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Du buisson ardent à la découverte de la Parole : le chemin de la promesse.

Dès le début de cette épopée qui va mener le peuple hébreu dans le désert pendant quarante années qui va les libérer de la servitude passée, tous les ingrédients sont là pour nous captiver : un apatride, un phénomène extraordinaire, et une phrase énigmatique. Tout commence lorsque Moïse, cet homme déraciné, découvre un buisson en feu qui ne se consume pas. Cela a de quoi surprendre, et Moïse s’étonne devant l’arbuste. Cet étonnement est essentiel, c’est lui qui permet à l’aventure de continuer, à Moïse de découvrir qui est Dieu et de se découvrir lui-même. Moïse sent que le premier point de vue n’est pas suf sant qu’il faut observer cette manifestation sous un autre angle, ne pas l’affronter de face. Cet événement inattendu l’oblige à changer sa trajectoire, à faire un détour. Ce faisant, Moïse veut également comprendre, il se questionne : « pourquoi ? » et ce « pourquoi » est le signe de son humanité, de notre humanité. Se questionner est vital. Les enfants dès le plus jeune âge nous posent des questions improbables, nous n’avons pas toujours les réponses. Mais leurs interrogations sont les éléments indispensables pour qu’ils puissent appréhender notre monde, s’épanouir. Dans l’univers concentrationnaire, dans cette entreprise de déshumanisation, il n’y a plus de place pour le questionnement. En se questionnant sur qui est Dieu, Moïse découvre simultanément sa vocation, il se découvre. Et nous lecteurs, nous pouvons faire le même chemin, en essayant de trouver des réponses, au moins partielles, à cette double question : qui suis-je, et qui est Dieu ?

Et lorsque Dieu constate le détour effectué par Moïse, il l’appelle. La parole prononcée par Dieu n’est pas sans lien avec le buisson au milieu duquel elle jaillit. Comme le buisson brûle mais ne se consume pas, la parole que Dieu nous adresse brûle, mais jamais nous ne serons dévorés par elle. Comme une douce flamme elle nous éclaire, elle nous réchauffe, elle peut même parfois être d’une exigence douloureuse, le feu peut se faire vif, brûlant, mais jamais il ne nous réduira en cendres. Et cette parole permet de grandir en humanité.

D’autre part, la parole de Dieu peut être enflammée, mais jamais elle ne sera consumée, elle persiste. En gardant, certes, une part d’inconnu qui nous empêche d’en faire un inventaire définitif, elle se renouvelle à jamais, gardant ainsi toujours son actualité brûlante pour les humains que nous sommes. Ce message est contenu dans cette phrase énigmatique que Dieu prononce pour se présenter. Phrase presque impossible à interpréter : « suis celui qui suis » ou bien « je serai ce que je serai ». Cette formule est toujours à revisiter. Sa traduction est complexe, car le présent n’existe pas en hébreu. Choisir le présent c’est dire que la présence de Dieu est déjà là, mais cela nous ôte la dimension du « pas encore ». Traduire cet inaccompli hébreu par un futur nous permet de percevoir toute la dimension dynamique de Dieu, un Dieu en devenir. Et comme nous sommes créés à l’image de Dieu, lorsque Dieu se présente, il nous dit que nous aussi nous sommes en devenir. Il nous ouvre l’avenir et nous coupe de nos désirs mortifères qui nous poussent à regretter le passé. Et comme le buisson qui ne se consume pas, cette formule ne sera jamais définitivement élucidée. C’est ce qui la rend vivante, déjà elle nous oriente, elle donne sens à notre existence.

Pourtant nous oublions bien trop souvent de nous intéresser à cette conjonction qui relie les deux « je serai », ce « acher » qui signifie certes « que » mais qui est aussi la racine du verbe « marcher », et du mot « bonheur ». C’est le même mot qui introduit les béatitudes : « Heureux », et qu’André Chouraqui a traduit par « en marche », ainsi cette petite conjonction vient renforcer ce qui déjà émerge du « je serai ».

« Je serai ce que je serai », la formule garde de son mystère mais avant tout elle nous tourne vers l’avenir avec la promesse d’un bonheur sans cesse renouvelé.

Florence Blondon

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