Noël : origine et modernité. De la crèche à la génération Alpha
Accueil et Prière d'Ouverture du Culte
La grâce, la paix, la joie et l'espérance nous sont données de la part de Dieu notre Père, de Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.
Soyez les bienvenus vous tous et vous toutes pour ce temps de culte. Soyez les bienvenus à vous qui vous trouvez ici ce matin en présentiel. Et soyez les bienvenus, vous qui nous suivez aussi en distanciel. Et nous savons que vous êtes très nombreux de toute la France mais aussi à l'étranger parfois. Nous sommes en communion dans cette communion de l'espérance qui nous unit les uns aux autres.
Pour ouvrir ce temps de culte, nous nous plaçons dans la prière.
Oui Seigneur, en ce dernier dimanche de l'Avent, nous nous tournons vers toi. Nous te le demandons que ta parole soit une lumière sur notre vie, qu'elle éclaire notre chemin, qu'elle ravive notre joie et notre amour en Jésus-Christ. Amen.
Chants de Louange et Proclamation de la Fidélité de Dieu
Et nous nous levons pour chanter le premier spontané.
[MUSIQUE]
Oui sans fin Père éternel, nous chanterons ton amour, d'âge en âge, nous proclamerons ta fidélité. Oui, nous le disons, ton amour est établi pour toujours et ta fidélité est plus ferme que les cieux. Les cieux célèbrent tes merveilles, Seigneur, et l'assemblée des croyants, ta fidélité.
C'est l'amour qui rayonne de toi en ton fils Jésus le Christ. Heureux ceux et celles qui sauront t'acclamer tout le jour. Nous danserons de joie. Amen.
Et cette louange nous la poursuivons avec le psaume 81 et nous chantons les strophes 1, 2, 3, 4 et 7, psaume 81, 1 2 3 4 et 7. C'est Dieu qui nous a donné ce jour d'espérance, c'est ce que nous chantons aujourd'hui.
[MUSIQUE]
La Lumière dans les Ténèbres : Une Promesse d'Isaïe
Je vous invite à vous asseoir. Écoutons maintenant ce que Dieu attend de nous et cela à partir du chapitre 9, quelques extraits du livre du prophète Isaïe.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendit. Tu rends le peuple nombreux, tu lui accordes de grandes joies.
Car un enfant nous est né, un fils nous est donné. Et la domination reposera sur son épaule. On l'appellera admirable, conseiller, Dieu puissant, Père éternel, prince de la paix.
[MUSIQUE]
Les Ancêtres du Christ : La Généalogie selon Matthieu
David engendra Salomon de la femme d'Urie. Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abia. Abia engendra Asa. Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Yoram. Yoram engendra Ozias. Ozias engendra Joathan. Joathan engendra Achaz. Achaz engendra Ézéchias. Ézéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon. Amon engendra Josias. Josias engendra Jéchonias et ses frères. Ce fut alors la déportation à Babylone.
[MUSIQUE]
Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel. Zorobabel engendra Abiud. Abiud engendra Éliakim. Éliakim engendra Azor. Azor engendra Sadoc. Sadoc engendra Akim. Akim engendra Éliud. Éliud engendra Éléazar. Éléazar engendra Mattan. Mattan engendra Jacob. Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, que l'on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc 14 d'Abraham à David, 14 de David à la déportation de Babylone, et 14 de la déportation de Babylone au Christ.
Remonter jusqu'à Dieu : La Perspective de Luc
Jésus, à ses débuts, avait environ 30 ans. Il était fils, croyait-on, de Joseph, fils de Héli, fils de Mattath, fils de Lévi, fils de Melki, fils de Yanaï.
[MUSIQUE]
Fils de Hénok, fils de Yaret, fils de Malél, fils de Canan, fils de Enios, fils de Set, fils d'Adam, fils de Dieu.
Comment Raconter une Vie ? Le Défi des Évangélistes
Merci à Hélène et Rose pour cette lecture un petit peu difficile. Merci à vous pour votre écoute. Et bien nous chantons au 32 08 et nous chantons les deux strophes de ce cantique. À pleine voix chantons pour Dieu. 32 08 et nous chantons à pleine voix cette espérance de Noël dans laquelle nous entrons.
