Conférences de l'Étoile - novembre-décembre 2002

La vie, le destin et l'amour

 

PEUT-ON SE CHANGER ?

 

L'honneur de l'homme.

Nous avons le désir de nous changer. Nous avons tous, au fond de nous-mêmes, le désir de renoncer à nos vices, à nos esclavages, à nos mauvais penchants. Certes, ce désir est particulièrement net chez tous ceux qui se sentent prisonniers d'une sorte d'esclavage infernal, les alcooliques, les prisonniers récidivistes…, mais, Dieu merci, il est aussi présent chez chacun d'entre nous.
Ce désir de se changer, c'est l'honneur de l'homme, et peut-être le propre de l'homme. 
Au fond, ce à quoi nous aspirons, c'est à une "nouvelle naissance". Oui, "naître de nouveau" (cf Jean 3,3), ou plutôt renaître en étant à la fois soi-même et un autre, voilà ce que nous voudrions pouvoir faire.
Mais est-il possible de se changer ? Voilà la question.
Ce qui pose problème dans cette question, c'est le "se". Peut-on se changer ? Peut-on se changer par soi-même ? Ce serait beaucoup plus facile de répondre à la question "Peut-on changer?". Nous savons bien que nous changeons, et que la vie nous change. Nous sommes changés par les épreuves que nous subissons. Perdre ses parents, cela nous change. Perdre un enfant, encore plus. Les échecs nous changent aussi, et aussi le fait de vieillir. Les souffrances nous changent. Cioran a écrit : "Tant qu'on n'a pas vraiment souffert, on vit souvent dans le faux et le faux-semblant", on triche, on parade, on "se fait mousser". En revanche, lorsque l'on a souffert, on apprend à devenir humble, humble vis-à-vis de soi-même et compréhensif vis-à-vis d'autrui. On peut aussi d'ailleurs devenir plus agressif et plus "réactionnaire". Mais, de toute manière, on change. 
Mais la question posée, c'est "peut-on se changer ?" Peut-on se changer par sa volonté, par ses efforts ? 
Pour tenter de répondre à cette question, je partirai d'un texte biblique : la parabole du fils prodigue (Luc 15). Cette parabole concerne d'ailleurs non seulement le fils prodigue mais aussi son frère aîné.

 

Le fils prodigue et le fils aîné de la parabole.

Le fils prodigue, après avoir mené une vie de liberté, de débauche et aussi de misère décide de rentrer à la maison paternelle. Il décide de changer de vie et aussi de se changer. Lui qui a voulu être un homme libre, il veut devenir un simple serviteur de son père. 
Comment en est-il venu à vouloir se changer et peut-être à pouvoir se changer ? Après avoir quitté la maison paternelle, il a dépensé tout son bien dans la débauche. Il s'est retrouvé à un rang de "sous-cochon" (il ne s'autorise même pas à manger la nourriture des cochons (1)). Alors qu'il avait choisi la liberté, il a le sentiment d'avoir été "coincé" par lui-même. Sa liberté s'est retournée contre lui. 
Et c'est pourquoi il "implose" (2), contre lui-même. Ainsi, c'est son dégoût de lui-même qui change le fils prodigue. Il a été "eu" par lui-même. Il est devenu esclave de son propre désir de liberté. Et il décide de rentrer à la maison paternelle pour pouvoir devenir un serviteur. Pour ne plus avoir à se poser des questions. Pour ne plus avoir à faire de choix. C'est peut-être là la vraie liberté (3).
Quant au fils aîné, il se pourrait bien qu'il décide, lui aussi, de changer de vie et aussi de se changer. Il commence par mener une vie sage et réglée chez son père. Mais, après le retour de son frère cadet, il refuse de rentrer dans la maison et de partager le repas du veau gras. Et peut-être va-t-il quitter la maison paternelle, comme son frère cadet l'avait fait quelques années plus tôt. L'histoire ne le dit pas. Mais on peut l'imaginer. Lui qui a vécu des années durant comme un simple serviteur de son père, il veut peut-être devenir un homme libre. Comment en est-il venu à changer, à se changer ?
Le fils aîné est resté à la maison paternelle, sage comme une image. Il est considéré par tout le monde comme un bon fils, un bon serviteur. Mais en fait il occulte une part de lui-même. Il est coincé par l'image que les autres se font de lui. Les autres, c'est son père qui ignore la véritable nature de son fils (ils ne se sont jamais vraiment parlé (4)), et aussi ses amis qui le considèrent comme inapte aux réjouissances. 
Et c'est pourquoi le fils aîné explose (alors que le fils prodigue implose). Il explose contre ce qu'"on" a fait de lui. Il laisse exploser son appétit de vie et de liberté. Et il décide peut-être de quitter la maison paternelle, en jetant son bonnet (et sa vie d'enfant sage) par dessus les moulins. Partir, pour devenir un homme nouveau. Partir pour aller "vers lui-même", vers la réalisation de ce qu'il est en vérité. 
Ainsi cette double parabole s'organise comme un chassé-croisé. Le fils aîné, s'il s'en va, pourrait bien se changer en fils prodigue. Et le fils prodigue, en rentrant chez son père, pourrait bien se changer en fils aîné. 
Mais, maintenant, à partir de ces deux exemples, venons-en à la question "comment peut-on se changer ?"

