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Tu sauves les hommes et les bêtes... (Ps. 36)

Prédication prononcée le 30 août 2020, au temple de l'Étoile à Paris,
par le pasteur Louis Pernot

Le psaume 36 n’est pas le plus connu, il n’est pas de ceux que l’on aime, comme le psaume 23 : « l’Éternel est mon berger », ou le 27 : « l’Éternel est ma lumière et mon salut ». Il fait partie de tous ces psaumes sans intérêt particulier qui nourrissent néanmoins notre prière et soutiennent notre vie spirituelle. Comme les autres, on peut le lire ainsi sans se poser trop de questions, juste se laisser pénétrer par ce texte spirituel parmi d’autres qui touche notre foi. Mais on peut aussi le regarder de plus près, et voir que derrière ce langage religieux ressemblant un peu à de la langue de bois d’Église, se trouvent des affirmations essentielles et des enseignements absolument fondamentaux.

Déjà le premier verset :

1. De l’excellent, du serviteur de l’Éternel, de David.

Trop souvent négligé, ce verset est même parfois omis dans certaines traductions comme s’il n’avait aucun intérêt. Dans d’autres, il est mis en italiques comme s’il s’agissait un titre ajouté par l’éditeur. Mais c’est une erreur. Il s’agit du premier verset de notre psaume, et il faut partie de la parole de Dieu.

Dans les traductions habituelles il est traduit par « Au chef de chœur. Du serviteur de l’Éternel, de David. » comme si le psaume s’adressait à un chef de chœur, de la part David, serviteur de l’Éternel. Mais c’est tordre le texte qui, lui, a mis trois fois la même préposition désignant l’appartenance, c’est donc le chant du chef de chœur, du serviteur de l’Éternel et de David. Or ce qui est traduit par « chef de chœur » est littéralement « l’excellent », (et les traducteurs ont supposé que le meilleur on le nomme chef ! C’est parfois vrai, pas toujours !). Ce psaume est donc le chant de celui qui excelle dans le service de l’Éternel et dans l’amour (puisque si « David » est un nom propre, le mot, lui-même, signifie l’« amour »). Et Dieu est appelé là par le tétragramme : YHWH, c’est le nom qui est donné à Moïse au Buisson Ardent, c’est le Dieu de grâce par excellence. Ce Dieu qui dit à Moïse qu’il a choisi d’aller libérer le peuple sans aucune condition, ou mérite exigés. Juste parce qu’il a vu sa souffrance et qu’il a compati.

Il n’est donc pas question de trois personnes, mais d’une seule représentant le summum du croyant qui est d’être à la fois au service du Dieu de grâce et de l’amour. Voilà la base de tout : la grâce et l’amour. Aimer, et être au service de la grâce dans ce monde, de la gratuité, c’est tout le programme de l’Évangile. C’est aussi une mission, qui apporte beaucoup, mais qui n’est pas commode non plus, il y a bien des obstacles intérieurs et extérieurs qui tendent à nous en empêcher.

Le psaume commence par ces obstacles avec les versets 2 à 5. On y trouve une description du méchant, ce qu’il faut dépersonnaliser, il ne s’agit pas d’essayer de trouver qui serait visé en particulier, mais ce qui est décrit, c’est tout le mauvais, le mal, les tentations qui menacent le juste, tout le mal qui se trouve en nous-mêmes et qui nous menace de l’intérieur. Après seulement il y aura la description du juste, c’est à dire de tout ce qui peut être bon en nous, et de ce que peut nous apporter la juste relation à Dieu.

2 Parole révoltée du méchant : dans son cœur pas de peur devant l’Éternel

« Parole de... » L’expression utilisée là l’est normalement dans les prophètes quand ils disent une révélation de Dieu : « parole de l’Éternel ». C’est un marqueur prophétique. Ici l’on voit que pour le méchant, la référence n’est pas la parole de Dieu, mais sa parole à lui. Le méchant prend sa propre comme référence et il évacue Dieu. Et puis il se laisse dominer par la révolte, le mal, l’aigreur. Pour moi, ma référence, ce n’est pas « ma parole », mais la parole de Dieu qui n’est pas une parole de violence, mais une parole de paix et d’amour.