[MUSIQUE]
Chers amis, il paraît que pour commencer une histoire aujourd'hui en terme de communication moderne, et bien, il faut éviter toute longue introduction, il faut faire un droit au but, il faut choisir une petite histoire si possible très émouvante pour que l'auditeur soit d'emblé captivé. Et bien en terme de communication moderne donc, je ne suis pas certaine que Matthieu est pleinement réussi sa communication avec cette longue liste de noms que nous avons égrené tout à l'heure. Mais voilà, cela nous pose une question finalement. Lorsque nous racontons une histoire, l'histoire d'une vie, par où commencerons-nous ? Imaginez que vous deviez, que vous soyez appelé à raconter l'histoire de votre vie peut-être pour un petit enfant, un descendant, un ami ou que sais-je, par où allez-vous commencer ?
Allez-vous commencer par votre naissance ? Pourquoi pas ? Cela paraît logique, c'est un point de départ. Mais votre naissance, finalement, vous n'y étiez pas. Cette naissance, vous en savez quelques éléments, on vous l'a raconté, vous savez où cela s'est passé. Mais c'est à peu près tout, finalement. Alors, où commencer ? Peut-être qu'il faut commencer finalement plus haut. Peut-être que pour raconter votre vie, vous allez commencer par raconter l'histoire de vos parents, parce que sans cette histoire, sans leur rencontre, sans leurs amours, et bien vous ne seriez pas là. Alors, vous allez peut-être commencer par oui, la génération précédente. Et pourquoi pas, peut-être aussi par la génération encore précédente, celle de vos grands-parents. Oui, voilà, un choix possible, remonter aux parents, aux grands-parents ou peut-être un peu plus loin encore.
Une autre manière de raconter l'histoire, ce serait de partir d'un événement dans votre vie qui vous a profondément marqué, qui a marqué un temps de bascule, un événement, un événement peut-être. C'est ce que choisit par exemple l'évangile de Marc. Si vous regardez l'évangile de Marc, pas de longue généalogie. Non, Marc, lui, il fait un droit au but. Au bout de quatre versets, on est directement dans l'action de Jésus, dans son ministère. Ce qui intéresse Marc, c'est l'action, la parole que Jésus a posée, peu importe finalement l'enfance. Et puis peut-être que vous commencerez aussi à quelque chose d'autre qui a tout changé dans votre vie. Alors, je disais, ça peut être un événement, mais ça peut être aussi un amour, ce peut être une naissance, que sais-je encore. Oui, par où commencer pour raconter une vie ?
Alors, je vous le disais, Marc choisit directement l'action. Si vous regardez l'évangile de Jean, et bien vous verrez que lui essaie de donner d'emblée une dimension d'éternité. Puisque voilà, raconter l'histoire de Jésus est impossible puisqu'elle s'insère dans cette longue liste des générations. Et bien, l'évangile de Jean lui donne un goût d'éternel à cette naissance. Il rappelle au commencement. Au commencement était la parole. Ce n'est pas le commencement de la généalogie, non. C'est le commencement de tout événement. Matthieu et Luc vont donc jouer le risque des générations. Matthieu surtout. Et pas sûr, comme nous l'avons entendu, que c'était le bon choix. Et nous nous sommes même arrêtés un peu avant la fin de cette généalogie au début, tant elle semblait longue à égrener.
Luc, lui, ne fait pas ce choix-là. Luc choisit de commencer par raconter, vous savez, l'histoire de Marie, l'histoire d'Élisabeth. Il raconte une saga familiale. Il cherche à captiver son lecteur. Et ce n'est qu'à la fin, au chapitre 3 de cette histoire, de cette saga familiale, qu'il va tenter d'insérer cette généalogie. Matthieu, lui, donc, prendra donc ce risque un peu difficile en matière de communication de commencer par cette longue généalogie, de raconter cette histoire en remontant donc les générations. Mais raconter une histoire en remontant les générations est-ce si simple ? Parce que finalement, il faut à chaque fois choisir un angle, il faut à chaque fois choisir un point de vue. On ne peut pas remonter toutes les générations de chaque côté. Donc, d'emblée, celui qui écrit une généalogie, et bien, pose un choix, un choix sur les ancêtres qu'il va mettre en valeur, un choix sur la lignée qu'il va choisir de tracer et c'est ce que fait Matthieu.
