Accéder au contenu principal
56, avenue de la Grande-Armée, 75017 Paris

Soyez toujours joyeux ! Culte de rentrée de l'Étoile

Dimanche 28 septembre 2025 à 10h30 suivi d'un buffet déjeunatoire
Nathalie Chaumet, Louis Pernot
Église protestante unie de l'Étoile à Paris

Bienvenue au Culte de la Rentrée

Bienvenue à vous, frères et sœurs dans ce temple, qui que vous soyez, ici ou près ou au loin, que chacun se sente accueilli, reçu comme il est. Et pour rechercher cette présence de Dieu que nous voulons, qu'il lui-même nous reçoit, écouter et méditer sa parole. En plus, aujourd'hui donc, vous le savez, c'est notre culte de rentrée. Donc c'est à partir d'aujourd'hui que commenceront toutes nos activités diverses.

J'aurai aussi le plaisir avec Nathalie de partager ce culte avec Phoebe, Phoebe Woods, ici présente, qui a fait fonction de pasteur pendant un certain temps à l'église française de Londres. Phoebe fait un stage pendant cette année avec nous ici à l'Étoile et nous aurons donc le plaisir de la voir souvent. Elle va partager ce culte avec Nathalie et moi aujourd'hui et je m'en réjouis. Nous plaçons ce culte sous le signe de la bonne nouvelle qui nous rappelle que la grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre père et de Jésus-Christ notre Seigneur.

Louange et Prière pour une Joie Retrouvée

Dans le rythme trépidant de la rentrée, il est bon de prendre un temps à part pour louer le Seigneur. Merci Seigneur pour ta présence à nos côtés sur nos chemins, merci pour ta parole qui nous ouvre des portes d'espérance, merci pour ton amour qui sans cesse nous relève et nous envoie et merci de nous relier les uns avec les autres. Amen.

Nous avons voulu placer ce culte de rentrée sous le signe de la joie avec ce commandement de Paul, soyez toujours joyeux. Et nous allons bien commencer en chantant le psaume 47, les strophes 1, 2 et 3, frappez dans vos mains vous tous les humains.

Une Invitation à la Reconnaissance : Psaume 92

Écoutons maintenant ce que Dieu attend de nous. Et pour cela sur le thème de la joie, je vous invite à écouter le début du psaume 92. Voici dit le psalmiste.

Il est bon de célébrer l'Éternel et de psalmodier en l'honneur de ton nom, ô Très-Haut. Oui, il est bon d'annoncer dès le matin sa bienveillance. Il est bon d'annoncer sa fidélité pendant les nuits, sur l'instrument à 10 cordes et sur le luth au son de la harpe. Je me tourne vers toi, Éternel, tu me réjouis par tout ce que tu fais, ô Éternel, et j'acclame les œuvres de tes mains, que tes œuvres sont grandes, ô Éternel.

Avec ces paroles, ce matin, le psalmiste nous invite à la reconnaissance, il nous invite à rendre grâce pour toutes les œuvres de Dieu dans notre vie. Nous nous plaçons dans la prière, la prière de repentance.

Prière de Repentance et Annonce du Pardon

Unissons-nous dans la prière de repentance. Dans notre prière, Seigneur, nous voulons reconnaître que nous avons parfois bien du mal à voir tout ce que tu fais dans nos vies. Ta joie éclate dans la création et nous ne la voyons pas.

Ton fils vient parmi nous et nous ne savons pas toujours l'accueillir. Ton esprit souffle sur nous et nous ne l'entendons pas. Tu nous sauves et parfois, il semble que cela nous importe peu. Nous voici maintenant devant toi tel que nous sommes. Aide-nous à saisir ton pardon, à vivre de ton amour et partager cette joie les uns avec les autres. Amen.

Dans l'évangile selon Jean, Jésus nous dit: \"Je vous aime comme le Père m'aime, demeurez dans mon amour.\" Et un peu plus loin, \"Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.\" Que l'amour du Christ nous relève et nous envoie sur des chemins de paix et de joie. Et nous nous lèverons pour chanter ensemble notre reconnaissance.

Confession de Foi en la Joie du Créateur

Et nous restons debout pour confesser notre foi. Nous croyons en Dieu le Père. Nous croyons qu'il a créé le monde pour les humains. Nous croyons qu'il a créé et qu'il continue à créer dans la joie et l'émerveillement. Nous croyons en Jésus, Christ, le fils de Dieu. Nous croyons qu'il est venu chez nous et pour nous. Il a vécu comme nous, mais en allant jusqu'au bout de la vérité, de l'amour et du don.