Il est de toute façon toujours dangereux de se prendre soi-même comme référence, c’est le sens du péché originel. Ève prend le fruit et le déclare universellement bon parce que ce fruit lui plait. Or voici, on ne peut pas juger par rapport à soi-même et prendre son plaisir pour mesure du bien et du mal. Ce qui est bien ou mal l’est par rapport à l’universel, par rapport aux autres, par rapport au Dieu de l’Univers et non par rapport à soi. L’essentiel n’est donc pas ce que je ressens moi, mais c’est l’universel, non pas ma propre parole, mais la parole de Dieu qui est une parole de vie. Il vaut mieux s’écouter un peu moins et écouter plus Dieu !

3 Il se flatte à ses propres yeux et ne peut trouver sa faute pour la haïr

Le problème du méchant, c’est soit qu’il se voie d’un œil trop flatteur, ou il se trompe lui-même, et dans tous les cas, ne voit pas sa propre faute pour la déplorer. Or c’est son imperfection qui pose problème à celui qui prétends être le centre du monde. Si je fais de moi-même le sens de ma vie ; mon bonheur, mon plaisir ma seule raison de vivre, alors ma faute, mon imperfection sont impensables, on ne peut pas tout construire sur l’erreur. Prendre conscience de son imperfection est la base pour aller chercher plus loin que soi et savoir qu’on ne peut pas trouver salut en soi-même.

Et ce refus de voir son imperfection se fait soit par naïveté, soit en se divisant soi-même (le verbe traduit par « flatter » signifie aussi « diviser »). Le méchant égocentré ne voit en lui que le bien, et dans une sorte de division de lui-même, met à part tout ce qui ne va pas. Il ne voit en lui que le bon côté des choses et n’assume pas le mal qui est en lui et qui est constitutif de sa propre personne au point que cela démontre qu’il ne peut pas être Dieu, ni le centre de lui-même.

4 Les paroles de sa bouche sont iniquité et tromperie, il renonce au discernement et à faire le bien

Ainsi est le méchant : il profère des paroles d’iniquité, de tromperie, et il fait le mal. Mais remarquons l’ordre : d’abord les paroles injustes et trompeuses, puis le manque d’intelligence, et finalement les actes mauvais. Le méchant commence par dire des choses fausses, mauvaises, trompeuses. Or indépendamment de tout acte concret de mal, les paroles peuvent faire infiniment de dégâts ! Les actes sont violents, mais les paroles peuvent faire aussi beaucoup de mal, et amener à la violence.

Et le pire : c’est de renoncer au discernement. En toute chose, il faut essayer de comprendre, de soupeser le bien et le mal ; Il n’y a pas de recette miracle, tout est complexe. Il faut toujours et sans cesse réfléchir, analyser, soupeser, c’est le seul moyen de faire le moins de mal possible. Et cela n’est jamais fait une fois pour toute, chaque situation est différente, et le bien et le mal sont toujours mélangés, il faut donc sans cesse chercher à discerner pour trouver le moindre mal ou le meilleur bien.

5 Sur son lit il calcule l’iniquité, il se tient sur un chemin qui n’est pas bon, et ne rejette pas le mal

« L’iniquité, il la calcule sur son lit »... donc quand il n’agit pas encore. On était déjà remonté des actes aux paroles, et on va encore plus en profondeur : on voit que le mal faire a des racines profondes dans les pensées en amont. Les actes ne sont que les conséquences de ce que nous croyons et pensons. C’est ce que dit à diverses reprises le Christ dans l’Évangile : « l’homme bon tire le bon du bon trésor de son cœur » (Matt. 12:35) et « on reconnaît un arbre à ses fruits ». C’est pourquoi l’Évangile n’est pas une morale : il ne s’agit pas d’essayer de contraindre la personne à faire le bien et à ne pas faire le mal, mais de l’inviter à convertir son cœur. On ne peut pas contraindre en effet un mauvais arbre à donner du bon fruit, il faut juste qu’il change de l’intérieur. C’est aussi le sens de tout le sermon sur la montagne de Jésus (Matthieu 5 à 7) où il passe sans cesse de l’acte à la pensée qui est en amont : ainsi : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Mais moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. » (Matt. 5:27-28). Saint Augustin avait bien compris cela qui a écrit : « dilige et quod vis fac » : « aime et fais ce que tu veux ». C’est donc quand on est couché dans son lit que tout se joue : avant tout acte concret qu’est-ce qui structure ma pensée, vers où la tournai-je ? Et là le mieux à faire, c’est ce qu’on enseigne aux enfants : quand je suis dans mon lit me préparant à la journée qui vient que fais-je ? Je prie Dieu, je cherche la paix, je me remplis d’amour et de grâce ? Voilà peut-être les devoirs que nous avons à faire : en amont de nos actions et de notre vie concrète.

