Recommencer... mais transformés. La lutte de Jacob avec l'ange
Le Poids des Recommencements : Entre Bonnes Résolutions et Mythe de Sisyphe
Chers amis, il est encore temps en ce dernier dimanche du mois de janvier pour moi de vous souhaiter la bonne et heureuse année à toutes et à tous. Et dans le recommencement d'une année civile, derrière le premier abord festif et scintillant, l'excitation d'un nouveau chapitre qui s'ouvre à nous, il se cache aussi parfois une face un peu plus sombre, celle de la petite voix qui nous dit cette année, je dois faire mieux.
Cette petite voix du devoir et de la performance, c'est celle qui fait naître à nous ces fausses bonnes idées qui sont celles des bonnes résolutions et que nous portons comme un fardeau au moins quelques semaines jusqu'à ce qu'elle s'essouffle. Il paraît que 64 % d'entre nous les auront abandonnées d'ici la fin de la semaine prochaine.
Et c'est alors que le recommencement ne devient plus synonyme de renouveau. Mais s'apparente au contraire au mythe de Sisyphe. Sisyphe qui qui fut condamné à une tâche éternelle, celle de rouler une pierre jusqu'au sommet d'une colline pour l'avoir redégringoler aussitôt. Sisyphe incarne les mouvements perpétuels de la vie, les recommencements cycliques.
Le mythe de Sisyphe, c'est une métaphore de l'absurde. L'absurdité à laquelle peuvent s'apparenter nos vies effectivement, lorsqu'elles ne sont pas vécues avec sens et que le recommencement finalement n'en est pas un s'il ne s'accompagne pas de réels changements en profondeur. Le recommencement de Sisyphe n'est pas du tout salutaire. Il n'y a pas de punition plus terrible que celle d'un travail inutile et absurde, une lutte du travail interminable et absolument privée de sens.
La Nuit de la Lutte : Jacob face à son Destin
Mais nous avons entendu ce matin l'histoire d'une autre lutte dans un autre récit mythique, celle de Jacob qui lutta cette nuit décisive contre un personnage presque inconnu. Cette nuit-là, cette nuit de la lutte de Jacob, nous la connaissons tous. Nous l'avons toutes et tous vécue. C'est la nuit agitée, la veille d'un grand engagement, la nuit avant un mariage, la nuit avant un entretien important, la veille d'un déménagement à l'international ou d'un déménagement tout court d'ailleurs.
C'est la nuit de nos plus grands doutes et où nos plus petites peurs peuvent prendre des dimensions gargantuesques. Ces nuits-là sont aussi les nuits pivots de notre vie, les nuits de changement, les nuits de conversion. Et que ce soit dans la Bible ou dans les mythes et contes du monde, la nuit est le lieu du mystère et du spirituel. Dieu rend visite ou prend parole en songe.
La nuit est le moment de l'expression de l'inconscient, l'autre partie de soi, la partie qui ne se révèle peut-être pas de jour, celle qui ne peut pas se révéler à la lumière. Et puis comme nous l'indique une expression idiomatique courante, la nuit est porteuse de conseils. Il est certain que dans ce récit de nouveau départ pour Jacob, il s'agit d'une importante transition de vie, un récit de conversion, de retournement. C'est une rencontre qui se fait de nuit parce que c'est un changement qui se fait dans son for intérieur et dans son intimité.
Le Passé d'un Tricheur : Qui est Vraiment Jacob ?
Et il faut dire que Jacob en a beaucoup sur la conscience cette nuit-là. Rappelons-nous son histoire, il est fils d'Isaac, petit-fils d'Abraham, c'est un grand homme de la Bible, mais c'est aussi un personnage très difficile et qui n'a rien d'un héros. Jacob, c'est un personnage douteux, fourbe, il a une histoire compliquée et loin d'être parfaite et pourtant, c'est lui qui devient Israël cette nuit-là.