Nous croyons en l'Esprit Saint, par qui le monde reçoit la vie, l'amour et la joie, et qui rend possible toute justice et toute espérance. Nous croyons que nous ne sommes pas des individus isolés, mais un peuple, le peuple de Dieu, son église, signe d'unité et d'amour, signe de la présence et de la tendresse de Dieu. Amen. Et cette foi, nous la chantons maintenant.

Textes Bibliques : Au Cœur de la Prédication sur la Joie

Voici en effet, l'apôtre Paul à plusieurs reprises invite à la joie ainsi qu'il le dit en Philippiens 4:4. Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissez-vous. Et ensuite, un peu plus loin, dans la première lettre aux Thessaloniciens, au chapitre 5, voici ce qu'il nous dit. Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mal, mais recherchez toujours le bien. soit entre vous, soit envers tous.

Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute circonstances, rendez grâce car telle est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. N'éteignez pas l'esprit. Examinez toute chose, retenez ce qui est bon, abstenez-vous du mal sous toutes ses formes.

Et puis nous lisons également dans l'évangile de Luc au chapitre 10, ce beau passage qui nous montre Jésus et c'est Nathalie qui nous le lit. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit et dit \"Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélé aux enfants.

Oui, Père, parce que tel a été ton bienveillant dessein. Tout m'a été remis par mon Père, et personne ne connaît qui est le fils, si ce n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le fils, et celui à qui le fils veut le révéler. Et se tournant vers les disciples, il leur dit en privé \"Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez, car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu.

Oui Père, que ta parole soit une lampe sur notre chemin. Amen.

'Soyez Toujours Joyeux' : Un Commandement Paradoxal ?

Soyez toujours joyeux, dit Paul en 1 Thessaloniciens 5:16. C'est le verset le plus court de la Bible. Deux mots, Pantoté Carété, en grec. Bon, c'est sympathique mais en fait, comment est-ce possible ? La joie est un sentiment qui ne se commande pas forcément. Parfois on peut être triste, parfois on peut pleurer, c'est comme ça, on peut pas toujours être joyeux. Et d'ailleurs, même Jésus est montré dans la Bible en pleurant à plusieurs reprises en particulier quand son ami Lazar est mort, autre verset le plus court de la Bible, mais cette fois en français, Jésus pleura.

Bizarre d'avoir les deux versets les plus courts, il y en a un où il rit, l'autre où il faut pleurer. Bon bref. Ou alors à Getsemani, quand Jésus dit \"Mon âme est triste jusqu'à la mort.\" Donc la joie c'était pas franchement le bon moment, ça, c'est curieux. Donc il y a quelque chose qui ne va pas dans ce commandement de Paul. Donc en fait, j'ai choisi moi un peu imposé à Nathalie, pardon, ce verset, je me suis dit c'est sympathique pour un culte de rentrée, soyez toujours joyeux, mais en réfléchissant, je crois qu'il y a quand même de gros problèmes.

Surtout qu'en plus, je me demande même si c'est pas dangereux. Parce que finalement, ce soyez toujours joyeux, il y a un ordre un peu culpabilisateur peut-être. Parce que si moi je suis triste, non seulement je suis triste, et en plus, je vais me sentir coupable, je vais me sentir coupable de ne pas être joyeux. C'est-à-dire alors non seulement je suis triste, en plus je suis coupable, donc ça me fait double peine.

Donc finalement, je crois qu'il y a une un danger de tyrannie du bonheur, d'obligation à être heureux qui me convient pas. Donc je pense que Paul a tort. Voilà, il se trompe.

La Joie de Paul : Un Témoignage au Cœur de l'Épreuve

Voilà, alors je suis tout à fait d'accord avec cette dernière partie. Moi aussi j'étais pleine d'élan pour dire on va prêcher sur la joie, un culte de rentrée, soyez toujours joyeux, et cetera. Mais voilà, les circonstances de la vie font que parfois c'est quand même bien difficile et la joie nous échappe justement. Et parfois, on est triste, véritablement triste, parfois, on traverse des épreuves et ça serait vraiment comme je sais pas, nier la réalité de ces épreuves que d'être toujours dans la joie.

Alors il y a quand même un petit passage dans l'épître aux Romains où Paul module un petit peu cet enthousiasme, il dit \"Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, et puis il dit \"Pleurez avec ceux qui pleurent.\" Donc il reconnaît quand même l'importance de la tristesse et de pouvoir se situer avec ceux et celles qui se trouvent dans la peine et de ne pas afficher comme ça une joie éclatante qui serait quand même nier la réalité de ce que l'on peut parfois être traversé et puis qui serait aussi un peu comme une forme d'indifférence à ce que les uns ou les autres traversent.