 

Le déclic de l'émotion

Je commencerai par un propos pessimiste. A mon avis, on ne peut pas se changer par le seul ressort de la volonté et de la décision. L'effort ne suffit pas. La bonne volonté, les bonnes résolutions ne sont guère efficaces. Les changements opérés par la seule volonté ne tiennent pas longtemps. 
Notre manière de nous comporter relève pour une large part de l'involontaire. Nous réagissons en fonction de la situation où nous sommes placés. Et nous le faisons par des schémas comportementaux qui sont plus ou moins déterminés, plus ou moins involontaires. Et ce qu'il y a en nous d'involontaire (notre caractère, mais aussi nos habitudes et nos schémas comportementaux stéréotypés) ne peut guère être changé par la seule volonté. Certes on peut faire des efforts pour tenter d'adopter des comportements différents. Mais cela ne suffit pas. La nature et les stéréotypes comportementaux reprennent vite le dessus. 
On ne peut pas changer par la seule volonté. Le fils aîné ne peut se changer par une décision "à froid". Et il en est de même pour le fils prodigue. 
Ce qui peut nous changer, c'est un bouleversement émotif à l'intérieur de nous-mêmes. Seul un bouleversement émotif peut casser nos stéréotypes comportementaux.
C'est justement parce que l'émotion est de l'ordre de l'involontaire qu'elle peut agir sur l'involontaire de nos habitudes comportementales. 
L'émotion agit en tant que déclic. C'est elle qui produit l'énergie qui nous fait prendre la décision de nous changer et peut nous rendre effectivement apte à changer.

>Le premier de ces déclics émotifs pouvant susciter un changement, c'est l'humiliation, c'est-à-dire une blessure narcissique forte. Garder les cochons passe encore, mais mourir de faim alors qu'eux s'empiffrent, c'est trop. Je ne peux pas continuer à m'avilir à ce point. Trop, c'est trop. Même lorsque, toute honte bue, on a été au plus loin de l'abjection, il peut se produire un déclic qui retourne les choses et vous empêche d'aller plus loin.

>Le deuxième de ces déclics possibles, c'est la peur. Ce qui motive la conversion du fils prodigue, ce n'est pas la repentance, c'est plutôt la peur de ce qu'il va lui arriver s'il ne change pas. Ainsi le déclic du changement de comportement, ce n'est pas l'espoir, c'est bien plutôt la peur (5).

>Le troisième des déclics émotifs pouvant susciter la possibilité de se changer, c'est la révolte. Ainsi le fils aîné de la parabole, à l'occasion d'un incident fortuit (le retour du fils prodigue et la fête que le père organise en son honneur), explose de colère contre son père mais aussi contre les humiliations qu'il a endurées jusqu'alors. Les humiliations produisent très rarement l'humilité. En revanche elles produisent la révolte. Et c'est cette révolte qui peut susciter chez le fils aîné l'énergie suffisante pour décider de quitter la maison paternelle, avec les risques que cela comporte. La révolte nous donne l'énergie de vouloir que les choses changent et de pouvoir les faire changer.