Oui, Jacob, c'est le tricheur. Jacob, c'est celui qui fait trébucher. Son nom veut d'ailleurs dire celui qui talonne. Et c'est important car pour les Hébreux, le nom dit la personne en sa profondeur. C'est un jumeau, le frère d'Ésaü. Ésaü qui est grand et fort, alors que Jacob lui était frêle et petit. À la naissance, on nous raconte que Jacob naît le second et sort du sein de sa mère en tenant le talon d'Ésaü. D'où son nom.
Oui, Jacob, c'est celui qui fait des croche-pattes. C'est celui qui multiplie les sales coups pour passer devant et pour lequel la fin semble justifier les moyens. Le thème de la tricherie et de la tromperie sont récurrents dans son histoire à tel point qu'il va devoir passer des années en fuite, en fuite loin du pays de Canaan, la terre promise à son ancêtre Abraham, parce qu'il aura triché une fois de trop.
Rappelez-vous vos cours d'école biblique. Jacob se déguise, il se fait passer pour son frère, il trompe son vieux père aveugle et emporte ainsi la bénédiction qui reviendrait de droit au frangin aîné. C'est une tromperie tellement grave qu'il fuit la maison familiale pour se réfugier chez son oncle Laban. Et là aussi, ça continue. Il multiplie les échanges de mauvais tours avec son oncle et c'est ainsi qu'il construit sa vie et sa richesse.
Seul face à l'Inconnu : La Traversée du Yabok
Sauf que voilà, arrive le moment où il va bien falloir rentrer. Voilà le moment où se situe notre histoire. Jacob, encore une fois en fuite. Il quitte le territoire de son oncle, il prend avec lui toute sa famille, sa richesse, toute sa vie. Et il rentre vers le pays de Canaan en direction de son frère qu'il n'a pas vu depuis des années. Jacob ne sait pas quel avenir l'attend de l'autre côté de ce fleuve, sinon que son frère, Ésaü, se rapproche, suivi de 400 hommes.
Alors, il envoie en amont tout ce qu'il possède, toute sa richesse, sa famille, son bétail, toute sa vie finalement traverse ce torrent du Yabok devant lui. Et lui, il passe cette dernière nuit seul, seul face à sa situation, seul face à son histoire, seul face à lui-même et sa conscience. Puis arrive ce passage incroyable. Jacob qui est pourtant si bien préparé au face à face avec son frère, qui cherche solitude avant ce moment redouté, mais qui est troublé par une présence. Il lutte avec et ne lâche pas prise.
Qui est l'Adversaire ? Enquête sur une Identité Mystérieuse
Le verbe qu'emploie l'hébreu ici pour dire cette lutte est employé rarement, que deux occurrences qui font tous les deux référence à cette nuit, cette lutte, et dont la racine renvoie aussi au mot qui dit la poussière. Certaines traductions diront donc qu'ils luttèrent ensemble dans la poussière jusqu'à l'aurore. Et la poussière, c'est ce à quoi nous retournons. C'est un rappel de notre fragilité humaine.
Alors, ce passage a fait couler beaucoup d'encre. Mais qui est le mystérieux inconnu qui lutte avec Jacob ? Le texte n'est pas du tout explicite à ce sujet. L'hébreu le nomme simplement ich, un homme. Il y a eu de multiples hypothèses sur l'identité mystérieuse de cet homme dans la tradition rabbinique qui accompagne la lecture de la Torah. Serait-ce l'oncle Laban qui reviendrait régler un dernier compte ? C'est peut-être Ésaü qui prépare, enfin qui fait une embuscade de nuit. Ça pourrait être un ange. Après tout, Jacob en a déjà vu en songe. Et si c'était Dieu en personne ?
D'autres s'interrogeront dans le sens inverse, ne serait-ce pas plutôt Jacob lui-même dans une lutte interne, spirituelle mais aussi identitaire. Lui qui vient de faire passer toute sa vie de l'autre côté de ce torrent vers un avenir plus qu'incertain et qui reste seul face à ses pensées et ses actes passés. Ne luttterait-il pas avec ses angoisses et ses regrets éveillé toute la nuit ? Le texte hébreu se lit avec confusion, avec la répétition de Wayomer. Il dit, il dit, sans nommer les personnages, on est perdu dans cette nuit, on est vite tenté d'entrer dans ce débat sur l'identité de l'homme mystérieux.