Pourquoi les Généalogies Comptent : Chaque Personne a sa Place
Alors, je vais commencer par essayer de réfléchir un peu au sens général de ces généalogies. Qu'est-ce qu'elles peuvent bien vouloir nous dire ? Et puis ensuite, nous nous arrêterons un peu plus sur le choix que fait Matthieu, sur les spécificités de la généalogie de Matthieu, puisque comme je vous le disais, écrire une généalogie, c'est forcément faire des choix. Matthieu et Luc ne font pas les mêmes choix. Alors tout d'abord, je crois que le plus important de la généalogie, la première fonction de la généalogie, c'est de dire que chacun et chacune d'entre nous compte. La première fonction de la généalogie, c'est peut-être de donner sa place à chaque personne, même si évidemment, je vous le disais, nous faisons des choix.
Lorsque vous avez entendu Hélène et Rose égrener la généalogie, peut-être auriez-vous souhaité que l'on passe allègrement par-dessus quelques noms comme nous l'avons fait d'ailleurs pour l'évangile de Luc pour achever cette longue lecture. Mais imaginez un instant que vos descendants racontent l'histoire de votre famille et disent \"ces ancêtres-là, ils ne comptent pas, on passe dessus, on va aller plus vite, on oublie leur nom\". Vous seriez peut-être finalement un peu vexé. à postériori, vous ne seriez pas là pour le voir bien entendu. mais peut-on oublier certains ? Est-ce que chacun n'a pas sa place, une place essentielle, une place comme les autres, la même place pour chacun dans cette généalogie. La première fonction d'une généalogie, c'est peut-être de donner à chacun sa place.
Et puis c'est aussi de rappeler et nous en avons besoin que nous ne naissons pas de nous-mêmes, que notre vie n'est pas une génération spontanée. Si nous prenons par exemple l'histoire des technologies, et bien, est née d'internet et ensuite avant des ordinateurs et ensuite encore des premières machines et nous pourrions peut-être remonter jusqu'à la Pascaline, la machine à calculer de Pascal, que sais-je encore. Et bien dans la succession des générations, la généalogie vient nous rappeler que notre vie n'est pas une start-up. D'ailleurs, toute start-up aujourd'hui a son incubateur. Ainsi, la généalogie nous replace en humilité, elle nous fait ouvrir nos mains sur ce que nous recevons des générations précédentes.
Faire la Paix avec son Histoire : Imperfections et Adoption
Très bien, nous nous situons donc en humilité et nous recevons au travers des généalogies, tout ce que les générations précédentes ont préparé, nous ont légué. Mais finalement, réfléchir à cette généalogie, n'est-ce pas s'agripper au passé ? N'est-ce pas que le plus important à vivre ne serait-ce pas le présent ? D'ailleurs, si certains ont peut-être, je ne sais pas pour vous, des filiations prestigieuses, il faut aussi reconnaître que nos ancêtres ont aussi leur poids. un poids parfois bien encombrant, un poids pas toujours très facile à porter. Aïe mes ancêtres, c'est le nom d'un livre qui explore d'ailleurs le poids du transgénérationnel car porter cette longue succession de générations, ce n'est pas toujours simple et nous ne sommes pas toujours d'accord avec les choix de nos aieux ou des générations précédentes.
Et bien, rassurez-vous, c'est exactement ce qui transparaît dans les généalogies, qu'elles soient de Matthieu et de Luc. Dans la généalogie de Jésus, on va s'attarder plutôt sur Matthieu, il n'y a pas que des belles histoires. Tamar couche avec son beau-père, Rahab est une prostituée, Marie donc sera enceinte. Le roi Salomon qui est cité est connu certes pour le prestige de sa royauté, mais aussi pour son harem impressionnant. Bref, la généalogie de Jésus, ce n'est pas vraiment seulement une succession de belles histoires. Dans toute cette généalogie, oui, il y a de belles histoires, mais il y a aussi des histoires sombres.
