À l'occasion de Noël et des 150 ans de l'Église protestante de l'Étoile, cette prédication met en scène un dialogue original et plein d'humour entre le pasteur Louis Pernot et une apparition inattendue : le pasteur Eugène Bersier, fondateur de l'église en 1874. Alors que le pasteur actuel s'interroge sur l'intérêt de célébrer cet anniversaire historique, l'intervention du fondateur, suivie de celle de sa collègue, la pasteure Nathalie Chaumet, ouvre une réflexion sur la transmission de la foi à travers les générations. De la remise en question initiale à la démonstration vivante d'une chaîne humaine unissant une centenaire à un enfant de cinq ans, en passant par des moments théâtraux où Jésus lui-même fait une apparition, cette prédication dépoussière avec fraîcheur la question de l'héritage spirituel. Comment une communauté peut-elle rester vivante tout en honorant son histoire ? Comment être « donneur-receveur » dans la transmission de la foi ?
Joyeux Noël ou la résurrection d'Eugène Bersier
Joyeux Anniversaire Jésus : Le Sens Profond des Cadeaux de Noël
Aujourd'hui, nous fêtons Noël. C'est avec un peu d'avance, je le reconnais, mais cela n'a pas d'importance. C'est toujours le bon moment de se faire plaisir. Que fêtons-nous à Noël ? La naissance du petit Jésus, né le 25 décembre il y a environ 2024 ans. Là encore, l'exactitude historique est discutable, mais admettons. Noël est donc l'anniversaire du petit Jésus. Alors, joyeux anniversaire, petit Jésus !
Moi, j'aime bien les anniversaires. J'aime les fêtes en général, j'aime Noël, car c'est toujours joyeux. Je suis aussi très content quand c'est mon propre anniversaire, car on reçoit plein de cadeaux.
Mais ce qui est curieux, c'est que ce n'est pas votre anniversaire. C'est celui de Jésus. Pourtant, c'est vous qui recevez les cadeaux. Normalement, à un anniversaire, on offre des cadeaux à celui dont c'est la fête. Alors, qu'est-ce que vous offrez à Jésus ? Et à Dieu ?
J'ai quelques idées à vous proposer. On peut offrir de bonnes pensées, notre prière, notre foi. On peut offrir le fait de donner quelque chose aux autres, de faire quelque chose pour eux. Et pourtant, à Noël, nous recevons beaucoup de choses, beaucoup de cadeaux, beaucoup de joie. Pourquoi ?
La Bonne Nouvelle de Noël : Un Cadeau qui Transforme Nos Vies
J'ai deux idées pour expliquer cela. D'abord, mon avis de père me dit qu'on est heureux même aux anniversaires des autres. Quand c'est l'anniversaire de mes enfants, de mon épouse ou de mes amis, je suis super content, ça me fait plaisir. On est aussi heureux quand on célèbre l'anniversaire d'événements heureux. Par exemple, bientôt, je fêterai les 30 ans de mon mariage avec Sophie, et j'en suis très heureux. C'est une bonne nouvelle. Nous sommes donc heureux d'évoquer de bons souvenirs, des moments joyeux.
C'est la même chose pour Jésus. Quelle bonne nouvelle que sa venue ! Il est venu pour nous dire des choses agréables et sympathiques. D'abord, pour nous dire que nous sommes aimés. Bien sûr, plein de gens nous aiment sur terre, mais en plus, il y a un Dieu qui nous aime, inconditionnellement. Il est venu nous dire que nous sommes pardonnés. Oui, on ne fait pas toujours bien, on commet des erreurs et on s'en veut, ou les autres nous en veulent. Mais Dieu, lui, nous comprend et nous pardonne. Franchement, ça fait du bien.
Il est venu nous dire que nous sommes libérés. Il y a quelqu'un qui nous écoute, nous comprend, nous accueille et nous aime, sans condition et pour toujours. C'est merveilleux pour vivre. C'est donc une excellente nouvelle. Et ce n'est pas tout.
Il n'est pas seulement venu nous apporter du confort, mais aussi le sens de la vie. Il est venu nous donner un projet. Il nous dit : \"Vous pouvez faire quelque chose dans le monde, vous pouvez apporter quelque chose au monde.\" Même vous, qui semblez tout petits, vous pouvez apporter tellement de choses au monde : un peu de joie, de bonheur, un sourire. Nous pouvons tous apporter quelque chose, et Jésus nous donne un projet pour notre existence. Comme je vous le disais, ce ne sont que des bonnes nouvelles. Et du coup, tous les ans, je me réjouis infiniment de ce cadeau que Dieu nous a fait il y a environ 2024 ans, en nous donnant Jésus. Merci !