Et puis le méchant se tient sur un chemin « pas bon ». Il n’est pas encore vraiment en marche vers le mal, mais déjà se tient, même sans rien faire, dans le mauvais endroit. Et il n’est pas dit sur un chemin de « mal », mais de « pas bon ». En réalité donc, il ne fait pas le mal... Mais ne pas faire le bien est déjà du mal. Le but, n’est pas de ne pas faire de mal, mais activement et positivement de chercher le bien. Celui qui ne fait pas activement le bien, fait mal. L’Évangile invite à bien plus que de ne pas faire de mal aux autres : sa règle d’or n’est pas comme pour beaucoup de personnes « ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ne le fais pas aux autres », mais : « tout ce que vous voudriez que l’on fasse pour vous, faites le pour les autres » (Mat. 7:12).

Et ensuite, en effet, il est bon de rejeter fermement le mal. Il faut parfois avoir des principes directeurs, des règles de conduites. Quand on sait ce qui est mal, il faut avec courage et détermination, avec sentiment de responsabilité y renoncer !


Après le psaume nous montre le chemin de la justice (Partie seule gardée par le psaume que nous chantons)

6 Eternel dans les cieux est ta bonté, et ta vérité est jusqu’aux nues.

Deux trésors donc nous viennent de Dieu : l’amour et la vérité. (« Vérité »... et pas banalement « fidélité » qui en est une des composantes, comme la plupart des traductions mettent). Dieu est amour, nous le savons, mais il est aussi vérité. Son amour n’est pas une faiblesse ou une sorte de gentillesse qui masquerait la réalité. Il ne fait pas semblant pour nous faire plaisir, il dit aussi ce qui est avec vérité. Mais inversement, s’il est vérité, il dit le vrai, mais pas pour blesser ou pour faire chuter parce qu’il est aussi amour, et cette vérité dans l’amour peut faire grandir.

L’amour nous dit le psaume vient du Ciel, donc Dieu. Ce n’est pas que son amour soit si grand qu’il puisse atteindre les cieux (comme le veulent certaines traductions), mais littéralement il est « dans » les Cieux. L’amour de Dieu vient de lui et est lui-même car « Dieu est amour », et il est premier. Ensuite est la vérité qui, elle, monte jusqu’aux nues. Cette vérité, c’est la parole créatrice de Dieu qui vient vers nous pour nous élever à lui et nous faire grandir. Il y a donc de Dieu deux mouvements complémentaires : l’amour qui descend vers nous et nous est donné, et la vérité qui nous fait monter vers lui, nous attire à lui par sa parole révélée en Jésus Christ. On pourrait dire que Dieu est à la fois traction et propulsion, la dynamique qu’il met en œuvre pour que nous nous unissions à lui est double...

7 Ta justice est comme une montagne divine et ton jugement comme un grand abîme. Homme et bétail tu sauves ô Éternel.

Que la justice de Dieu soit comme une montagne ; c’est qu’elle est un point de repère et aussi un lieu de révélation, nous pouvons ainsi savoir vers où aller et ce que nous pouvons faire. Et si le jugement de Dieu est comme un abîme, c’est que Dieu est à la fois hauteur et profondeur. Cela a été en particulier montré par le théologien Paul Tillich dans son livre La dimension oubliée : on dit habituellement que Dieu est hauteur, qu’il nous dépasse, qu’il est grand et très élevé, mais il faut aussi savoir qu’on peut considérer Dieu comme la profondeur de l’être, ce qui est au fond de nous-mêmes, au plus profond de notre intériorité comme une fondation solide. On retrouve ces deux dimensions de Dieu qui donc à la fois nous attire d’en haut et nous soutient par ce qui nous enracine.