>Le quatrième des déclics émotifs possible, c'est la jalousie. Le fils aîné est jaloux de la vie du fils cadet, ou plus exactement de l'image qu'il se fait de cette vie. Et c'est cette jalousie, cette rivalité mimétique qui peut le conduire à changer de vie et à se changer. 
Mais cette envie de faire comme l'autre peut aussi prendre une forme plus noble que celle de la jalousie. Elle peut susciter aussi un désir de suivre l'exemple de l'autre qui prend la forme d'une vocation, d'un appel. Ainsi la lecture de récits sur la vie du docteur Schweitzer a suscité bien des vocations à se mettre au service des plus défavorisés. De fait, l'exemple de tiers peut induire des décisions et des retournements spectaculaires.

>Autre déclic émotif possible pouvant susciter l'aptitude de se changer : la prise de conscience du mal que l'on fait. L'émotion que l'on peut ressentir en découvrant que l'on fait souffrir autrui peut être un vecteur de changement et de conversion extrêmement fort.

>Je mentionnerai enfin un autre déclic émotif possible : l'amour. L'amour non seulement nous change mais permet de nous changer. L'amour peut faire de nous un autre homme. 

Ainsi, pour conclure sur ce point, disons que la décision de se changer, pour être efficace, doit prendre appui sur une émotion vive (6). 
En fait l'émotion est révélatrice sur deux points déterminants :

>Elle est révélatrice d'une "facette de soi" qui avait jusqu'alors été occultée et qui, en étant mise à jour, va pouvoir susciter un nouveau comportement. Ainsi le fils prodigue n'était pas, au fond de lui-même, uniquement libertaire et aventureux. L'émotion qui le saisit (le dégoût de lui-même, la peur de l'avenir) lui révèle qu'il y a en lui, occulté jusqu'alors, un aspect de lui-même prudent et casanier. Et c'est cette "facette" qui va alors prendre le pas et destituer le pouvoir de sa "facette" libertaire. Et de même le fils aîné n'était pas au fond de lui-même uniquement discipliné et masochiste. L'émotion qu'il ressent au retour de son frère (faite de révolte et de jalousie) lui révèle qu'il y a aussi en lui, occultée jusqu'à ce jour, une facette libertaire, individualiste et aventureuse.

>L'émotion révèle aussi de désir de changer de situation. Le fils prodigue découvre qu'il n'est pas fait (ou qu'il n'est plus fait) pour une vie de nomadisme et de précarité et qu'il est aussi fait pour une vie (une situation) de sécurité sédentaire. Et le fils aîné découvre (sans doute) qu'il n'est pas fait (ou qu'il n'est plus fait) pour la vie dans la maison paternelle et qu'il lui faut se placer dans une autre situation, celle d'une vie aventureuse et libre. 
Le changement de situation permettra l'expression de nouvelles potentialités de notre moi qui étaient déjà présentes, mais occultées en nous. Lorsqu'il sera de retour à la maison paternelle, le fils cadet exprimera sa facette "fils aîné". Et le fils aîné, s'il quitte la maison paternelle, exprimera à sa facette "fils prodigue". Le changement de situation leur permettra de contracter de nouvelles habitudes comportementales, c'est-à-dire de nouveaux "jeux de rôle" comportementaux.

Ainsi il y a en chacun de nous différentes facettes, on pourrait dire différents "petits moi" qui se manifestent tour à tour en fonction des situations dans lesquelles nous nous trouvons fortuitement ou de celles dans lesquelles nous nous plaçons volontairement. Changer, c'est changer de facette.

 

La réalisation du changement

Ainsi la clé du changement, si clé il y a, c'est le changement de situation. En effet "ce que nous sommes" relève certes pour une part de notre nature, mais aussi, pour une part très importante de la situation dans laquelle nous sommes. 
Notre comportement est profondément déterminé par la situation dans laquelle nous sommes. Si M. Dupont est simple employé dans une société, il aura un comportement donné (il sera par exemple passif, revendicateur…). Mais si on lui confie une responsabilité et un certain pouvoir, il est probable qu'il changera radicalement de comportement et pourra devenir tyrannique, quitte à retrouver son premier comportement s'il retourne à la base. De même, M. Durand pourra avoir des comportements très différents au travail et en famille, avec son épouse et avec sa maîtresse. Il pourra changer de comportement à l'occasion d'un remariage, surtout si ses deux épouses successives sont très différentes l'une de l'autre (il y a cependant des stéréotypes qui restent parce que, même avec des épouses différentes, la situation d'époux reste déterminante).
Ainsi, à l'occasion d'un changement de situation et d'environnement, certains des aspects de notre moi seront occultés et d'autres auront la possibilité de s'exprimer d'avantage. Et nous ne seront plus "le même", du moins en apparence ! Nous changeons d'habitudes comportementales (7). Notre comportement s'agence et s'ordonnance de manière différente. 
On peut se demander si, pour se changer, il est absolument nécessaire de changer de situation (par exemple de conjoint, de profession, de contexte), ou si une forte émotion peut suffire. On peut espérer qu'une forte émotion puisse suffire. Mais ce n'est pas certain. Si l'émotion n'est pas suivie d'un changement de situation (ou d'un profond changement dans la manière de voir la situation), les anciennes habitudes reprennent vite le dessus. Chassez le naturel, il revient au galop !