De plus, non seulement cette généalogie n'est pas parfaite, mais surtout, c'est une généalogie d'adoption. Parce que Jésus est dit fils de Joseph qui était l'époux de Marie et Joseph donc adopte Jésus. Voilà qui, je crois est un immense soulagement pour ceux et celles qui peut-être ne peuvent pas remonter leur arbre généalogique. Voilà qui nous dit que l'histoire de la filiation humaine, certes, c'est l'histoire de la filiation du sang, c'est l'histoire de la filiation charnelle lorsque nous connaissons notre histoire familiale. Mais c'est aussi et peut-être surtout une filiation spirituelle, la filiation de ceux et celles qui nous ont fait naître à nous-mêmes et pas seulement physiquement, un peu peut-être comme un professeur éveille le goût des sciences chez ses élèves, un peu comme une famille d'accueil va s'engager pour un enfant.
Il n'y a pas que la généalogie des liens du sang, il y a aussi tout ce qui nous porte, qui nous fait advenir, ceux et celles qui s'engagent autour de nous et c'est aussi ce que nous dit, je trouve magnifiquement cette belle généalogie de Matthieu, qui nous autorise donc aussi à nous dégager du poids de nos ancêtres, lorsque cela est nécessaire, à chercher ce qui fut bon, ce qu'il est bon de garder et ce qu'il est bon de laisser de côté. Oui, cette généalogie pas toujours honorable de Matthieu, nous aide donc peut-être à faire la paix avec nos histoires propres. Car oui, les histoires de notre famille ne sont pas parfaites. Oui, certaines sont belles, d'autres sont lourdes. Mais ce que nous dit cette généalogie, ce n'est pas que l'histoire soit parfaite. L'important, c'est la manière dont nous allons nous débrouiller avec cette histoire, la manière dont nous allons donc investir cette histoire du passé pour qu'elle devienne notre propre histoire.
Entre Héritage et Nouveauté : Prendre sa Part dans l'Histoire
Alors, je disais que notre vie n'était pas une start-up. Et bien, je module un petit peu. car avec chaque vie, certes, notre vie n'est pas une start-up, puisque nous voyons que nous nous insérons dans une longue succession de générations, mais avec chaque vie et c'est heureux, vient aussi du neuf du possible. Et oui, l'incubateur de notre histoire est plus ou moins heureux, mais voici qu'il m'appartient aussi de prendre ma propre part dans l'histoire et prendre ma part dans l'histoire, ce n'est pas forcément la magnifier au passé, dans le cas des transmissions toxiques par exemple, prendre ma part dans l'histoire, c'est faire en sorte que cette histoire ne se répète pas. C'est mettre en mots des non-dits du passé. Oui, c'est prendre une part active dans cette transmission, raconter son histoire, comme je le disais, c'est donc savoir ce que l'on veut garder d'hier et ouvrir vers demain.
Matthieu et Luc font des choix différents dans la généalogie de Jésus. Nous y reviendrons tout à l'heure. Voilà donc si notre vie n'est pas une start-up, elle contient aussi du neuf, du neuf pour que nous nous approprions l'histoire d'hier, du neuf pour que nous nous approprions l'histoire d'hier, du neuf aussi pour nous tourner vers le futur, vers ce que nous voulons transmettre aux générations suivantes. Et ces généalogies finalement, elles ne nous invitent pas seulement à l'humilité en nous souvenant que nous venons de plus loin que nous-mêmes. Elles ne nous invitent pas seulement à investir pleinement le présent, elles nous disent aussi que nous serons suivis comme nous avons été précédés. Oui, nous serons suivis comme nous avons été précédés.
N'y a-t-il pas là une magnifique espérance ? Alors, me direz-vous, nous n'avons pas tous des enfants, mais il n'y a pas une seule forme d'engendrement ou de fécondité dans l'existence. Chaque vie, je le crois, a sa fécondité, possiblement par la filiation, mais aussi par l'amour, par la joie, par un don artistique, que sais-je encore ? Il y a toutes sortes d'engendrement possible, il y a toutes sortes de naissances à la vie, à l'existence et à l'espérance. Voilà ce à quoi nous sommes appelés, prendre pleinement notre part, notre part de cette vie qui nous est donnée pour que nous transmettions peut-être à nos descendants charnellement, mais aussi à ceux et celles que nous allons croiser dans notre existence pour que nous transmettions cette force de vie qui nous est confiée.
