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Adam et Ève

 

Et si l'histoire d'Adam et Ève nous permettait de mieux cerner la différence entre la psychologie de l'homme et celle de la femme ?

Il y a entre Adam et Ève une différence fonda-mentale. Adam, lui, est né dans la steppe, hors du "paradis". C'est dans un deuxième temps que Dieu l'a transporté dans le jardin d'Eden. Le texte biblique le dit clairement. : L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie ... Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l'Orient, et y mit l'homme qu'il avait formé... (Gen. 2, 7-8).

Et par contre Ève, elle, est née dans le "paradis". C'est dans le paradis qu'Adam a été endormi pour lui donner naissance.

Et il y a une autre différence tout aussi fonda-mentale. C'est Adam seul qui a entendu que Dieu interdisait de manger le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. La femme, elle, n'était pas encore née lorsque Dieu lui a donné cette interdiction. Là aussi le texte biblique est clair : l'Éternel donna cet ordre à l'homme... tu ne mangeras pas de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal... Et l'Éternel Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul... L'Éternel Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise à l'homme. (Gen. 2: 17 18-22).

 

L'écharde dans la chair et la poudre aux yeux.

Oui, Adam, l'homme, n'est pas né dans le paradis. Il est un enfant de la steppe aride, épineuse, pleine d'embûches. Et c'est sans doute cela qui a influencé son caractère. C'est dans la steppe caillouteuse qu'il a appris à marcher. Puis Dieu l'a retiré de son milieu naturel, c'est-à-dire la steppe, et l'a placé dans le paradis. Mais là, au lieu de découvrir le bonheur douillet, l'homme se languit dans l'ennui, la solitude, l'incapacité à se débrouiller seul. L'homme n'est pas fait pour le bonheur. Partout il se sent un étranger, même au paradis. Et il rencontre Dieu, non pas comme un compagnon pacifique et apaisant, mais, au contraire, comme une loi, une exigence et un interdit: peut-être l'interdiction d'être heureux.

Ève, elle, est née dans le paradis. Son premier regard a été pour les arbres couverts de fruits du jardin, et pour le charme séducteur du serpent. Dès sa naissance, elle est faite pour la vie, le bonheur, le désir et le plaisir. Et elle gardera toujours la nostalgie de ses premières découvertes.

Ainsi l'homme rencontre Dieu plutôt comme un Absolu, un Tout Autre et une Loi. Et la femme le rencontre plutôt dans la nature, l'incarnation et le sentiment d'être au bénéfice d'une bénédiction. Bien sûr, il faudrait nuancer.

 

Le mélo du méli-mélo.

On peut aller un peu plus loin dans la différence entre Adam et Ève.

Adam est mutilé par la naissance d'Ève : il perd une côte, ce qui le marque d'une blessure. Sa relation avec la femme est passion, c'est-à-dire souffrance. Pour lui, l'amour est d'abord un manque toujours inassouvi. Ainsi, l'homme restera toujours un déséquilibré possessif. Il n'acceptera jamais vraiment que sa compagne soit devenue autre que lui.. Et c'est pourquoi Adam s'écrie à propos d'Ève Voici celle qui est chair de ma chair et os de mes os (Gen. 2,23). Il n'accepte pas sa différence et son altérité. Et dès qu'il sera contraint de reconnaître Ève dans sa différence, il rentrera en conflit avec elle (Gen. 3,12). Ainsi, il balancera toujours entre la souffrance d'être seul et la souffrance d'être à deux.

Pour Ève, c'est tout différent. Par la manière même dont elle est née, elle est faite pour le compagnonnage, pour le côte à côte (c'est le cas de le dire). Mais avec qui ? C'est là la question. Elle commence à parler non pas avec Adam son mari, mais avec le serpent qui est le prince charmant, le double féerique d'Adam. Le serpent est beaucoup plus intelligent, séducteur et beau parleur qu'Adam. C'est un devin, presque un demi-dieu, alors qu'Adam, l'homme véritable, est un paysan mutilé et ensommeillé, qui parle tout seul et s'émerveille d'elle sans vraiment la comprendre. Eh oui, pour elle, le prince charmant, c'est toujours l'autre. Et Ève brûle d'initier son balourd de bonhomme aux mirages que le séducteur lui a fait entrevoir (Gen. 3,6).

Un point encore. Nous l'avons dit, Ève n'a pas entendu que Dieu avait prescrit : Tu ne convoiteras pas, tu ne mangeras pas du fruit défendu. Elle ignore qu'il y a dans la vie des interdits plus ou moins incompréhensibles, des morales culpabilisantes et des règles qu'on peut juger absurdes. Elle est prête à tout goûter, à tout embrasser, et aussi à tout accepter, à tout comprendre, à tout pardonner. Et de fait, la femme accède souvent bien mieux que l'homme au bon sens, à la véritable sagesse et à une vraie tolérance.

 

Un bobo peut en cacher un autre.

Mais voilà ! Ni Adam ni Ève ne resteront au paradis ! Ils devront l'un et l'autre le quitter pour se retrouver à l'Est d'Eden, dans la steppe des silex et des épines.

Lequel des deux, Adam ou Ève, sera le mieux armé pour marcher et vivre dans ce monde qui est notre monde ? Est-ce Adam, malmené par ses contra-dictions, mais qui a gardé sous ses pieds des callosités protectrices puisqu'il a appris, dès sa petite enfance, à crapahuter seul dans les steppes et à s'endurcir face aux échardes de la vie ? Ou bien est-ce Ève, fille de la séduction et du jardin des délices, mais qui se sent frustrée et trahie dès qu'elle découvre que le monde n'est pas un paradis et que les hommes ne sont pas des princes charmants ? Oui ! C'est peut-être parce que la femme est faite pour le bonheur qu'elle sera, sans doute plus encore que l'homme, marquée par la douleur, la souffrance et la déception.

Tout cela est bien sûr à prendre "cum grano salis" et dans la lumière de la Grâce !

Alain Houziaux

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