150 Ans, Et Alors ? Un Regard sur l'Héritage du Passé
D'ailleurs, cette année est vraiment sous le signe des anniversaires. Nous fêtons aussi, vous le savez, le souvenir de l'église de l'Étoile, fondée il y a 150 ans par le pasteur Eugène Bersier. Mais, excusez-moi de vous le dire, je m'en fiche un peu. Quel intérêt y a-t-il à fêter un événement qui ne nous regarde plus ? La venue de Jésus, c'est merveilleux. Mais que le pasteur Bersier ait construit cette église il y a 150 ans, ce n'est plus notre problème aujourd'hui. Cette église, c'est la nôtre, c'est la vôtre, et nous y faisons ce que nous voulons. Je ne vois pas l'intérêt de se préoccuper de ce qui se passait à l'époque, ni de ce fondateur qui était un vieux barbon rigide, ennuyeux, avec lequel, franchement, je pense n'avoir pas grand-chose en commun. Voilà, c'est dit.
La Leçon d'Eugène Bersier : L'Importance Cruciale de la Transmission
– Une minute, jeune homme, une minute.
– Oui ? Attendez, qui êtes-vous ? Qui se permet d'interrompre mon sermon, alors que je suis ici maître à bord et seigneur du lieu ?
– Maître à bord ? Je suis le pasteur Eugène Bersier. Je suis le fondateur de l'église de l'Étoile.
– Ah oui, bon, enchanté. Et alors ?
– Et alors ? Comment peux-tu mépriser à ce point ceux qui t'ont précédé ? Tu ne te rends pas compte que tu leur es un petit peu redevable, non ? Tu vois cette église ? Tu dis qu'elle t'appartient, mais qui l'a construite ? Eh bien, c'est moi. Et cette chaire sur laquelle tu as prêché, d'ailleurs pas si mal, c'était assez intéressant, je ne me suis pas ennuyé du tout. Bravo.
– Merci, merci.
– Mais sais-tu qui l'a conçue ? C'est moi. Et ces étoiles dans ce chœur que vous aimez tant, qui les a voulues ? C'est moi. D'ailleurs, sais-tu combien il y en a ?
– Oh là ! Aucune idée !
– Aucune idée ? Je vais te le dire : 468. Et cette chaise, qu'est-il écrit sur le dossier ?
– Ah oui, tiens ! Il y a écrit E B.
– Voilà, E B, c'est-à-dire Eugène Bersier. En fait, Pernoud, tu te reposes sur moi. Si je n'avais pas été là, tu ne serais pas là.
– Oui, oui, Eugène, c'est très bien. Merci beaucoup. Elle est très jolie ton église, très bien toutes ces étoiles, ta chaire, la chaise avec les lettres d'or, tout ça, c'est parfait. Merci beaucoup.
– Tu as tort de le prendre comme ça. Je me vois obligé de te faire une petite leçon de théologie, une chose que tu as dû manquer. On m'a dit que tu avais séché pas mal de cours à la faculté de théologie. Il n'y a pas de quoi être fier, Pernoud.
Héritage et Modernité : Rendre la Foi Vivante
– Toi, tu prêches une religion individuelle. Tu incites chacun à être responsable, à avoir la foi, à faire preuve d'amour. C'est très bien, mais tu oublies une chose essentielle : personne ne vit pour lui-même. La religion n'est pas une affaire de choix personnel, c'est une affaire de transmission. Tu comprends ? Transmission. Les apôtres ont transmis la parole du Christ, les premiers disciples ont mis par écrit ce qu'ils avaient reçu. Et depuis 2000 ans, les croyants transmettent cet évangile, la bonne nouvelle de l'amour de Dieu, aux générations suivantes. Vous ne seriez pas là s'il n'y avait pas eu des générations qui vous avaient précédé.
– Ah oui, tiens, cela me fait penser à cette histoire d'un ami qui avait le titre de grand rabbin. Comme il n'était pas très grand, une personne mal intentionnée lui demanda un jour : \"Êtes-vous vraiment grand ?\" Il répondit : \"Oui, je suis grand quand je suis sur les épaules d'un géant.\"
– Voilà, c'est ça. C'est notre trésor. C'est ce que nous recevons de ceux qui nous ont précédés. La foi de nos pères, c'est le trésor de l'humanité, c'est la transmission qui donne aux croyants la possibilité de croire. Alors toi, Pernoud, qu'as-tu fait de mon église ?
– Écoute, ça va, franchement. Il y a du monde, je crois que l'évangile est globalement prêché, la bonne nouvelle est proclamée. Évidemment, je ne prêche pas tout à fait comme toi, ma théologie est peut-être un peu plus moderne.