Mais c'est quand même un peu étonnant ce qu'écrit Paul, d'autant qu'il le dit dans l'épître aux Thessaloniciens et puis il le dit dans l'épître aux Philippiens, vous l'avez entendu. Et dans l'épître aux Philippiens, il enfonce le clou. Il dit \"Soyez toujours joyeux, je le répète, soyez toujours joyeux.\" Alors j'ai regardé un petit peu pourquoi est-ce que Paul pouvait dire ça et je suis pas sûre d'avoir trouvé en tout cas, pas dans un premier temps parce que si on regarde la vie de Paul, Paul, c'était pas un naïf et c'était pas non plus un utopiste, c'était pas un rêveur, voilà qui prenait la joie pour prenait la joie.

Paul a eu une vie très difficile, notamment lorsqu'il annonçait l'évangile, parfois il a dû fuir certaines cités précipitamment. à Philippe notamment à qui il écrit après, et bien il a été battu à coups de fouet publiquement, il a été jeté en prison, il a échappé plusieurs fois à la mort, à Jérusalem, il a été traîné et frappé par la foule, il a dû son salut qu'à l'intervention des autorités. Il a parfois connu le manque d'argent. Donc Paul sait la dureté et la violence du monde.

Et d'ailleurs, quand il écrit aux Philippiens, quand il leur dit \"Soyez toujours joyeux en Christ, voilà en toutes circonstances, eh bien il est en prison. Donc c'est quand même paradoxal, on lit dans le premier chapitre de l'épître aux Philippiens, il raconte qu'il est en prison, c'est pas très bien où, peut-être à Césaré, peut-être à Rome, on n'est pas très sûr. Et puis il termine bon ben Philippiens, soyez toujours joyeux, je le répète, soyez toujours joyeux.

Donc c'est que c'est quelque chose d'une joie qui va au-delà, hein, au-delà, je ne sais pas très bien, mais c'est certainement pas juste une joie affichée, une joie proclamée ou cette tyrannie du bonheur dans laquelle il ne faudrait pas entrer.

Le Rire et la Joie dans la Bible : Plus qu'une Simple Émotion

Oui, sûrement quelque chose de plus profond que le simple fait de rire. D'ailleurs, ça a été, vous savez, un grand débat au Moyen-Âge, de savoir si Jésus avait ri. Parce qu'on le montre en train de pleurer, on le sait, mais est-ce que Jésus a ri ? Alors, ça me rappelle ce dialogue assez savoureux qu'il y avait dans ce livre ou film, vous savez, le nom de la rose, il y a deux moines qui discutent, un qui était plutôt pour la joie et l'autre pour l'austérité. Et il y en a un qui dit \"Notre Seigneur Christ n'a jamais ri.\" Alors l'autre dit \"En sommes-nous si sûr ?\" Alors, il dit \"Rien dans les écritures n'établit que le Seigneur est ri.\" C'est vrai.

Et l'autre dit \"Oui, mais rien dans les écritures n'établit que notre Seigneur n'est pas ri.\" Alors le moine austère dit \"Le rire est un souffle diabolique qui déforme les les linéaments du visage et fait ressembler l'homme à un singe.\" L'autre répond \"Mais le singe ne rit pas. Le rire est le propre de l'homme.\" Et le péché aussi.

Alors bref, mais je peux vous dire pourquoi Jésus n'est jamais montré en train de rire dans la Bible. Ça m'a, du coup, ça m'a travaillé, ça. Pourquoi est-ce que on ne dit jamais que Jésus rit ? Tout simplement parce que je crois que dans la Bible, le rire a plutôt mauvaise presse parce que en général c'est le rire, c'est un rire de moquerie, si vous voulez. On rit, on ricane, voilà. Psaume 37, on dit \"L'Éternel se rit du méchant.\" Il y a aussi Sarah qui rit quand Dieu lui dit \"Tu vas être enceinte.\" Elle fait \"!\" Donc, elle y croit pas. Et donc le rire, c'est c'est pas bien, finalement, c'est c'est c'est de la moquerie et Jésus certainement ne se moquait pas.