Jésus, Fruit d'une Longue Histoire d'Espérance
Donc, première leçon, première leçon de ce long évangile de Matthieu et de ce petit bout de Luc que nous avons écouté. Une leçon finalement de sagesse humaine, une leçon de philosophie ou de psychologie. Oui, les généalogies nous remettent à notre place, avec humilité, avec élan pour le présent et avec espérance pour le futur. Oui, la vie nous disent ces généalogies est bien plus grande que nous-mêmes et c'est heureux. Voilà que nous sommes appelés à prendre notre place, seulement notre place, mais toute notre place. Voilà ce que nous dit donc cette généalogie.
Alors, cette leçon de sagesse, de philosophie humaine, point n'est besoin d'évangile pour dire cela, et bien elle s'applique à nos vies et elle s'applique bien sûr à Jésus. Et c'est ce qu'essaie de dire Matthieu et Luc. Jésus, que d'emblée dans l'évangile qui est d'emblée dans l'évangile est confessé Christ, nous disent ces généalogies n'a pas surgi à la manière d'une génération spontanée, comme je le disais, ça n'est pas une start-up du ciel, ni un héros qui aurait surgi d'un caprice bienveillant des cieux. Jésus est précédé, porté, nourri par une histoire, une longue histoire, l'histoire de tout ce peuple juif qui va être son histoire et c'est dans cette histoire que s'enracine du coup aussi notre propre histoire.
Mais bien évidemment, ce que cherche à faire Matthieu et Luc, ce n'est pas à pointer la généalogie humaine de Jésus car finalement, on peut parier que ils ne la connaissent pas exactement. Et d'ailleurs, il y a de grandes différences entre la généalogie de Matthieu et celle de Luc. La liste des ancêtres n'est pas exactement la même. Au moment de David notamment, les chemins se séparent. Chez Matthieu, et bien on évoque David et puis ensuite le roi Salomon et ensuite une succession de rois. Chez Luc, et bien la descendance passe par la voix des prophètes. On passe de David à Nathan et puis à une succession de prophètes. L'un et l'autre cherchent donc à nous dire un message particulier, celle de la transmission d'une espérance que ces généalogies vont incarner.
Transmission d'une espérance, oui. Nous pouvons y réfléchir pour nous-mêmes. Si nous réfléchissons à cette généalogie d'espérance dans laquelle et bien nous nous insérons, et bien vous pouvez vous poser la question pour vous, qui vous a transmis cette espérance ? Qui fait que vous êtes ce matin assis sur ce banc de l'église ? Qui a fait que vous serez là peut-être le 24 à la veillée pour chanter les cantiques ou le 25 au matin pour réveiller Noël ? Que vous chanteraiez peut-être aussi chez vous quelques cantiques autour du sapin, peut-être avec des amis, peut-être avec des petits enfants. Oui, dans quelle généalogie d'espérance, est-ce que vous vous insérez ? Est-ce une figure parentale, un grand-parent, un moniteur d'école biblique, un ami qui a conduit votre chemin et de quelle manière vous-même vous enrichissez par votre foi et bien la foi et l'espérance de ceux et celles qui vous entourent.
Transmettre l'espérance, et bien c'est ce projet de Matthieu et de Luc qui donc ne le raconte pas de la même manière, un peu comme chacun dans l'histoire d'une famille raconte sa généalogie à sa manière en insistant sur telle ou telle figure. Si vous prenez l'aîné d'une famille et si vous prenez le petit cadet, vous avez sûrement tous fait cette expérience, et bien vous ne raconterez pas la même chose, loin s'en faut. Vous raconterez des choses différentes parce que vous n'aurez pas vécu les mêmes choses.
Le Code de Matthieu : Abraham, David et le Chiffre 14
Alors, attardons-nous un petit peu sur la généalogie de Matthieu, celle que nous avons lue en entier. Peut-être avez-vous remarqué que Matthieu insiste sur deux figures clés, Abraham et David. Pour Matthieu, commencer avec Abraham, c'est dire d'emblée que nous faisons partie de ce peuple, de cette figure tutélaire qu'il cite dès le début de sa généalogie. Commencer la généalogie avec Abraham, c'est inviter le lecteur à mettre ses pieds dans ceux d'un homme qui a tracé un chemin d'espérance sur la poussière de la route, qui a osé quitter des loyautés peut-être trop paralysantes en se mettant en chemin, qui s'est détourné des idoles de son temps pour commencer à balbutier la foi en le Dieu en au Dieu un. En prenant Abraham comme point de départ, et bien Matthieu, d'une certaine manière, nous invite à nous remettre en chemin. Nous dit que la foi, c'est aussi le chemin d'une vie qu'à la suite d'Abraham, nous sommes invités nous aussi à lever les yeux vers les étoiles, à voir la vie plus grande et plus belle que ce que nous en discernons.