– Ah non, mais ça, il n'y a aucun problème. Chacun a le droit de réinterpréter sa foi à sa manière. La transmission et la réception ne sont pas des carcans. Nous n'avons pas à croire de la même manière que nos prédécesseurs, mais à reprendre ce qui a été donné pour en faire une matière vivante. Sinon, ce n'est qu'un dépôt mort. Si vous avez fait de cette église un lieu vivant, rayonnant, fraternel, évangélique, alors je vous en remercie. Je vous donne rendez-vous, disons, dans 50 ans, pour faire un nouveau point. Enfin, je viendrai vérifier de temps en temps.
La Chaîne de l'Espérance : Qui a Transmis la Foi Jusqu'à Vous ?
J'accepte la leçon de mon prédécesseur, le pasteur Bersier. Réjouissons-nous de tous ces anniversaires. Réjouissons-nous de l'anniversaire de Jésus et de celui de l'Étoile, 150 ans. Bon anniversaire à Jésus, à tous ceux qui sont nés en ce moment ou n'importe quand. Bon anniversaire à notre bonne étoile qui a 150 ans, et soyez joyeux.
Quelle apparition ! Eugène Bersier, en personne. Nous sommes gâtés, le fondateur de cette paroisse prend la parole. Cher collègue, tu en as de la chance de dialoguer avec Bersier. Rien que ça. Je ne sais pas si je dois être un peu jalouse, mais tu as de la chance, vraiment.
Mais, cette \"bersiermania\" est-elle bien protestante ? Sa chaise, son mobilier, ses initiales, son tableau qui défile, et maintenant son apparition. Sommes-nous bien dans le temple protestant de l'Étoile ? Saint Bersier nous guetterait-il ? Enfin, passons. C'est vrai que c'est grâce à lui que nous sommes là, je dois le reconnaître.
Quand j'ai vu Bersier, j'ai eu un petit moment d'énervement, car le passé, c'est le passé, non ? Nous fêtons Noël en 2024, ce n'est pas Bersier qui va nous apprendre comment on le fête aujourd'hui. Chaque époque change. Mais cela dit, si vous avez bien écouté, Bersier était quand même assez convaincant. Oui, je crois qu'il a raison, collègue. Tu as bien fait de parler avec lui.
La foi, bien sûr, est une conviction intérieure, mais c'est aussi une affaire de transmission. Si nous sommes là, de génération en génération, pour fêter Noël, c'est bien pour que chaque génération puisse découvrir cet amour donné au monde. C'est pour que chacun puisse découvrir qu'il est à la suite du Christ, enfant de Dieu. Si vous êtes là, c'est bien que quelqu'un a été pour vous une courroie de transmission dans cette grande chaîne d'espérance. Oui, Bersier a bien raison de nous le rappeler.
Alors, prenez quelques instants pour réfléchir. Qui a été pour vous ce maillon de la chaîne qui fait que vous vous sentez aujourd'hui à votre place ici ? Les enfants, c'est peut-être grâce à vos parents, vos grands-parents ou des amis des scouts. Et vous, parents, grands-parents, pourquoi êtes-vous là ? Qui vous a transmis cette espérance ? Un autre parent, un oncle, une tante, un pasteur, un catéchète ? Et eux, d'où l'avaient-ils reçue ?
Oui, cette foi se transmet de siècle en siècle et chacun de nous prend sa part. Chacun est un maillon qui s'accroche à celui qui l'a précédé, et qui offre à d'autres la possibilité de s'y accrocher. Essayons de remonter cette chaîne d'espérance. Remontons à Bersier ? Non, tout ne commence pas avec lui. À la Réforme ? Non, la foi chrétienne avait déjà 1500 ans. Aux Pères de l'Église ? Encore avant. Remontons à la naissance de Jésus, puisque c'est ainsi que tout a commencé. Regardons comment tout a commencé et surtout comment tout a continué.
De 100 à 5 Ans : La Transmission de la Foi en Acte à l'Étoile
Il y a eu Jésus, c'est vrai, il y a une chaîne de transmission. Comme je ne peux pas faire venir Bersier, Luther, Calvin ou Saint-Augustin, je vous montre simplement cette Bible, transmise de génération en génération. Et pour nous à l'Étoile, j'invite à me rejoindre Valentine Coste. Valentine a été monitrice d'école biblique et a transmis la foi à bon nombre d'entre vous. Valentine a 100 ans, et bientôt 101.
Après Valentine, j'invite Violaine, qui aura 80 ans dans 10 jours. Encore une génération après, Sarah. Puis une jeune mère de famille, Audrey, qui s'occupe de la garderie, et son fils Joseph, qui a 5 ans. Voilà une longue chaîne de transmission pour l'Étoile, et nous nous en réjouissons. Joseph va maintenant mettre la Bible à sa place sur la table de communion.
Donneurs et Receveurs Universels : La Foi, un Échange à Double Sens
À l'Étoile, vous avez bien compris comment fonctionne cette transmission de l'espérance de génération en génération. Quelle joie de voir cette parole se transmettre jusqu'aux plus jeunes aujourd'hui, grâce à chacun d'entre vous.