Mais cela dit, Jésus n'était pas du tout un triste sire, il est montré plusieurs fois en train d'avoir une grande joie ou d'exulter de joie comme Nathalie l'a lu tout à l'heure en Luc 10 21 et même dans la vie, Jésus était un bon vivant. D'ailleurs, il dit aux pharisiens, franchement, il leur dit en gros, enfin je traduis en français. Franchement, vous êtes pénible. Parce que Jean-Baptiste, il est venu super austère, il mangeait rien, il bouffait rien et cetera, vous dites euh, il est dingue. Il a un démon. Et le fils de l'homme, donc lui-même, est venu mangeant et buvant et vous dites c'est un ivrogne et un glouton. Bon, donc Jésus était a priori pas dans le genre austère. Bon, il y avait quand même de la joie.

Quand la Grâce Devient Joie : Une Démarche de l'Esprit

Bien sûr, il y a de la joie. et c'est vrai que le rire, parfois, c'est le rire du ricanement dans la Bible. Mais tu disais voilà, Sarah qui rit, qui ne croit pas à la promesse, n'empêche qu'elle va nommer Isaac du nom du rire justement, parce qu'Isaac ça veut dire je crois, il rira ou il rit, celui qui rit. Voilà donc elle est entrée dans cette promesse de joie finalement, Sarah.

Et dans la Bible, je crois que la Bible nous parle à beaucoup d'endroits au contraire de la joie. Alors bien sûr, il y a la Bible évoque la joie des plaisirs, mais ça n'est pas cette joie-là qui est la plus importante. Je crois que la joie la plus importante dans la Bible, c'est celle qui naît du sentiment de la proximité de Dieu à nos côtés. Par exemple, je pense à David. David qui danse de joie devant l'arche lorsqu'elle rentre à Jérusalem. Donc il a un sentiment en dansant devant cette arche de très très grande proximité, d'être dans une forme de communion avec Dieu.

Je pense aussi au psaume 133 qui dit \"Ah qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble dans l'unité, la joie, la prière.\" Donc dans cette forme de communion des humains, les uns avec les autres dans la foi, et bien il y a une joie très profonde qui naît. Et même si vous relisez vos psaumes, vous verrez que même toute la création est appelée à se réjouir. Alors je sais pas si la création se réjouit réellement, mais donc il y a un appel à l'allégresse par exemple. Au psaume 96, on peut lire que les cieux se réjouissent, que la terre soit dans l'allégresse, que la campagne exulte parce que Dieu s'avance. Donc dans la Bible, chaque fois que Dieu s'avance, chaque fois qu'on a le sentiment de la proximité de Dieu, et bien surgit cette forme d'allégresse, surgit cette forme de joie qui est infiniment précieuse.

Et je crois que c'est un peu par exemple, la joie dans laquelle entrent les bergers au moment de Noël, alors leur quotidien n'est pas transformé, ça reste un quotidien de berger, bien difficile. Et pourtant, dans cet enfant qui naît, et bien ils entrent dans la louange, peut-être parce qu'ils ont senti et bien la grâce de Dieu à leurs côtés. Alors, moi, j'ai un petit peu cette idée que la joie, quand Paul dit \"Soyez toujours joyeux, ça n'est pas qu'il nie les circonstances de la vie qui peuvent être parfois tragiques, mais c'est que il appuie, il accentue cette dimension de finalement la joie qui naît de la foi, ou la joie qui naît de la grâce de Dieu.

La grâce, en grec, c'est caris, et la joie, en grec, c'est cara. Donc il y a juste une petite lettre à la fin, deux petites lettres à la fin qui qui changent, mais comme si de la grâce pouvait naître la joie. Ça me fait penser à l'expérience de Pascal. Vous connaissez bien Pascal, qui fait l'expérience de Dieu une nuit et qui va donc écrire tout un texte après cette expérience, et dans ce texte qu'on va appeler son mémorial, il va écrire joie, joie, joie, pleure de joie. Et ça va être une expérience tellement importante qu'il va coudre ce mémorial dans son manteau pour se souvenir en tout temps de en toutes circonstances de cette joie qu'il a éprouvé. Alors la vie de Pascal, elle va être bien difficile ensuite. Il fait pas fi des difficultés, mais il rentre, il tente de garder comme une deuxième peau cette espèce de joie intérieure sur les malgrés de la vie.

Merci et c'est vrai que ces deux idées que tu viens de dire là à la fois la joie qui peut être mêlée à de la difficulté hein. donc tout n'est pas forcément toujours drôle et en même temps la joie qui vient de la grâce, ça me fait penser à ce que nous pratiquons ici souvent qui est ce qu'on appelle les services d'action de grâce. vous savez quand on enterre quelqu'un, on dit que c'est un service d'action de grâce. c'est-à-dire on se réunit pour remercier. Donc c'est quand même bizarre. On se réunit pour remercier et en même temps on pleure. Donc on pleure quelqu'un et puis en même temps on dit merci et on se réjouit.