Et puis, comme je le disais, Matthieu a écrit pour des judéo-chrétiens, son projet était aussi de faire comprendre à ses lecteurs que Jésus incarne l'espérance du peuple dont il est issu. Matthieu insiste donc sur cette matrice, la matrice du peuple juif qui a nourri profondément Jésus. Jésus qui va être porté par toutes ces paroles du premier Testament pour annoncer une espérance renouvelée. Si vous avez remarqué, Luc, lui, a fait remonter Jésus à Adam et derrière Adam, à Dieu lui-même, rien que cela. Par cette généalogie-là, Luc choisit de nous rappeler que l'histoire, toute histoire, notre histoire, mais aussi notre histoire familiale, notre histoire religieuse, notre histoire nationale, toute histoire, raconter une histoire, raconter toute histoire, c'est s'insérer dans l'histoire humaine en général. Et je crois que nous avons bien besoin aujourd'hui d'entendre à l'heure des intégrismes et des discours haineux les uns sur les autres, que finalement, nous sommes tous fils et filles d'Adam dans cette humanité commune qui nous relie, cette humanité qu'il nous faut partager les uns avec les autres.
Alors, revenons à Matthieu. Matthieu qui nous raconte trois fois 14 générations. Peut-être avez-vous réfléchi pourquoi trois fois 14 générations. Alors 14, 14, ça n'est pas très difficile. 14, c'est 2 x 7, vous êtes tous suffisamment mathématiciens pour le savoir. 7, c'est le chiffre de la création, le chiffre de l'accomplissement. Deux fois 14, enfin 2 x 7, pardon, qui donne 14, et bien c'est redoubler l'accomplissement, c'est une manière de dire que oui, Jésus est celui qui vient accomplir toutes les promesses du premier Testament. Et puis ce chiffre 14, c'est aussi insister sur une figure, la figure du roi David, qui est le deuxième personnage essentiel, celui sur lequel Matthieu insiste. Vous le savez peut-être, dans l'hébreu, il y a un jeu entre les lettres et les chiffres et euh le nom David a pour correspondance numérique le chiffre 14. Donc faire trois fois 14 générations, c'est rappeler la présence de David et c'est annoncer à chacun que Jésus est un nouveau David, un nouveau roi, un roi bien au-delà de nos pouvoirs politiques, un roi à la couronne d'épines, un roi qui a pour sceptre une parole de grâce, mais oui, un roi qui vient régner par sa parole sur nos cœurs.
Trois fois 14 générations, donc 14, le chiffre de l'accomplissement, de la royauté spirituelle et trois alors, qu'est-ce que cela signifie ? Vous le savez, trois c'est le chiffre de la résurrection. Jonas reste 3 jours dans le ventre du poisson et il faut 3 jours pour que Jésus ressuscite. Est-ce une manière pour Matthieu de nous dire que si Jésus vient à la fois tout accomplir, il vient aussi faire toutes choses nouvelles, tout ressusciter, ressusciter en nos cœurs la joie, l'espérance, l'amour, que sa parole sera source de renouveau, d'élan vers demain, qu'il nous réinsère vers cette transmission d'une certaine manière d'espérance que la généalogie vient souligner. Oui, voilà ce que fait Matthieu, il nous parle d'accomplissement avec ce chiffre de 14, mais il nous parle aussi de renouveau. Cette naissance, nous nous ne faut pas que nous la fêtions au passé, mais nous sommes invités à la célébrer au présent. C'est aujourd'hui qu'il s'agit de naître pour chacun et chacune d'entre nous, de naître ou de renaître à la foi, c'est-à-dire à la confiance en Dieu, de naître et de renaître à l'espérance, à la joie et à l'amour.
Le Mystère des 41 Générations : Quelle est Votre Place ?
