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Liberté – Egalité - Fraternité ; Liberté

 

C’est la devise inscrite sur le fronton de nos édifices publics, je vous propose un parcours biblique en trois temps, dans la lettre de l’Etoile. Ce ne sont que de simples miettes…

De la liberté à la libération 

Ce n’est pas un hasard si les libertés fondamentales acquises par les citoyens de la plupart des pays occidentaux ont été inscrites dans toutes les déclarations internationales de promotion des droits de l’homme, car la liberté n’est pas une question de culture, au contraire, elle est prisée par l’être humain dans son essence même.

Le débat a toujours été central dans la sphère  théologique, et les réformateurs le mettront au cœur de leurs réflexions. L’un des opuscules le plus célèbre et le plus influent de Martin Luther est intitulé : « Traité de la liberté chrétienne ». Pour Luther, la liberté du chrétien, tout comme celle de l’Eglise, est une liberté libérée par la grâce. Ce n’est en aucun cas une liberté conquise, mais une liberté offerte. On perçoit dans le vocabulaire, un glissement de la liberté vers la libération, et probablement qu’André Malraux s’approche d’une vérité en énonçant : « Je sais mal ce qu'est la liberté, mais je sais bien ce qu'est la libération ».

Toute la Bible, de Moïse à l’apôtre Paul, est une trajectoire en vue de la liberté, un itinéraire de libération.

Ce thème est indissociable du livre de l’Exode, qui relate le passage de la servitude à une existence libérée : « c’est moi le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. » (Ex 20 :2) On ne soulignera jamais assez que l’expérience biblique de la liberté, avant d’être thématisée par l’apôtre Paul, est d’abord racontée. Comme si le détour par la narration et l’inscription en histoire désignait le mode spécifique par lequel les hommes cherchent à rendre compte de l’expérience de Dieu.

L’expérience de la liberté dans les Evangiles se cristallisera dans la figure de Jésus-Christ. Car, si Jésus ne prononce jamais le mot de liberté, il est venu pour délivrer. Cette liberté caractérise sa vie et sa prédication. Et il va la transformer, pour ceux qui vivent à son contact en expérience de libération : libération de maladies, libération de possessions démoniaques, mais aussi libération du langage religieux. Libération encore d’une certaine vision de la loi : chaque fois que la loi travaille à la déshumanisation de l’être humain, et chaque fois que la loi apparaît confisquée, Jésus rappellera que c’est la loi  qui est au service de l’homme et non l’inverse. La loi peut être controversée lorsqu’elle engendre la domination et l’annexion d’autrui. Et c’est au nom de cette même liberté pour les autres, que Jésus brisera les tabous. Il s’approche de tous les marginaux, partage leurs tables. Qu’ils soient prostitués, malades, pauvres, pécheurs…

Quant à Paul, dans sa lettre aux Galates,  il y a urgence à faire entendre ce message. C’est pour cette raison que jamais l’apôtre ne s’était dévoilé autant : l’aveu de son comportement zélé de persécuteur de chrétiens, puis la révélation, sa rencontre de Jésus Christ, c'est-à-dire, l’histoire de sa propre libération. L’enjeu est-il donc si important qu’il ait besoin de s’exposer autant ? Sans aucun doute.

Ainsi, Paul, loin de tout principe, norme ou morale, nous offre une réflexion sur notre existence. Existence qui, sous la loi et son interprétation sclérosée, ne peut être que vouée à la corruption, à la condamnation. Alors que désormais le croyant, celui dans lequel vit le Christ,  est libéré de la tutelle de la loi, de cette loi qui enferme. Et c’est ce qu’il énonce au début du chapitre 5 de son épître aux Galates: « C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage. »

Car, celui qui recherche la justice de la loi est esclave de la loi. Cette loi qui se cristallise dans le ritualisme. Alors que pour Paul, l’amour du prochain va se substituer aux pratiques. Paul nous invite à accomplir la loi du Christ, la loi dont le Christ est l’interprète et l’incarnation : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (5:14). Cette loi n’est d’ailleurs pas un ordre, mais c’est un futur vers lequel il faut tendre.

Et paradoxe de cette loi qui nous libère de l’esclavage, qui nous appelle à la liberté, c’est son appel à nous mettre au service les uns des autres, ou plutôt, puisqu’il s’agit de la même racine en grec, pour que nous soyons esclaves les uns des autres. Dans la suite de sa lettre Paul énonce : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ » (6:2).

Il peut maintenant nous inviter à l’engagement, à nous mettre entièrement « au service », une mise au service, non pour « se faire remarquer des hommes » (Mt 23:5), mais une mise au service qui loin d’être une servitude, est à recevoir aussi comme un don qui nous comblera puisque comme nous l’énonce si bien Martin Luther : « Le chrétien est l’homme le plus libre. Maître de toutes choses, il n’est assujetti à personne. L’homme chrétien est le plus serviable des serviteurs. Il est assujetti à tous. »

Florence Blondon

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