Donc il y a quelque chose de très paradoxal là-dedans. Mais je dirais que effectivement, je pense que la la joie dont parle Paul, c'est pas forcément un sentiment, c'est une démarche, une démarche positive d'essayer de se tourner vers le positif, de se tourner vers ce que l'on a reçu, de se tourner vers la grâce. Et l'idée de l'action de grâce, je trouve ça merveilleux. De se dire je suis joyeux parce que il y a plein de belles choses merveilleuses qui m'ont été données. et donc je veux me réjouir de ce qui m'a été offert. Et si on regarde dans sa vie, il y a tellement de grâces dans notre vie. Et même dans ceux qui nous ont précédés ou que nous avons aimés, tellement de grâce.

Et c'est une volonté de démarche de dire même si je pleure d'un œil, je veux de l'autre me réjouir et dire mais merci, merci la vie, merci pour ce que j'ai reçu, merci pour ce que j'ai partagé, merci pour pour tant de belles choses dans ma vie. et ça c'est ça peut générer un sentiment mais c'est une véritable démarche positive qui est une démarche de vie qui me semble absolument essentielle. Et je crois que voilà, ça c'est la plus grande des grâces, c'est que nous sommes aimés par Dieu et que finalement il y a voilà. donc je m'en réjouis et Paul dit n'oubliez pas ça parce que si vous oubliez ça, vous vous êtes aspiré dans le noir.

Notre Responsabilité Collective face à la Joie

Oui, je crois que c'est un peu ce que Paul veut dire mais alors je suis entièrement d'accord avec l'idée que voilà, la joie, ça peut être aussi une démarche positive, voilà, qu'il faut rendre grâce, mais je crois aussi qu'il y a des circonstances où on ne peut plus rendre grâce. Je crois qu'il y a des circonstances qui sont quand même terribles dans la vie, où on arrive plus à entrer dans cette démarche un peu positive, de reconnaissance, de regarder tout ce qui nous est donné dans notre existence.

Donc je suis peut-être un petit peu plus pessimiste que toi, je sais pas si on peut dire ça. En tout cas, je me dis que ou peut-être très protestante sur ce sujet, parce que je crois Alors, ça c'est ma conviction personnelle, je crois, je crois qu'on a aussi une responsabilité vis-à-vis de la joie et que cette responsabilité, c'est de ne pas éteindre tout ce qui peut être source de joie dans nos vies. Alors, je pense à à certaines situations tragiques dans le monde que nous connaissons autour de nous, dont nous entendons tant d'écho. Je crois que par exemple, on ne peut pas entrer dans la joie quand on est sous les bombes. Je crois qu'on ne peut pas entrer dans la joie lorsque on nous interdit, enfin, je pense aux femmes en Afghanistan, tout expression de soi.

Je crois qu'on ne peut pas entrer dans la joie quand on a faim. Et d'ailleurs, vous savez que c'est pour ça que l'armée du salut a choisi le slogan soupe, savon, salut pour pouvoir découvrir la grâce et la joie du salut et bien il faut être suffisamment bien, suffisamment en bon état de soi-même, suffisamment soigné. Et du coup, je pense que c'est une responsabilité collective aussi, enfin personnelle et collective, de ne pas éteindre la joie, de veiller dans nos relations les uns avec les autres, à ce que la joie puisse surgir, de créer un monde Alors il sera jamais parfait, mais suffisamment bon pour qu'on puisse accéder à la découverte de cette joie spirituelle.

Les Clés de la Joie Spirituelle : Prière, Espérance et Service

Simplement je pense que ce soyez toujours joyeux, c'est même plus qu'un je veux dire, on pourrait pratiquement croire que Paul nous donne là un petit conseil de vie psychologique, de développement personnel, voyez le côté positif des choses et c'est vrai que les gens positifs c'est agréable, ça fait du bien et ça fait du bien à tout le monde, c'est formidable mais je pense que c'est plus que ça.

Et en particulier, quand je vous ai dit que soyez toujours joyeux, c'était le verset le plus court en grec du Nouveau Testament. Et il y en a un autre. Celui qui est juste après, je vous l'ai lu tout à l'heure, en 1 Thessaloniciens, Paul dit \"Soyez toujours joyeux, et après il dit \"Priez sans cesse.\" Voilà. En fait, c'est ça les deux versets. Et pourquoi Paul met-il ensemble le fait d'être toujours joyeux et de prier. Ça veut dire que la joie dont il parle, c'est pas juste une démarche psychologique de méthode en disant je vais bien, tout va bien, je suis heureux. C'est c'est une démarche spirituelle extrêmement profonde. Et d'ailleurs, la réforme est entièrement fondée là-dessus. Elle a dit la première chose, c'est que vous êtes sous la grâce, vous êtes aimé, vous êtes sauvés, vous êtes pardonnés. Réjouissez-vous de ça et que votre vie soit un champ de grâce, de reconnaissance dans le monde.