 

La foi nous change-t-elle ?

Pour savoir si la foi peut nous changer, il faut se demander si ceux qui ont découvert la foi, autrement dit ceux qui se convertissent, changent, ou mieux, se changent par le fait même de découvrir la foi. 
Il y a incontestablement de nombreuses personnes qui ont profondément changé de vie lorsqu'elles ont découvert la foi. On pense à Saint-Augustin, à Saint-François d'Assise, et à bien d'autres. 
La conversion religieuse, au fond, c'est, d'abord et avant toute chose, une décision de se changer. Et ce changement peut se manifester de trois manières différentes :

>Tout d'abord la foi permet, me semble-t-il, d'accepter des renoncements et même de les vouloir. La notion de sacrifice est consubstantielle à la découverte de la foi. La découverte de la foi ne permet pas toujours d'embrasser une vie nouvelle, mais elle nous aide à sacrifier ce qui était le moteur de la vie passée : le plaisir, la gloire, l'ambition. La foi conduit indubitablement à une forme de renoncement. Elle conduit même à une sorte du goût du renoncement comme si le renoncement était la preuve que l'on se donne à soi-même que l'on a découvert la foi. Je fais des sacrifices, donc je crois. Je cesse de lire des livres pornos, je renonce à une liaison adultérine, j'abandonne un métier lucratif pour partir en mission, je verse à l'Eglise la dîme de mes revenus. C'est là le phénomène des vœux qui répond à un besoin de sacrifice.

>La foi permet-elle de découvrir un sens à sa vie ? De fait, la conversion survient souvent à un moment où on est saisi par l'absurdité de sa vie. Ainsi Saint-Augustin, avant d'adhérer au christianisme, avait vécu "une première conversion". En lisant un ouvrage de Cicéron, il avait été saisi par le sentiment de la vanité de l'existence et de toutes les espérances humaines. 
Mais la question est de savoir si, en se convertissant, on se guérit de ce sentiment de vanité et d'absurdité de la vie. C'est le cas pour certains mais pas forcément pour tous. En effet Saint-Jean de La Croix dit bien que c'est "la nuit" qui sut le guider (8), et que, même par la foi, il marche toujours de nuit. Pour moi-même, je dirai que ma conversion personnelle, à l'âge de seize ans, m'a permis plutôt d'accepter l'absurdité de la vie que je ressentais intensément. Cette absurdité a alors cessé d'être tragique. Et ce grâce à la découverte de la notion de "justification par grâce seule". Confesser sa foi, c'est reconnaître joyeusement que sa vie n'a pas de justification par elle-même (qu'elle n'a pas de sens par elle-même, qu'elle n'a pas de raison d'être par elle-même, qu'elle est absurde en elle-même) parce qu'elle n'a de justification que parce que Dieu, et Dieu seul, lui trouve un sens et lui donne un sens. Je m'en remets à Dieu pour ce qui est du sens de ma vie et du sens de ce que j'ai à faire. Et de ce fait je cesse d'être préoccupé par le sens, ou l'absence de sens, de ma vie. 
C'est, peut-on dire, la forme luthérienne de l'"amor fati", du consentement au destin. Il est certain que cela vous change : au lieu du souci de soi, une sorte de désinvolture joyeuse ; au lieu de l'angoisse d'avoir à trouver un sens à sa vie, une forme de sérénité à dire "vanité des vanités, et tout est vanité". La foi, c'est dire : je ne sais, Dieu le sait.