\"Pourquoi veux-tu connaître mon nom ?\" : L'Insaisissable Visage de Dieu
Le texte nous y invite d'autant plus avec cette question pressante de Jacob, je t'en prie, donne-moi ton nom. Sauf qu'à nous aussi, cet être mystérieux nous répond tout bonnement, pourquoi ? Pourquoi veux-tu connaître mon nom ? Une question en réponse à une question. C'est une méthode pédagogique qu'on reconnaît bien. C'est celle qu'emploie Jésus. Une méthode qui nous rappelle que l'évangile n'est pas simple réponse à une question, n'est pas une doctrine, mais bien une façon de mettre des questions à nos réponses toutes faites. De nous inviter à vivre pleinement en sujet libre et penseur, une façon de nous déplacer notre réflexion et nous-mêmes.
Pourquoi veux-tu connaître mon nom ? On sait en plus que s'il s'agit de Dieu, dévoiler son identité n'est pas possible et même interdit par le Dieu de la première alliance. Isaïe nous le confirme, nul ne peut voir la face de Dieu et vivre. Cet interdit qui est repris durant le Premier Testament, aussi dans le deuxième commandement, tu ne te feras pas d'image. Ou à travers ces paroles improbables prononcées par l'Éternel à Moïse en Exode, je suis celui qui suis. Il est clair que nous ne sommes pas censés ou qu'il n'est pas nécessaire de nommer l'Éternel, comme pour nous signifier que ce n'est pas en le figeant dans une identité particulière qu'on accède à Dieu ou qu'on s'engage avec lui.
Et pourtant, cette question de voir, de saisir vraiment, de vraiment comprendre Dieu, elle taraude notre foi. Comment le reconnaître ? Comment savoir s'il est vraiment là avec nous ? Comment le saisir ? Nul ne peut voir ou se saisir parfaitement de ce Dieu qui était, qui est et qui vient. Le voir, non, mais lutter, chercher, entrer en corps à corps, cheminer avec Dieu, non seulement on le peut, mais comme Jacob, on y est invité, on en sort transformé et vainqueur.
Lutter avec Dieu : Un Corps à Corps pour Donner du Sens
Alors, je disais que ce récit a fait couler beaucoup d'encre, mais je vous invite aussi à aller voir comment elle est représentée dans l'art. On voit tantôt un Jacob violent, agressif envers l'ange, comme dans le tableau de de la Croix. Ou alors presque comme dansant avec ce mystérieux inconnu ou en train de s'embrasser comme dans le tableau de Rembrandt ou encore celui de Chagall. Cette rencontre divine par la lutte a donc inspiré bon nombre d'artistes et pour cause, c'est quoi lutter avec Dieu ?
Lutter avec Dieu, il me semble que ça veut dire aller à sa rencontre en passant par ce questionnement qui est nécessaire à la foi, qui nous pousse dans nos retranchements et nous oblige à nous demander qu'est-ce qui fait force, qu'est-ce qui fait puissance dans ma vie ? Lutter avec Dieu, c'est renoncer à faire sa propre loi, à refuser de n'avoir pour boussole que notre ego. Lutter avec Dieu, c'est peut-être aussi la prière. C'est se laisser interpeller en profondeur et nous remettre à Dieu pour nous réconcilier avec lui et nous-même. C'est se placer devant un grand vis-à-vis et reconnaître que cette altérité donne sens à notre existence propre.
Lutter avec Dieu, c'est entrer en corps à corps avec les textes qui le révèlent. On en est tous capables et on y est tous invité. Si on continue à les analyser, à en parler, à les méditer encore aujourd'hui, c'est qu'il nous interpelle et nous invite à cette lutte. Sinon, on aurait refermé la Bible il y a bien des siècles. Mais non, on la travaille, on lutte avec elle dans la poussière et c'est en cela qu'elle devient une parole vivante pour nous.