Et ensuite la prière c'est la relation à Dieu. Donc oui, il y a évidemment dans cette joie à laquelle nous invite Paul, pas juste un sentiment par rapport à la vie ou au monde ou aux événements, mais une démarche spirituelle d'aller rechercher quelque chose d'autre qui nous dépasse et qui est de l'ordre de la la présence de Dieu, du Saint-Esprit ou autre. En tout cas, c'est une joie qui a un rapport avec la prière qu'il faut élucider.

Je pense que c'est très juste parce que c'est dans la prière véritablement qu'on découvre, je sais pas si on peut dire ça, mais le cœur à cœur avec Dieu et sa grande proximité, le fait qu'il est là en tout temps, de toute manière et que sa présence est une grâce sur nos vies. Mais il faudrait quand même dire, c'est vrai que la réforme insiste sur la reconnaissance, sur l'action de grâce, mais elle n'y pas la souffrance pour autant. Alors vous savez que dans nos églises, on a choisi de ne pas avoir de crucifi, mais d'avoir des croix nues pour dire plutôt l'espérance de la résurrection que la souffrance du vendredi saint. Donc il y a un appel à se réjouir par-delà la souffrance, à entrer dans cette grâce, dans cette bénédiction.

Pour autant, les réformateurs n'oubliez pas la souffrance et Luther lorsqu'il perd sa fille Madeleine en 1542, il dit mon état est un état de mort, je ne suis que sanglo et gémissement. Il dit en même temps je sais que je devrais être dans la joie de la résurrection parce que je sais que Madeleine est dans les mains du père et pourtant il connaît ce temps de ce temps de tristesse. Et lui, le chemin qu'il propose, effectivement, c'est à nouveau un chemin de prière, comme tu le disais, de se trouver voilà dans cette toute grande proximité de Dieu qui nous permet de retrouver peut-être le fil de la joie.

On peut citer peut-être un exemple. Euh moi je pensais à Eti Isum que vous connaissez peut-être, vous connaissez peut-être l'histoire qui est une jeune femme d'origine juive dans les Pays-Bas, qui habitait aux Pays-Bas et qui a travaillé, enfin d'abord qui a fait une démarche, tout un chemin spirituel puisqu'elle a été particulièrement touchée par la lecture des évangiles. Et puis elle a choisi de s'engager dans les camps de transit aux Pays-Bas et elle finira elle-même par être déportée en 1943 et puis elle malheureusement, elle mourra à Auschwitz. Mais dans toute cette démarche, alors que les circonstances étaient particulièrement difficiles dans ce camp de déportation, dans ce camp de transit, elle cherchait par la prière à garder une étincelle de joie au fond d'elle-même, que cette joie ne soit pas éteinte, à regarder la nature, à regarder tout ce qu'il restait de beau en dépit de.

Voilà, bon alors c'est un exemple un peu triste, voilà. et puis on n'est pas des Étils sommes, nos vies sont bien plus prosaïques, mais c'est vrai que on peut chercher à ne pas éteindre la joie, à ne pas être des rabat-joie dans nos existences. Et même je pense à ce temps voilà, tout bête, on a parlé de circonstances un peu dramatiques mais même quand on va à l'école dans ce temps de rentrée des classes et cetera, et bien voilà, préserver la joie dans la famille, ne pas être seulement sous le coup des notes, des exigences et cetera, mais préserver la joie, je crois que c'est c'est essentiel finalement.

Oui, en effet, cette cette joie spirituelle qui est d'une autre d'une autre dimension, d'ailleurs on la on le voit si on regarde de plus près ces ces différents versets qui parlent de joie. Paul en Philippiens 4 4, il dit \"Réjouissez-vous dans le Seigneur.\" Donc peut-être que ici sur terre, je suis un peu dans la mousse mais dans le Seigneur, voilà, je peux me réjouir. Et quand Jésus se réjouit en dans Luc là, on dit Jésus exulta de joie par le Saint-Esprit. Et donc chaque fois, il y a cette dimension spirituelle. Et quand on dit la prière, bah c'est la quête justement de cette dimension. Et donc est-ce qu'on peut toujours trouver la joie dans la présence de Dieu ? Oui, parce que la présence de Dieu, elle vous est toujours offerte et elle est toujours là.