Alors, nous voici chez Matthieu avec 42 générations et j'en ai presque fini. Mais si vous recomptez attentivement chez vous, comme le soulignait Louis parce que je ne l'avais pas remarqué, et bien vous verrez qu'il n'y a finalement que 41 générations. Il manque une génération. Voilà, alors qu'est-ce qu'on en pense ? Pense-t-on que Matthieu a été inattentif lorsqu'il a copié cette longue liste de noms ? Et bien si nous pensons aux soins qu'il y a mis, je crois que c'est tout simplement impossible. Que signifie donc cette absence, cette absence du dernier, enfin d'un maillon de la chaîne, pour qu'il n'y ait que 41 générations sur les 42 annoncées.
Alors, il y a deux manières de réfléchir possibles et puis peut-être que vous en trouverez d'autres, peut-être que vous aurez d'autres idées. La première, c'est de considérer que dans toutes nos générations, que ce soit nos générations familiales, nos générations du sang ou nos générations spirituelles, celles qui nous ont mis en route, celles qui nous font vivre dans l'espérance, et bien dans toutes ces générations, il y a du manque finalement. Car oui, aucun de nous n'a une foi parfaite. Cette foi, elle est traversée par le doute, par la peur, parfois, par la question. Et nos généalogies familiales ne sont pas non plus, loin s'en faut, nous l'avons dit, des généalogies parfaites. Et l'histoire humaine, c'est aussi de se construire avec ce manque. Car c'est ce manque qui fait surgir le désir, c'est ce manque qui nous met en route, c'est ce manque qui nous responsabilise dans notre propre histoire. Ce plein d'espérance, de foi, de joie, d'amour que nous cherchons, et bien, c'est peut-être à nous de le prendre en main si tout ne nous est pas donné, mais jamais, cela n'existe pas, jamais le tout nous est donné, même dans la foi, dans la confiance et dans l'espérance.
Et puis la seconde possibilité, la seconde interprétation, c'est que nous sommes peut-être finalement, cette 42e génération, c'est peut-être que ce chaînon manquant, c'est la place du lecteur, c'est la place de celui qui cherche aujourd'hui encore les chemins de l'espérance, de la joie. Peut-être que Matthieu fait subtilement place à chacun et chacune d'entre vous ce matin.
Un Message pour Aujourd'hui : La Généalogie face à l'Immédiateté
Alors, à l'heure de la génération β comme je le disais avant que nous écoutions nos lectures bibliques, cette histoire, cette histoire du passé, cette histoire de génération, a-t-elle encore du sens à l'heure de la génération β. Cette génération, elle a commencé au 1er janvier 2025, elle s'achèvera en 2039 et l'on dit que ce sera forcément la génération qui aura connu aussi bien le virtuel que le réel, aussi bien l'intelligence humaine que l'intelligence artificielle. Ce sera donc une génération qui sera habituée au spontané si je puis dire, à la spontanéité mais aussi à l'immédiateté puisque si vous posez une question à l'IA, si vous lui demandez un calcul savant par exemple, et bien ou de résoudre un problème, et bien en quelques clics, en quelques secondes ou quelques dizaines de secondes pour les questions les plus difficiles, vous avez une réponse, là où il fallait parfois des heures de notre raisonnement intellectuel pour tenter de répondre à une question difficile.
Alors donc de cette génération qui va grandir dans cette immédiateté et cette spontanéité, pouvons-nous penser que cette longue liste des générations aura encore du sens et Noël sera-t-il encore l'invitation à fêter la joie, l'amour et l'espérance ? Et bien oui, je le crois, d'abord, c'est mon rôle et ma fonction, donc j'espère que voilà, vous vous attendez forcément à ce que je fasse cette réponse-ci. Oui, je crois que cette longue liste des générations aura encore du sens si tant est que l'on veuille bien bien sûr s'y pencher, car en tout temps, de toute manière, que nous soyons de la génération des baby-boomers, que nous soyons de la génération Y, Z, Alpha ou β, en tout temps, de toute manière, nous avons besoin de réfléchir à ce qui est source, source d'amour, source de joie, source de profondeur, source de sens dans nos existences. Et cela, l'IA ne peut pas le donner. Alors oui, je crois que cette histoire de Noël, cette histoire de berger, cette histoire de Santon, cette histoire de mouton, et bien, aura encore du sens pour nous inviter à entrer dans cette généalogie d'espérance avec humilité, porté par cette longue chaîne de témoins, et avec espérance aussi dans cette transmission qui se continue de génération en génération. Oui, je crois, dans ce chaînon manquant de Matthieu, qu'il y aura encore de la place pour les générations β, γ, δ, et cetera. Amen.