Ou aussi, l’on peut voir l’abîme comme un gouffre de néant qui nous menace. Il est vrai que le jugement de Dieu est radical : il consiste à jeter dans le néant tout ce qui ne vaut rien, à détruire le mal pour qu’il disparaisse à jamais. Ce peut être une bonne nouvelle si cela concerne le mal qui nous menace... Mais si nous étions jugés pour ce que nous sommes, alors nous risquerions de mériter nous-mêmes cet abîme terrible... Mais heureusement qu’il y a la grâce, et Dieu a choisi de sauver les êtres. Dieu « sauve les hommes et les bêtes » continue le psalmiste.

Cette affirmation a fait couler beaucoup d’encre. C’est le seul endroit où la Bible semble envisager que Dieu sauve aussi les animaux. Mais il faut préciser : le mot présent ici ne désigne pas n’importe quel animal, mais le « bétail », les animaux domestiques, les animaux qui sont en contact avec l’homme. Dieu ne sauve pas les rats d’égout et les fourmis, ces animaux font partie de la création comme le monde végétal et ne sont pas de l’ordre de l’esprit qui est éternel. Paul dans le célèbre chapitre de 1 Corinthiens13 dit que tout est passager sauf essentiellement l’amour. On peut considérer donc que les animaux que nous avons aimés peuvent entrer dans l’éternité par l’amour que nous leur avons porté, et on ne peut vraiment aller au-delà...

Mais ce n’est pas pour dire cela que cette affirmation se trouve dans notre psaume, c’est pour dire que Dieu sauve qui il veut, et peut nous sauver sans aucun mérite de notre part. Même une bête, qui n’a aucun sens moral ou capacité de bien ou de mal, ou de foi, ou d’autre chose peut être sauvée par Dieu s’il le veut. Le salut est l’œuvre de Dieu et de Dieu seul, aucun mérite de notre part.

8 Combien précieuse est ta bonté ô Dieu, à l’ombre de tes ailes les humains se réfugient.

Une nouvelle dimension apparaît là : la protection de Dieu. Qui fait comme une ombre, comme la mère protège ses poussins de ses ailes. Nous avons là une image très douce et maternelle de Dieu, image infiniment opposée à celle d’un Dieu terrifiant, guerrier, jugeur et pouvant punir ou condamner.

9 Ils sont rassasiés du meilleur de ta maison, et du torrent de tes délices tu les abreuves

Dieu donc protège... et aussi il comble, et rassasie. C’est un autre cadeau de la foi : sentiment de plénitude dans la relation à Dieu. Mais qui peut aussi venir plus intellectuellement d’un juste positionnement par rapport au monde et dans la hiérarchie des valeurs que nous attribuons à chaque chose. L’Évangile invite à ne pas s’attacher ultimement aux diverses richesses matérielles, mais de mettre son cœur dans les trésors invisibles. Cela permet d’éviter cette quête incessante de toujours plus, posséder plus, faire plus, gagner plus... Ainsi, en Dieu, le croyant peut trouver une sorte de complétude lui faisant dire : j’ai tout ce dont j’ai besoin ! Je suis comblé. Quel bonheur que d’être comblé, rassasié de joie, de bonheur, abreuvé de délices. La présence de Dieu est une merveille.

Et Dieu donne à la fois le manger, et le boire, tout ce dont nous pouvons avoir besoin.

10 Oui, avec toi est la source de la vie, dans ta lumière nous voyons la lumière.

Il est question, là, de source, ou plus largement de flux, de quelque chose qui coule. Ainsi Dieu nous abreuve, il nous désaltère, il est une source de vie, mais pas comme une flaque d’eau morte, plutôt comme une source d’eau jaillissante, une eau vivante, comme un flux qui nous emporte avec lui. Il y a donc là une notion de la dynamique en Dieu et dans ce que donne la foi qui est essentielle. Dieu ne nous donne pas d’être juste tranquilles comme repus faisant la sieste, il nous met en mouvement, il nous emporte avec lui. C’est exactement ce que Jésus dit à la Samaritaine : « A celui qui me demande de l’eau je lui donnerai à boire et une source jaillira jusque dans la vie éternelle » (Jean 4:14).