Et si on parle de la prière, il y a cette dimension spirituelle évidemment qui est une ressource importante. Et si vous savez prier, vous pouvez effectivement trouver toujours dans la présence de Dieu, dans l'intimité de la relation avec Dieu, et bien, et cette dimension de d'une présence, d'un amour, de quelqu'un qui nous qui nous accompagne, qui nous aime, qui nous console, qui compatit aussi avec nous. Et donc je crois qu'il y a dans la prière une une vraie ressource extraordinaire de de force, de joie et de et d'autres choses. Et puis, non seulement il y a cette Dieu qui m'accompagne dans la prière, mais encore Paul encore en Romains 12, il dit \"Réjouissez-vous en espérance.\" Alors ça c'est intéressant puisque là encore, l'espérance c'est une dimension autre et Paul dans la même lettre aux Romains, il dit mais l'espérance c'est ce qu'on n'a pas. C'est-à-dire ce que l'on a déjà, peut-on l'espérer encore. Donc l'espérance, c'est ce qui n'est pas encore là.

Et réjouissez-vous en espérance, c'est-à-dire qu'il y a aussi là une joie à laquelle je vous invite, qui est une sorte de confiance dans l'avenir et de se dire je crois, oui, je veux me réjouir parce que je crois que en fait, dans l'avenir, il y a plein de belles choses qui pourront être vécues. Et même si ma situation semble angoissante ou compliquée, et bien je me réjouis en espérance que il y aura encore plein de choses qui pourront être merveilleuses dans ma vie. Ne serait-ce que pour une seule chose, c'est que si on dit que c'est dans cette dimension spirituelle qu'on trouve la joie, c'est dans la présence de Dieu, mais le commandement de Jésus, c'est pas juste d'aimer Dieu, c'est aussi d'aimer son prochain.

Et là, je le dis souvent mais j'y tiens beaucoup, je pense qu'effectivement, il y a aussi une source de joie infinie de se dire où que je sois, quoi qu'il arrive, quelles que soient l'évolution du monde, de la politique ou quoi, il y aura toujours à côté de moi quelqu'un que je pourrais aimer ou que je pourrais servir et à qui je pourrais donner quelque chose. Et même la personne la plus âgée, la plus malade au fond de son lit, si elle n'a plus de contact avec une infirmière qui vient la voir le matin, et bien si cette personne très âgée, elle donne le sourire à son infirmière, elle a fait une chose merveilleuse. Donc jusqu'à votre dernier souffle, il y aura toujours quelqu'un à aimer, toujours quelqu'un que vous pourrez aider ou à quelqu'un vous pourrez apporter quelque chose. Donc voilà cette joie, c'est la joie dans l'amour tout simplement, dans le don et dans le fait de servir.

Et là on le trouve aussi, tu l'as cité tout à l'heure, Jésus au moment quand il dit je vous ai donné je vous ai dit ceci afin que ma joie soit en vous, dit-il à ses disciples et que votre joie soit parfaite ou complète. Il dit ça quand ? Juste après le lavement des pieds. Donc il lave les pieds des disciples, il dit \"Je vous invite à faire la même chose parce que le plus grand parmi vous sera votre serviteur et soyez serviteurs. Et si vous savez cela, vous êtes heureux.\" Donc voilà, cette joie spirituelle dans le Seigneur à la fois dans la relation à Dieu, dans la confiance que jamais Dieu ne nous laissera, que aujourd'hui il m'aide, qu'il ne m'a jamais abandonné, qu'il m'a déjà sauvé. Aujourd'hui il m'aide et dans l'avenir, jamais Dieu ne m'abandonnera. Donc j'ai confiance et je m'en réjouis. Et aussi dans ce Dieu que j'aime et aussi dans le prochain qui est qui donne tout le sens de ma vie et si je vis ces deux amours de Dieu et du prochain, j'ai une une martingale absolue du bonheur jusqu'à la fin de mes jours.

Conclusion : Accueillir une Joie qui nous Dépasse

Il me revient le mot de la fin. Alors, je commencerai par résumer quelques points que nous avons entendu ce matin à travers les textes bibliques et les commentaires et prédications de Nathalie et de Louis. Et bien que la joie n'est certainement pas un petit sujet ni dans la Bible, ni dans nos compréhensions et nos expériences de la foi, ni dans nos vies. Mais aussi que la joie est une émotion qui ne va certainement pas de soi. une émotion qui peut en susciter d'autres, parfois beaucoup moins heureux, la culpabilité par exemple, une émotion qui ne s'exprime pas uniquement par le sourire ou le rire, mais parfois aussi par les larmes.

