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Elisée et la pauvre veuve

 

(2 Rois 4:1-7)

Au départ, ce récit présente une veuve qui est dans une situation matérielle catastrophique, et c'est grâce au Serviteur de Dieu qu'elle et son fils pourront vivre. Il n'est pas question, bien sûr, de penser qu'il nous suffirait de prier Dieu pour amasser des biens matériels. Dieu n'attend pas que nous le prions assez fort, assez bien ou assez longtemps pour vouloir pour chaque être humain la vie. Ce que nous promet l'Évangile, ce n'est pas l'abondance matérielle, mais une abondance de richesses spirituelles pour celui qui les recherche auprès de son Dieu.

La vie de cette femme est en danger à cause d'une dette. Dans la Bible, quand on parle de dette, il faut penser à autre chose qu'une dette matérielle et l'on sait que dans le Notre Père, la demande « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », est littéralement : « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons aussi à ceux qui nous doivent ». Cette femme vit donc dans la culpabilité.

Et la cause de ses problèmes est la perte de son mari qui était très proche de Dieu. Le thème du mariage est dans la Bible bien souvent une image de l'union entre Dieu et l'homme, et nous pouvons ainsi comprendre la situation de la femme comme la perte de la foi profonde et vivante qui l'unissait à Dieu. Comme cette femme, nous pleurons parfois notre relation à Dieu perdue. Et comme elle, nous sommes alors dans une situation de détresse. Ce texte nous raconte l'espérance qu'il y a pour chacun de nous dans ce Dieu qui vient sur le chemin de notre vie.

 

1°) Dans sa prière, elle se tourne vers Dieu, sans rien demander.

Tout d'abord, elle parle à Élisée, l'homme de Dieu : on pourrait dire qu'elle prie. Au lieu de rester concentrée sur son problème, elle se tourne vers l'extérieur, vers Dieu. Et sa prière est là un modèle : au lieu de demander, d'exiger, elle expose simplement sa situation, elle partage son inquiétude avec Dieu.

 

2°) « Qu'as-tu dans ta maison ? »

Élisée renverse le regard qu'elle a sur son existence, au lieu de chercher ce qui lui manque, il lui fait voir ce qu'elle a, afin qu'elle compte sa richesse, aussi petite soit-elle. Et avec l'aide de Dieu, c'est cela qu'Élisée va développer infiniment pour en faire une véritable richesse. Quand plus rien ne va, qu'est-ce qui va quand même un peu ? Comme dans cette histoire, il reste au moins un petit peu d'huile. Or dans la Bible, l'huile signifie la présence de Dieu. Cette femme s'était éloignée de Dieu, mais il lui restait un peu d'huile, un petit embryon de foi, un petit appétit de rencontrer Dieu, une volonté d'arriver à le prier, à l'honorer.

 

3°) « Va chercher des récipients vides »

Si la veuve négligeait ce petit peu de foi qui lui restait, c'est parce qu'elle n'avait rien pour le mettre. Sa vie était remplie de tas d'autres choses inutiles, qui l'empêchaient de pouvoir se remplir de la présence de Dieu. Nos vies manquent considérablement de vrai vide, non pas de désoeuvrement, de frustration, de tristesse ou de deuil, bien sûr, mais du vrai vide qui est possibilité d'accueil d'une autre réalité. Nos vies manquent d'inutilité, de gestes uniquement faits par amour ou par foi et qui n'apportent rien de matériel ; nos vies manquent de temps pris, de don, d'écoute, de disponibilité, de pause... C'est pourtant cela que notre Seigneur commande, quand il dit : « Le septième jour, tu ne feras rien. » Le vide qu'elle va trouver et qui recevra l'abondance qui vient de Dieu, ce n'est pas le vide du deuil ou de la mort, mais un vide qu'elle a été chercher pour qu'il puisse se remplir de foi, d'espérance et d'amour. C'est le vide d'activité lorsque nous venons au culte, lorsque nous arrêtons d'agir pour prier Dieu, lorsque nous lisons la Bible ou même quand nous méditons.

Et la veuve, grâce à ce processus, accumule un trésor de bénédiction, ce trésor spirituel que rien ne peut attaquer et qui ne vient jamais à manquer dont parle l'Évangile. Et ce trésor qu'elle vient de recevoir, elle a encore une fois la sagesse de s'en remettre à la Parole de Dieu pour savoir ce qu'elle doit en faire.

 

4°) « Va vendre cette huile, donne-la à tous ceux auxquels tu dois quelque chose. »

Voilà à quoi peut servir notre richesse spirituelle : aller donner aux autres de la force, de la lumière et de l'espérance. Avant de vouloir combler ses propres vides, nous pouvons chercher à recevoir de l'huile pour combler le vide des autres. Au lieu de nous lamenter sur nous, essayons de voir tout ce qui manque autour de nous ; et la solution au non-sens de notre existence vient en se mettant au service de la détresse et de l'épreuve de l'autre.

 

5°) « Tu vivras, toi et tes enfants, de ce qui reste »

Cette femme reçoit une vie pacifiée, une vie qui ne cessera pas à sa mort. Et tout cela est un don de Dieu. C'est de lui que vient notre secours, il vient faire grandir ce germe de foi qui est déjà en nous dans la mesure de notre association à cette croissance. Alors, Dieu peut venir et agir. Et notre vie passe d'un sentiment de manque, de culpabilité, et d'angoisse, à celui d'un débordement de lumière et de bénédiction. À tel point que cette femme qui était au début au fond de la misère et de la solitude, se trouve à la fin pleine de lumière, de bénédiction et de foi, à un point qu'elle en a même à revendre.

Louis Pernot

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