Bersier avait raison. La foi n'est pas un bien que l'on peut garder pour soi. Imaginez une foi posée sur votre cheminée, juste pour la contempler. Elle prendrait la poussière, et il faudrait l'épousseter de temps en temps en chantant un petit cantique. Nous sommes dans cette dynamique de transmission et nous jouons tous un rôle essentiel.
Alors, en votre nom à tous, je veux dire un immense merci. Merci à toutes les équipes qui travaillent ici pour raconter la Bible, entretenir ce magnifique bâtiment, préparer les surprises de l'apéritif, s'occuper des jeunes avec les scouts. Merci à tous ceux qui prennent leur place. Et merci à vous tous d'être là, car votre simple présence est déjà un élément de la chaîne de transmission. Un temple, c'est bien. Un temple de 150 ans, c'est encore mieux. Mais ce n'est rien si le temple est vide. C'est vous tous qui faites que ce Noël est joyeux, vous qui êtes ces pierres d'espérance.
Je voudrais conclure avec une image. Dans cette chaîne de transmission, nous sommes un peu comme les groupes sanguins. On est tous receveurs, donneurs, ou même donneurs et receveurs universels. Pourquoi ? Parce que ça marche dans les deux sens : on donne et on reçoit. On pourrait penser que c'est la génération aînée qui transmet à la suivante, mais c'est un mouvement à double sens.
Par exemple, à l'école biblique, en théorie, le moniteur enseigne à l'enfant. Mais en réalité, ce sont les réactions des jeunes, leurs questions, leurs étonnements, qui réveillent la foi des adultes. Sans eux, notre foi deviendrait surannée, assoupie. Nous avons besoin de ces partages pour nous redonner le goût de croire. Autre exemple : ce matin, c'est grâce aux jeunes que la paroisse s'est mise en mouvement pour recevoir et redonner la lumière de la paix de Bethléem, transformant notre paroisse en église de ralliement pour des centaines de scouts.
Nous sommes donc tous dans ce double mouvement. Il est essentiel que chacun prenne sa place pour qu'il n'y ait pas de chaînon manquant. Nous sommes tous donneurs et receveurs compatibles, car nous sommes tous à l'école de la fraternité de Jésus. Fêter Noël, ce n'est pas juste décorer un sapin qu'on finit par jeter. C'est vivre la foi au quotidien et chercher à transmettre cet engagement de paix, un travail de chaque instant. Nous avons besoin que chacun prenne sa place pour que dans 50 ans, comme le disait Bersier, nous ayons encore ce grand plaisir de fêter Noël.
Un Cadeau pour le Passé et l'Avenir
Mais trêve de discussions, c'est l'heure des cadeaux ! Noël sans cadeaux, qu'est-ce que ce serait ? Réfléchissons ensemble. Quel cadeau pourrait dire à la fois le passé et l'avenir, tout ce que nous avons reçu et tout ce qui est à écrire ensemble ? Un cadeau qui nous permettrait de nous souvenir des beaux moments comme aujourd'hui et d'y marquer les rendez-vous de demain ? Un cadeau d'hier pour demain.
– Un calendrier !
– Un calendrier ! Exactement ! Ça tombe bien, en voici un magnifique. Un calendrier pour fêter les 150 ans de l'Étoile et la naissance de Jésus. Un calendrier pour vous accueillir.
Place à la distribution, et promis, bientôt l'apéritif. Pour information, il y en a exactement 400. Il y en a au moins un par enfant et environ un par foyer. Chaque famille peut en avoir un. Les enfants ont la priorité, et s'il en reste, tout doit disparaître.
Chant Final : Ô Peuple Fidèle
Ô peuple fidèle, Jésus vous appelle,
Venez, triomphants, joyeux, venez en ces lieux.
Oh ! venez, venez à Bethléem.
Il est né le Roi des Anges,
venez adorons, venez adorons,
venez adorons le Sauveur.
De la crèche au sanctuaire, sur la paille et sur l’autel,
nous voulons à Dieu, notre Père, offrir un culte solennel.
Bergers, quittez vos retraites, unis à nous, chantez tous,
en chœur à la voix des prophètes, rendez gloire au Christ parmi nous.
Dans une humble pastorale, il naît couvert de langes,
chantons tous d’une voix égale, unissons-nous aux chœurs des anges.
Venez adorons, venez adorons,
venez adorons le Sauveur.
En lui, reconnaissons notre frère, en lui, reconnaissons notre roi,
en lui, reconnaissons notre Père, chantons, chantons sa gloire.
Venez adorons, venez adorons,
venez adorons le Sauveur.
Venez adorons, venez adorons,
venez adorons le Sauveur.