Et puis c'est un sentiment qui nous échappe, qui peut subvenir quand on s'y attend pas du tout, qui peut nous surprendre malgré des situations bien difficiles qui se présentent à nous. Et puis très honnêtement pour beaucoup d'entre nous la joie semble bien difficile à vraiment obtenir ou empocher. C'est un sentiment qui semble nous échapper mais spirituellement ou théologiquement nous préférerons peut-être dire que la joie est un sentiment qui nous dépasse et qui nous vient d'ailleurs. Que dans sa dimension spirituelle, la joie est de l'ordre de celui qui nous dépasse mais qui nous invite à entrer dans sa joie.

Nous avons entendu la semaine dernière la parabole des talents et le maître qui dit \" au bon serviteur fidèle, tu as été fidèle, entre dans la joie de ton maître.\" Et donc il nous demande de lui faire confiance pour y trouver une source de joie intérieure inépuisable et ça passe par un cheminement de confiance, de gratitude et de service. Et pour conclure sur la joie ou sur le bonheur, il est difficile de ne pas citer un texte biblique connu, un enseignement de Jésus qui parle avec beaucoup de force du bonheur, les béatitudes.

Rappelez-vous de ce tout premier discours de Jésus dans l'Évangile selon Matthieu, dès le chapitre 5, dans son sermon sur la montagne, Jésus qui nous dit \"Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les humbles, heureux ceux qui ont faim et soif de justice, heureux les miséricordieux, heureux ceux qui ont le cœur pur, heureux ceux qui procurent la paix, heureux ceux qui sont persécutés.\"

Voilà comme tout l'évangile qui nous est présenté comme un chemin de bonheur. Soyez huit fois heureux et même dans des situations pas évidentes, voire carrément négatives. Et c'est en cela que les béatitudes nous disent bien justement que ce ne sont pas les critères objectifs, mesurables et matériaux qui feront notre bonheur, mais au contraire, un critère bien subjectif. une attitude de l'âme ou encore un état d'esprit.

Et finalement, que ce soit sur le plan du développement psychologique ou personnel ou sur le plan du développement spirituel et théologique, dans les deux cas, c'est notre état d'esprit qui est aussi la clé du bonheur. Un état d'esprit positif sur la vie et qui permet une ouverture à l'autre et au tout autre que nous. Des qualités de cœur qui nous mènent au désir de ce qui est en dehors de nous. Ce n'est pas un effacement de soi, mais c'est certainement un déplacement qui nous excentre, qui nous fait sortir de nous-mêmes. Et c'est dans cette attitude de cœur, dans cette posture d'ouverture à l'autre et à la vie, que nous sommes finalement dans la position la plus opportune de nous laisser surprendre par une joie qui vient du dehors et qui peut alors faire irruption dans nos vies.

Lorsque Jésus prononce ces béatitudes, il ne vient pas imposer le bonheur à tout prix. C'est pas la tyrannie du bonheur. Mais il nous dit autre chose. Il nous déplace. Il nous désigne le sens de la vie d'une joie qui advient par un état d'esprit. Celui de l'accueil de la présence de l'autre dans nos vies qui vient d'en dehors de nous pour nous aider à nous relever et nous remettre en route. Et toujours discerner un au-delà, malgré les malheurs qui peuvent arriver. Amen.

Prière d'Intercession et Bénédiction

Et nous nous unissons à présent dans la prière d'intercession. Prions. Père, c'est ta présence que nous te demandons, non seulement pour cet instant de prière, mais pour toute notre vie. Nous avons besoin de sentir que tu es là, que tu nous accompagnes, que nous ne sommes pas seuls. Donne-nous de porter dans nos cœurs ta lumière et ta chaleur. Empli-nous de foi, d'espérance et d'amour pour que nous marchions joyeusement sur nos chemins. Fais renaître en nous le désir de te servir et donne-nous les forces pour notre tâche quotidienne. Dans les difficultés et dans les épreuves de la vie, apporte-nous ton réconfort.

Et ce n'est pas seulement pour nous-mêmes que nous te prions, mais pour ce monde empreint de violence où si souvent la peur éteint toute joie. Oui, Seigneur, nous te le demandons, que souffle ton esprit, qu'il suscite des hommes et des femmes de paix et de bénédiction pour que les mots de promesse et d'espérance et de joie ne soient pas vains.

Et ensemble, à présent, nous te disons notre père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous débordiez d'espérance par la puissance du Saint-Esprit. Amen.

À découvrir également
Dernières séries