) et Berufung (appel) partagent la même racine, du verbe rufen (appeler). Luther affirme que tout travail peut être vocation. Ainsi, le travail n’est pas seulement une nécessité économique ; il peut devenir pleinement réponse à l’appel de Dieu. Cela ne supprime pas la nécessité du ministère pastoral, mais cela supprime l’idée qu’un clerc serait plus proche de Dieu qu’un laïc. Or, personne ne peut dire à un autre : “Dieu n’est pas ton affaire.” Chaque croyant est appelé et chaque croyant est témoin. Ce qui compte n’est pas le statut social ou religieux, mais l’âme placée coram Deo, devant Dieu.

Toute activité exercée avec fidélité, compétence et amour peut devenir service (Dienst) rendu à Dieu et au prochain. Il ne s’agit pas de “christianiser” extérieurement son métier, mais de l’accomplir de manière juste, honnête et utile à son prochain. Il y a une expression attribuée à Luther, qui dit : un cordonnier chrétien met sa foi à l’œuvre en fabriquant des chaussures de qualité, pas des chaussures avec des petites croix dessus. Ce dicton n’est sûrement pas de Luther, mais il aurait pû l’être, et en tous cas ces mots résonnent en nous : il n’existe pas de cordonnerie chrétienne, mais il existe bien une façon chrétienne de s’atteler à la tâche de fabrication d’une bonne paire de chaussures – une paire de chaussures nécessaire à son prochain, vendue à un prix juste et qui sera utile à et fera le bonheur d’autrui. Une paire de chaussures fabriquées avec soin et joie, et dans le but d’un résultat de qualité.

L’appel de la vocation est donc reçu différemment et se manifeste différemment pour chacun de nous. Cet appel est aussi divers que nous tous, mais c’est un appel qui, lorsque nous y répondons, nous rend témoins d’une seule et même espérance commune, animés par un même esprit. Nous sommes chacun appelés différemment, mais invités à témoigner dans un même sens, d’une même espérance. Et c’est aussi une façon, évidemment, de redire que – si toute occupation est égale aux yeux de Dieu, inutile de voir dans les œuvres humaines une puissance salvatrice, il n’y a pas une œuvre meilleure qu’une autre ou qui nous rendrait justes devant Dieu. Seule la foi compte.

Conclusion : Le Royaume au milieu de nous

Revenons, pour conclure, à notre récit de la Transfiguration ou de la métamorphose si on s’en tient au terme du grec original. Il s’agit bien d’une métamorphose car avec ce récit s’opère un changement du regard porté sur Jésus qui n’est pas un aïeul adoré de l’Histoire, qui ne se fige pas comme un ancêtre de foi exemplaire, mais qui est lumière encore pour nos vies aujourd’hui ! Ainsi, la métamorphose s’opère en nous aussi, car cette lumière est contagieuse : elle ne peut rester au sommet car Jésus propose une alliance nouvelle basée sur la vérité de l’être (c.f. le sermon sur la montagne et les béatitudes). Nous avons chacun vocation à être transfigurés aussi par elle. Chacun de nous brillant ainsi de cette divinité et prenant part à sa gloire.

Pierre n’avait peut-être pas compris cela, en pensant garder ce Christ-Lumière là-haut, au sommet de la montagne, hors de la réalité de sa vie, mais il finira bien par redescendre de cette montagne et constater que cette lumière continuera à illuminer sa vie ordinaire. Et plus rien ne sera plus pareil pour lui.

Jésus lui-même le dira aux pharisiens qui lui demanderont, toujours en l’évangile selon Matthieu, quand viendra le Royaume de Dieu. Il leur répond: « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira pas: Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. » (εντος υμων εστιν). Dieu nous appelle non à nous laisser tenter de rester au sommet de la montagne, mais de s’appuyer sur le passé comme tremplin pour construire sa propre identité, et à vivre en individus libres et responsables devant Lui. Nous n’avons rien de plus à faire, sinon faire confiance à Dieu car, selon Lui, nous sommes déjà tout ce qu’il faut. Nous sommes simplement appelés à devenir qui nous sommes devant Dieu – c’est-à-dire, à vivre, à développer notre potentiel humain. Chacun de nous, une expression unique de vie, et dont le désir le plus grand de Dieu est que nous ayons confiance que nous avons en nous ce potentiel merveilleux.

Ces épisodes bibliques, ces théophanies sont effectivement inouïs : car on ne pourra jamais mettre la main sur Dieu, le voir ou le sentir physiquement. Pourtant, j’espère qu’on pourra tous dire qu’on l’aura souvent vu, qu’on l’aura souvent entendu : au travers de regards et de paroles qui auront fait qu’on s’est sentis valorisés, au travers de sourires envoyés qui nous illuminent, au travers de mains qui nous auront aidés et portés, au travers d’une parole donnée, parole créatrice qui nous aura touchée et qui nous aura dit des choses essentielles pour nous faire vivre… Mieux encore, j’espère que nous l’auront témoigné nous aussi pour quelqu’un d’autre, sans avoir conscience qu’à ce moment-là, nous aurons été, nous aussi, voix et visage de Dieu.

AMEN

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