[MUSIQUE]
Prière, Annonces et Bénédiction Finale
Et bien, je vous invite à vous lever et nous chantons le cantique 32 22 au peuple fidèle Jésus vous appelle. C'est nous qui sommes appelés aujourd'hui, nous prenons notre place dans cet élan et nous chantons les trois strophes de ce cantique 1, 2 et 3. 32 22, c'est page 372.
[MUSIQUE]
Oui, Père, nous t'en prions, répands ta lumière sur tous ceux et toutes celles qui dans la nuit du doute ou du découragement te cherchent sans pouvoir te nommer. Toi le prince de la paix, suscite entre les hommes le désir d'instaurer une paix juste et durable. Fais de nous des artisans de justice, des semeurs de paix, fais de notre vie une terre d'accueil. Toi l'espérance de tous ceux et toutes celles qui souffrent, nous te confions dans la prière tous les grands malades, tous ceux et toutes celles qui pour quelque raison se sentent tristes, délaissés ou méprisés. Oui, Père, nous te le demandons, reçois nos prières et que la lumière de Noël soit pour tous et toutes une source de joie et d'espoir. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur, et toutes les prières qui nous habitent, nous les rassemblons pour te dire ensemble d'une même voix, cette prière que Jésus lui-même nous a enseignée. Nous disons notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal, car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Et je vous invite à vous lever pour recevoir la bénédiction.
Alors, tout d'abord vous dire que à la sortie, il y a une deuxième collecte et que cette collecte, vous le savez, est destinée au diaconat, c'est-à-dire à notre action d'entraide et que la collecte de ce jour soutiendra le CASP, le centre d'action sociale protestant qui vient en aide aux plus défavorisés, ceux et celles qui se trouvent dans la bri dans la rue ou sans abri donc. et pour les familles justement tout particulièrement pour les familles, les enfants qui sont en situation de précarité. Ensuite vous dire que nous n'allons pas chanter le spontané habituel en sortant. Nous allons chanter le cantique 32 37 que vous pouvez ouvrir d'ores et déjà, c'est page 394. Alors pourquoi ? Et bien parce que nous parlons de naissance et en toute chose, il faut de l'ancien et du neuf. Donc ce cantique, vous ne le connaissez peut-être pas, on m'a dit sûrement pas même. Et bien ce n'est pas grave, nous allons essayer de l'apprendre ensemble. Alors je ne vais certainement pas vous guider avec ma voix mélodieuse aujourd'hui. Il va falloir que vous chantiez de vous-même et Lise très gentiment a accepté de le jouer une fois en entier. Donc on va écouter la première strophe ensemble. Ensuite, je fais un petit changement, Lise nous allons chanter les strophes 1 et 4 en français. Donc 1 et 4 en français. Et comme je ne suis pas désespérée et Lise me l'a demandé, elle m'a dit c'est beaucoup plus joli en anglais. Ensuite, on chantera la première strophe en anglais. Et à la fin, vous le connaîtrez certainement par cœur. D'ailleurs personnellement, je crois que vous le connaissez parce que c'est une mélodie qu'on entend beaucoup, c'est un Christmas Carole. Bon et si c'est un échec complet, c'est pas grave, on s'arrêtera au milieu, ça sera pas très grave. Voilà. Voilà pour ce que nous allons faire après la bénédiction donc 32 37, page 394. On l'écoute une première fois, ensuite on chante la strophe 1 et 4 et ensuite on chante la 1 en anglais pour mettre les bonnes paroles beaucoup plus mélodieuses d'après donc Lisbeth. Je vous donne la bénédiction avec cette parole de l'ange du haut du ciel aux bergers. Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix à vous sur cette terre et au monde que Dieu aime, allez dans la joie de Noël. Voilà, nous sommes déjà dans cette joie à quelques jours près et bien que cette joie vous porte sur vos chemins, vous et vos familles. Amen.
Et nous écoutons donc le 32 37, 32 37 page 394, une fois avant de chanter.