>Troisième changement possible par la découverte de la foi. On dit que la démarche de la foi permet d'"aller vers soi", vers sa vérité. Et on cite l'appel fait à Abraham "Quitte la maison de ton père, va vers toi-même" (9). Mais je ne suis pas sûr que la foi nous incite à aller vers "nous-mêmes". Elle nous incite plutôt à aller vers "le Christ" qui, par la foi, vit en nous (10).C'est plutôt aller vers une dépossession et une destitution de ce que l'on est par soi-même, ou, en tout cas, vers une sorte d'indifférence à ce que l'on est par soi-même. On est porté et conduit dans sa vie par un autre Maître que soi-même. Se changer, ce n'est donc pas tant devenir soi-même (même si ce soi-même a toujours été plus ou moins occulté par les circonstances, le devoir que l'on se donne et aussi la pression du regard des autres sur vous). Se changer par la foi, c'est aller vers l'étranger (ou l'Etranger) qui est en soi. C'est devenir d'une certaine manière, étranger à soi-même. On cesse de "faire un" avec soi-même. C'est devenir "étranger et voyageur sur cette terre" (Heb. 11, 13) et en particulier étranger à soi-même. 
Pour Simone Weil, le fait d'aimer l'étranger comme un autre soi-même implique que l'on ait à s'aimer soi-même comme un étranger (11) et à aimer l'étranger (l'Etranger?) qui est en soi.

Alain Houziaux


(1) Etant juif, il ne peut manger ce qui a un contact avec les cochons ou ce qui est destiné aux cochons.

(2) Il "rentre en lui-même" (Luc 15,17).

(3)On notera d'ailleurs que le père semble ne pas l'entendre de cette oreille puisqu'il accueille son fils en lui octroyant (on pourrait dire en lui imposant) la liberté, alors qu'il voulait être un simple serviteur.

(4) On notera d'ailleurs que le père semble ne pas l'entendre de cette oreille puisqu'il accueille son fils en lui octroyant (on pourrait dire en lui imposant) la liberté, alors qu'il voulait être un simple serviteur.

(5) Je rejoins ici la thèse de Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Seuil 2002 
Pour Jean-Pierre Dupuy, les prophètes d'Israël et Jésus lui-même ont bien eu raison de prédire la venue d'inéluctables catastrophes pour susciter dans le peuple d'Israël la décision de se changer et de se convertir. C'est la peur que font naître ces prédictions terrifiantes qui suscitera le changement, (et ainsi empêcheront ces catastrophes d'advenir). L'espoir d'une vie meilleure n'a jamais suscité de changement réel. En revanche la crainte et le tremblement sont efficaces. 
Jean-Pierre Dupuy donne l'exemple du livre de Jonas. Jonas a pour mission d'aller prêcher aux habitants de Ninive, ville païenne, opulente et impie, que leur ville sera détruite à cause de leur attitude. Et selon la lecture que Jean-Pierre Dupuy fait de ce livre, Jonas refuse d'aller prêcher aux Ninivites l'imminence de la destruction de leur ville parce qu'il sait que s'il accomplit sa mission, les Ninivites se convertiront. Or Jonas ne le souhaite pas, et c'est pourquoi il part dans une autre direction. Et lorsque, après plusieurs péripéties, il est contraint de retourner à Ninive pour délivrer son message "catastrophique", les Ninivites se convertissent et se repentent. Et la destruction de la ville n'a pas lieu. Ceci confirme pour Jean-Pierre Dupuy que la "prophétie de malheur est faite pour éviter qu'elle ne se réalise".

(6) Damascio a montré que l'émotion était indispensable à l'exercice de l'intelligence et de la volonté.

(7) Les employeurs l'ont bien compris. S'ils souhaitent que leurs employés changent et deviennent plus motivés par leur travail, il faut changer leur situation, c'est-à-dire les "règles du jeu" de leur travail. Il faut qu'ils aient des responsabilités, une zone d'autonomie. Il faut qu'ils participent à la définition des objectifs de leur travail.

(8) Cf. ses poèmes "En une nuit obscure" et "Encore que ce fut de nuit".

(9) Marie Balmary", dans "Le sacrifice interdit" a fait connaître cette traduction qui concilie la spiritualité, la psychologie et l'idéologie sous-jacente aux thérapies en développement personnel.

(10) Cf. Ephésiens 3, 17 et Galates 2, 20 ("si je vis, ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi").

  1. La pesanteur et la grâce, Plon 1948, page 71. 

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