Lutter avec Dieu, c'est aussi oblitérer une fois pour toutes l'idée d'un Dieu statique, un monument lointain, car la lutte entend un corps à corps. La lutte entend qu'il est tellement proche et en même temps, si nous luttons, c'est qu'il nous échappe encore. Lutter avec Dieu, c'est attendre de recevoir une certitude solide comme de la roche, mais recevoir une parole qui file entre nos mains et qui nous déplace sans cesse. Si on attend de Dieu qu'une autorité, qu'une loi, que des réponses à apprendre par cœur, il nous répond avec davantage de questions et heureusement.
Et enfin, lutter avec Dieu, c'est refuser d'être un Jacob. C'est refuser la fuite, toujours la fuite ou tout ce qui freine l'avènement du renouveau, de la création du neuf dans nos vies. Alors oui, lutte peut être synonyme de combat quand on se sent abandonné à nos questions, mais c'est une grâce lorsqu'on se rend compte qu'invité à cette lutte, on est pleinement considéré par Dieu comme des sujets responsables.
Contrairement à la lutte de Sisyphe contraignante et limitée par la tâche cyclique et répétitive, ce corps à corps avec Dieu est une liberté, une invitation au potentiel de chacun. Je crois qu'elle est là, la bonne nouvelle de ce texte, que Dieu n'a pas peur de s'engager dans un corps à corps avec nous. Dieu viendra volontiers lutter avec nous dans nos nuits tourmentées. Il est là et nous donne la grâce de l'opportunité d'une transformation radicale par la foi.
La Triple Transformation : De Jacob à Israël
Cette lutte, c'est un appel qui nous dit : Toi, qui es-tu ? Qui veux-tu être devant Dieu ? La conversion, littéralement retournement, c'est ce demi-tour pour faire face à Dieu. C'est lutter contre tout ce qui nous freine. Un passé lourd, nos orgueils, notre ego, nos inclinaisons au doute. Il y a un mot pour ce changement radical, ce terme conversion. Et effectivement, Jacob sort de cette lutte triplement changé, nominalement, physiquement, mais aussi de manière vocationnelle. C'est-à-dire réconcilié avec son passé pour pouvoir se tourner vers l'avenir avec confiance.
Alors Jacob fait deux réclamations cette nuit-là. De connaître le nom de son partenaire de lutte et de demander sa bénédiction. De ces deux réclamations, le patriarche n'en verra qu'une seule se réaliser, la bénédiction. Et la bénédiction devient un signe de cette triple transformation. Cette nuit-là, le patriarche se sera couché en tant que Jacob le tricheur et se relève à l'aurore en tant qu'Israël. Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël, car tu as affronté des dieux et des hommes et tu as été le plus fort. Enfin, enfin Jacob se débarrasse de ce nom, de ce titre si dur à porter. Mais il aura fallu entrer dans ce corps à corps avec sa conscience, son identité et son Dieu.
Le Boitement de la Foi : Porter les Marques de la Rencontre
La bénédiction s'accompagne d'un signe, d'une marque. C'est la hanche démise de Jacob, le creux de la hanche. C'est l'articulation la plus solide de l'être humain, celle qui permet la mobilité, la marche. C'est un peu un centre puissant, mais le creux de la hanche, c'est aussi une notion d'intimité. On ne ressort pas indemne d'une rencontre comme ça. On porte une marque à vie. Jacob se relève certes renommé Israël, mais il est boiteux. Il adopte une nouvelle posture, plus humble peut-être.
Oui, la rencontre avec Dieu nous marque parce que nous sommes aussi tous des boiteux. On porte sur nous les marques de notre histoire et de nos luttes. Ce boitement n'est pas une mauvaise posture, au contraire, elle montre que comme Jacob, on a refusé de lâcher prise. On s'est laissé marquer. On refuse de lâcher ce qui compte, ce qui donne sens, on refuse de lâcher la bénédiction de Dieu sur nos vies.
Et puis avancer, même boiteux, marcher en tâtonnant un pas après l'autre, en déséquilibre. Continuer sur un chemin qu'on ne connaît pas trop, ne serait-ce pas justement cela qu'on appelle la foi ? On est boiteux parce que ce chemin est imparfait, c'est un chemin marécageux dans lequel on s'embourbe dans les moments de doute. On n'est pas toujours droit et fort dans la marche de la foi. Mais au moins, on avance sur ce chemin de vie.