Et comme dans Jean, Dieu est source d’eau, et il est aussi lumière ; « dans ta lumière nous voyons la lumière » dit le psalmiste. Cette lumière qui nous est donnée est essentielle : elle est source de joie, elle bannit la crainte que l’on peut avoir quand on est dans la ténèbre, et elle donne la liberté, la possibilité de voir, de comprendre et de choisir. La lumière n’impose rien, juste elle libère et autonomise intelligemment. C’est un des plus beaux cadeaux de Dieu. Or dit justement le psaume, nous pouvons avoir cette lumière parce que la lumière de Dieu nous est donnée en premier. Nous ne sommes pas en nous-mêmes lumière, mais Dieu éclaire notre vie, nous illumine, cette lumière nous est donnée, comme une grâce première.

11 Étends ta bonté jusqu’à ceux qui te connaissent, et ta justice jusqu’à ceux qui sont droits de cœur.

« Étends, étire ta bonté jusque vers ceux qui te connaissent » demande le psalmiste. C’est bien ce que Dieu fait, il ne reste pas dans sa tour d’ivoire de sainteté, mais il vient vers nous. Et l’amour de Dieu n’est pas une chose extraordinaire qu’il faudrait aller gagner, ou comme si il fallait monter jusqu’à lui pour le mériter, l’amour de Dieu vient jusqu’à nous pour nous rejoindre, où que nous soyons : il peut étirer son amour pour l’amener jusqu’à nous. Dieu, bien-sûr fait cela sans cesse, mais le lui demander, c’est se mettre soi-même en état de reconnaître et de recevoir cette bonté de Dieu qui nous est offerte.

Et cela est offert à « ceux qui te connaissent ». Il n’est pas question ici de connaissance intellectuelle, doctrinale ou d’une quelconque gnose. Mais « connaître » au sens biblique signifie expérimenter concrètement une relation avec quelqu’un. C’est donc dans la foi en tant que relation personnelle avec Dieu que l’on peut trouver tout cela, et c’est bien vrai.

Mais cela n’exclue pas ceux qui n’ont pas de dimension affective dans leur foi à Dieu. Tout le monde n’est pas mystique ou n’a pas cette sensibilité particulière de sentir Dieu comme une présence d’amour et de tendresse dans leur vie. Cette bonté donc elle est aussi offerte à ceux « qui sont droits de cœur », c’est-à-dire ceux qui vivent de sincérité, de transparence et qui cherchent par leur pensée et leur intelligence à unifier leur être dans une juste direction de droiture.

12 Que le pied de l’orgueilleux ne vienne pas à moi, et que la main des méchants ne m’égare pas.

Ce que demande enfin le psalmiste à Dieu, c’est de ne pas être atteint par l’orgueil, le mal et l’égarement. Pour moi, c’est tout ce qui risque de faire que je ne puisse plus être moi-même, bien en moi-même et en harmonie ou en accord avec moi-même. Ce qui menace mon équilibre personnel peut venir de deux manières, soit que le mal vienne faire sa demeure en moi, (le pieds qui viennent marcher vers moi), soit que le mal me force à sortir de ma paix et de mon harmonie pour me désaxer (la main qui m’emporte). Dans tous les cas, le problème est d’être dérangé par le mal, ce qui risque de me décentrer ou de m’aliéner.

Or mon être personnel est fragile, c’est pourquoi Dieu peut être vu non pas seulement comme un bouclier, une armure protectrice, mais comme une force, une armature à l’intérieure même de mon être, un centre solide sur lequel j’arrime mon existence. Un rocher inébranlable sur lequel je peux construire ma vie qui ne peut alors plus être menacée ni de l’extérieur, ni d’être déplacée.

13 Là sont tombés ceux qui font l’iniquité, renversés ils ne peuvent se relever.

Le dernier verset du psaume renvoie aux méchants du début. Mais il n’y a là rien de négatif, ce n’est pas pour une menace. Là encore il faut dépersonnaliser : il est questions non pas de personnes que l’on pourrait nommer, mais du mal qui me menace. Et donc il y a là une bonne nouvelle : non seulement Dieu nous apporte toutes ces bonnes choses que nous avons évoquées, mais en plus il engloutit tout le mal qui nous menace et qui ne peut même plus se relever, il perd tout pouvoir de nuire ou d’être actif. Dieu renverse le mal pour sauver le bien, alors avec l’aide de Dieu nous pouvons vivre heureux. C’est là une affirmation formidable de la confiance dans le salut de Dieu que rien ne peut renverser.

