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La colère cachée de Jésus

 

Dans le récit de la guérison du lépreux tout au début de l’Evangile de Marc (1:39-45) se trouve une mention tellement choquante que, depuis 2000 ans, les copistes font tout pour la cacher.

On nous dit en effet : « Jésus, pris de compassion, toucha le lépreux et le guérit» alors que les manuscrits les plus anciens disent : « Jésus, en colère, toucha le lépreux...». Mais un Jésus en colère, est-ce bien correct ?

Justement l’Evangile, ce n’est pas du « religieusement correct ». L’Evangile ce n’est pas la Légende dorée, avec des personnages, parfaits, purs, généreux, ne se mettant jamais en colère, toujours disponibles, pleins de foi, de douceur et d’amour.

Et pourquoi Jésus serait-il lui-même cet espèce de personnage qu’on a voulu faire de lui, doux, falot, genre de hippie « Peace and love » planant hors du monde et des sentiments du monde dans un sorte de trip spirituel.

On a voulu nous cacher le Jésus réel, le Jésus humain, le Jésus qui vit comme nous, le Jésus qui a des sentiments, des désirs, des craintes, des joies et de peines, des colères et des faiblesses. Pourtant tout cela n’empêche absolument pas qu’il soit divin, au contraire, ça donne du sens à sa divinité, et nous dit que l’incarnation n’est pas une simagrée, que le divin ne s’oppose pas à l’humain, il le complète et le transcende.

Maintenant, pourquoi Jésus aurait-il été en colère contre le lépreux ? Il y aurait eu un peu de quoi en fait parce qu’il lui force la main. En effet, la lèpre était très contagieuse, un lépreux devait rester à distance de tout le monde. En s’approchant de Jésus, il le contamine, il le rend impur selon la loi, et Jésus n’a plus que deux possibilités : soit être condamné à vivre avec le lépreux la même vie que les lépreux, soit à le guérir.
Et puis guérir un lépreux était très compromettant, c’était, avec le fait de ressusciter un mort, considéré comme un signe messianique. Faire cette guérison, c’était pour Jésus un sorte de « coming out» et dire publiquement qu’il était le Messie, chose qu’il n’était apparemment pas prêt à faire tout de suite.

Par ailleurs, les religieux de l’époque pensaient que la lèpre était une juste punition divine, conséquence d’un péché, d’une impureté religieuse. Accepter de guérir un lépreux sans autre forme de procès, c’était aller un peu vite en besogne, bradant un pardon de Dieu qui n’appartient pas à tout le monde.

Ainsi Jésus savait qu’en acceptant de faire ce geste que le lépreux lui arrachait d’une certaine manière, il se condamnait à être vu comme le Messie, et à se mettre à dos toutes les autorités religieuses de son pays.

Admettons que cela l’ait mis un peu en colère, c’est possible, mais ce qui est remarquable, c’est qu’il l’a guérit quand même. Certes cela a eu pour lui un coût important, et sa réaction montre qu’il en avait tout à fait conscience, mais il agira quand même. Ainsi le chrétien quand il donne, quand il sert, il ne le fait pas avec indifférence, il sait que cela coûte, peut-être doit-il se forcer un peu, mais il le fait et c’est cela l’essentiel.

Mais il y a une autre solution, pour ceux qui préfèrent ne pas attribuer à Jésus de sentiments trop humains ou pas tout à fait positifs, c’est de penser que cette colère n’était pas dirigée vers le lépreux, mais contre la situation elle-même. Jésus a peut-être été pris d’un immense sentiment de révolte en voyant cet homme souffrant d’une telle maladie, et en plus être rejeté par les autres, par la société et par la religion qui le tenait à l’écart. Non seulement il était malade, mais il était condamné à vivre dans la plus extrême pauvreté, comme une bête, loin des villes et de tous. Et en plus il n’avait pas le droit de pratiquer sa religion ni d’aller au temple, ceux qui auraient dû l’aider, le soutenir le rejetant et le culpabilisant.

C’est en voyant cela que Jésus a pu être en colère, et qu’il a pris le risque de faire un acte de guérison particulièrement compromettant, et qu’il envoie ensuite le lépreux vers les prêtres pour leur servir de leçon.

On parle en effet beaucoup de « tolérance », c’est bien la tolérance, si c’est le fait d’accepter qu’il y ait des protestants et des catholiques... Mais la tolérance en soi n’est pas toujours une vertu, il y a de l’intolérable, il y a des révoltes qu’il faut avoir, des combats qu’il faut mener, des « saintes colères » qui sont créatrices. Certes il faut savoir contre quoi on se met en colère, ne pas se tromper d’objet, mais dans tous les cas, il faut une dynamique.

Louis Pernot


Il n'y a qu'une vertu en ce monde : LA CHARITE !
Et la charité, c'est quoi ? De la colère !
Uniquement de la colère,
Car la charité consiste à s'indigner.
La charité, c'est pas de chialer sur la misère du monde,
mais de la combattre !
La charité n'est pas humble, elle est belliqueuse !
La charité, c'est de l'amour !
Et en amour, faut pas s'aplatir, car çà, c'est inopérant
et négatif !
La carpette ? Jamais ! Dieu a horreur des serpillières !


San Antonio

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