Le Pardon comme Véritable Recommencement
Magnifique détail de ce récit, c'est qu'on nous dit qu'après la lutte, le soleil se leva pour Jacob et brille sur lui ce matin-là. On a en tête l'image de ce patriarche la nuit derrière lui, cette page de sa vie tournée qui traverse le fleuve vers l'aurore et l'horizon de la terre promise, brillant de sa nouvelle identité. Ce n'est pas juste l'aube d'un nouveau jour, mais c'est l'aurore d'une nouvelle vie qui se lève pour lui.
Alors, la Bible parle beaucoup de recommencement. De nouveaux départs. C'est un peu son fil conducteur. Le tout premier mot de la Bible, Bereshit, au commencement. Commencement et recommencement sont des termes bibliques. Le premier est associé à l'œuvre créatrice de Dieu et le second est aussi une façon de dire pardon.
Oui, parce que le pardon est un recommencement. Ce mot venant du latin qui veut littéralement dire don entier ou don parfait. Il est donc total et absolu. Il désigne l'attitude de quelqu'un qui ayant été victime d'une offense, prend l'initiative d'annuler la dette causée par celui qui l'a offensé. Et c'est alors vraiment faire un don parfait car sur un plan proprement juridique ou même humain, le pardon ne se justifie pas. C'est un vrai recommencement.
Alors, pardonner, vraiment recommencer, ça ne coule certainement pas de source pour nous. Demander pardon est difficile, encore plus difficile. C'est tellement facile de réclamer notre dû. C'est tellement plus commode de dissimuler notre dette envers autrui que de demander pardon. Et puis se pardonner soi-même n'est pas aisé non plus. C'est peut-être même le pardon le plus difficile d'entre tous. S'autoriser à recommencer sans exigence préalable, sans se rendre des comptes sous forme par exemple de bonnes résolutions. Le recommencement chrétien ne repose pas sur la performance ni sur la volonté de faire mieux, mais sur le pardon reçu et offert. Un don parfait qui libère et rend possible une vie nouvelle. Le pardon, c'est un acte créateur qui nous libère et nous permet de passer à autre chose et de vivre.
Conclusion : Vivre chaque Jour sous le Signe du Renouveau
Il faut s'autoriser à recommencer sans culpabilité. La grâce, c'est justement cette autorisation donnée par Dieu. Tu peux recommencer, tu peux être transformé sans dette. Avant cette nuit de lutte, Jacob envoie en amont devant lui toute sa richesse, toute sa vie, femme, enfant, serviteur, bétail, il est prêt à tout donner à Ésaü pour recevoir son pardon. Peut-être était-il alors plus disposé à cette rencontre transformatrice avec Dieu ? Car recommencer, c'est entrer dans ce mouvement du pardon, être libéré et recréé déjà. Car chaque pardon nous libère d'une chaîne de répétition, de nos enfermements. Et quand on n'y arrive pas nous-même, on peut aussi le remettre à Dieu qui pardonne sans conditions.
Décidément, recommencer n'est pas simple. Il faut se laisser transformer par une rencontre, il faut lutter pour donner sens à notre vie. C'est alors que nous entrons véritablement dans une dynamique de vie. La vie peut recommencer et de façon beaucoup plus légère. La grâce de Dieu enlève le poids de nos réalités et nous transforme afin que plus que de faire mieux, nous sommes en mesure de réellement mieux vivre.
Alors plus qu'une bonne année, je souhaite que chacun d'entre vous puisse vivre chaque jour de cette année, non comme une reprise pesante, non sous le poids des résolutions auto-générées, non sous le signe de Sisyphe, mais bien sous le signe du Christ qui nous dit de naître de nouveau. Oui, que chacun de nous puisse vivre chaque jour comme si le soleil s'était levé pour nous. Et que nos luttes ne soient pas vaines parce que vécues dans le cyclique et l'absurde, mais vécues au contraire comme des nouvelles naissances, des luttes en corps à corps avec ce Dieu qui souhaite tous les jours donner sens à nos vies. Amen.