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La résurrection de Lazare (Jean 11)

 

L'histoire est digne des « Contes et légendes »... mais que signifie-t-elle ? Que Jésus peut faire revivre des morts comme il l'a fait pour Lazare ?

Je crois que c'est une fausse piste, parce qu'un texte n'a d'intérêt que par rapport à ce qu'on peut en faire aujourd'hui. Peu importe donc que Lazare ait ou non été réanimé de sa mort physique, la question c'est : qu'est-ce qu'on peut attendre du Christ pour nous aujourd'hui? Quelle espérance ? Quelle action de Dieu dans notre existence ? Or je n'attends pas que Dieu ramène à la vie physiquement ceux qui sont morts biologiquement. Que peut m'apprendre alors ce texte trop merveilleux ?

Je crois que la clé se trouve dans l'affirmation de Jésus concernant la Résurrection : Marthe dit qu'elle y croit, mais comme quelque chose concernant la fin des temps. Jésus dit non, c'est pour aujourd'hui et maintenant : (v25) «Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais»

Là est le message essentiel: la résurrection, ce que Dieu peut nous faire, il ne faut pas l'attendre pour l'audelà, mais c'est pour tout de suite, maintenant, sans attendre. Dieu peut nous « ressusciter », nous remettre debout et en marche, nous redonner confiance, nous libérer de tous les liens destructeurs qui nous enserrent.

Cela est clair, mais quel est le lien alors avec la réanimation de Lazare ? Apparemment aucun, parce qu'il s'agit d'une « réanimation », et non pas d'une « résurrection ». Lazare revient à la vie physique, mais il mourra quand même un peu plus tard, on ne peut dire de lui qu'il ne mourra jamais... Il semble donc que la lecture littérale de la réanimation de Lazare ne colle pas avec le texte, il n'illustre en tout cas pas les propos du Christ. Il y a une incohérence... ou alors il faut lire autrement.

Le seul moyen de trouver un lien entre l'événement rapporté et l'affirmation du Christ sur la résurrection, c'est l'analogie. Il faut voir l'histoire comme un signe, un exemple symbolique, une parabole nous montrant comment ça se passe, une résurrection dans notre vie, et quels sont les rôles de chacun : de Dieu, du Christ, de l'intéressé, et des autres, de l'entourage.

Le mot « mort », en particulier, n'est pas utilisé dans la Bible seulement dans le sens d'une mort purement physiologique (Luc 15 :32, Eph 2), et le mot traduit par « résurrection», en grec signifie juste la « relevée ». Dieu peut nous relever, nous redonner la vie, nous remettre debout, nous remettre en marche.

Et là est le miracle et la puissance extraordinaire de Dieu, puissance qui nous est transmise par le Christ: Dieu peut nous libérer de tous les enfermements mortifères possibles, même si ça fait longtemps que notre vie semble fichue, même si tout le monde nous dit mort, même si plus personne n'a d'espoir, le Christ peut nous remettre debout, en route, contre toute attente, contre toute logique et tout pronostic.

Comme c'est le cas pour Lazare, les autres ont vite fait de nous enterrer, de nous déclarer fichus, plus bons à rien, de nous enfermer dans des catégories, des jugements, des condamnations, ils déclarent que nous sentons mauvais et qu'il n'y a aucun espoir. Et pour que le compte soit total, ils nous ajoutent des bandelettes et cachent notre visage avec des linges, pour dire que nous ne sommes plus rien... Prisonniers de la mort, prisonniers des autres, prisonniers de notre imperfection, de notre péché, de nos échecs, de notre tristesse, de nos deuils, impression qu'on ne pourra jamais s'en relever.

Et bien le Christ, lui peut nous relever, il peut nous libérer, il peut nous réapprendre à vivre, nous redonner la vie.

Certes, ce n'est pas si facile, et pour Lazare, le processus est assez complexe, assez lent. Il sort de son tombeau, mais il ne sent quand même pas bon, il a encore ses bandelettes, il va falloir un peu de temps pour que ce soit parfait, mais il est libre, il est vivant.

Et puis nous sommes là au-delà d'une simple petite leçon de morale pour dire qu'il faut garder confiance, et qu'avec un peu de courage ça peut aller mieux. L'auteur de la résurrection, ici, c'est vraiment Dieu par le Christ. Ce n'est pas Lazare qui arrive à s'en sortir plus ou moins tout seul avec force de volonté.

Quant au processus complexe, il est merveil-leusement bien décrit dans le texte.

En fait il n'y a pas que Dieu qui soit acteur, il y a aussi le Christ, et Lazare aussi, d'une certaine manière, et puis les proches. Chacun a un rôle.

Jésus est celui qui fait connaître cette puissance et permet d'en bénéficier. Il proclame, et il appelle. Il appelle les autres à agir, et aussi Lazare à sortir. Mais Jésus ne va pas chercher Lazare. Dieu fait ainsi le premier pas, mais ensuite, c'est au fidèle d'entendre la voix et de sortir.

Les proches, eux, doivent enlever la pierre du tombeau, enlever les bandelettes... ils ont un rôle essentiel pour leur ami. On ne peut pas s'en sortir tout seul, même avec l'aide de Dieu, il nous faut des frères et des soeurs autour de nous. Ce rôle humain, c'est d'accompagner, de libérer autant que possible, de transmettre la parole. Et ce rôle des proches, il est essentiel pendant tout le processus, processus miraculeux qui s'opère quand chacun est à l'écoute du Christ.

Louis Pernot

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