Louis Pernot

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Psaume 36

1Au chef de chœur. Du serviteur de l’Éternel, de David.
2La parole de révolte du méchant est au fond de mon cœur,
Il ne voit pas pourquoi il craindrait Dieu.
3Car il se flatte à ses propres yeux,
Pour consommer sa faute, pour assouvir sa haine.
4Les paroles de sa bouche sont fraude et tromperie ;
Il renonce au discernement, au bien.
5Il médite la fraude sur sa couche,
Il se tient sur une voie qui n’est pas bonne,
Il ne rejette pas le mal.

6Éternel ! ta bienveillance atteint jusqu’aux cieux,
Ta fidélité jusqu’aux nues.
7Ta justice est comme les montagnes de Dieu,
Tes jugements comme le grand abîme.
Éternel ! tu sauves hommes et bêtes.
8Combien est précieuse ta bienveillance, ô Dieu !
A l’ombre de tes ailes les humains se réfugient.
9Ils se rassasient de l’abondance de ta maison,
Et tu les abreuves au torrent de tes délices.
10Car auprès de toi est la source de la vie ;
Par ta lumière nous voyons la lumière.
11Étends ta bienveillance sur ceux qui te connaissent,
Et ta justice sur ceux dont le cœur est droit !
12Que le pied de l’orgueilleux ne m’atteigne pas,
Et que la main des méchants ne me fasse pas fuir !
13C’est là que tombent ceux qui commettent l’injustice ;
Ils sont renversés et ne peuvent pas se relever.
Traduction Segond Révisée « Colombe »

2C'est le péché qui parle
au cœur de l'impie
ses yeux ne voient pas
que Dieu est terrible
3Il se voit d'un œil trop flatteur
pour trouver et haïr sa faute
4il n'a que ruse et fraude à la bouche
il a perdu le sens du bien
5Il prépare en secret ses mauvais coups
La route qu'il suit n'est pas celle du bien
il ne renonce pas au mal.
6Dans les cieux, Éternel, ton Amour !
Jusqu'aux nues ta vérité !
7Ta justice, une haute montagne
Tes jugements, le grand abîme !
Tu sauves, Éternel, l'homme et les bêtes
8Qu'il est précieux Ton Amour ô mon Dieu !
À l'ombre de tes ailes, tu abrites les hommes
9ils savourent les festins de ta maison
aux torrents du paradis tu les abreuves
10En toi est la source de Vie !
Par ta Lumière nous voyons la lumière
11Garde ton amour à ceux qui t'ont connu
Ta justice à tous les hommes droits
12Que l'orgueilleux n'entre pas chez moi
que l'impie ne me jette pas dehors !
13Voyez, ils sont tombés les malfaisants
abattus, ils ne pourront se relever.
Traduction œcuménique texte liturgique


1A l’excellent, au serviteur de l’Eternel, à David.
2Parole révoltée du méchant :
« A l’intérieur de mon cœur, pas de peur de l’Eternel devant ses yeux ».
3Oui, il fait division contre lui à ses yeux
pour trouver sa faute et pour la haïr.
4Les paroles de sa bouche : iniquité et tromperie,
il renonce au discernement et à faire bien.
5L’iniquité il compte sur son lit,
il se tient sur un chemin pas bon,
le mal il ne rejette pas.

6Eternel, dans les Cieux [est] ta bonté,
ta vérité [est] jusqu’aux nuages.
7Ta justice [est] comme les montagnes de Dieu,
ton jugement un abîme considérable,
homme et bétail tu sauves ô Eternel.
8Combien précieuse [est] ta bonté ô Dieu,
et les fils d’homme à l’ombre de tes ailes se réfugient.
9Ils sont rassasiés du meilleur de ta maison,
et du torrent de tes délices tu les abreuves.
10Oui, avec toi, [est] le flux de la vie,
dans ta lumière, nous voyons la lumière.
11Tire ta bonté à ceux qui te connaissent,
et ta justice pour ceux [qui sont] droits de cœur.
12Que ne me vienne pas le pied d’orgueil,
et que la main des méchants ne m’égare pas.
13Là sont tombés ceux qui font l’iniquité,
ils sont renversés et ils ne peuvent se lever.
Translitération littérale LP

Matthieu 12:31-37

31C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. 32Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné, mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. 33Dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais, car on connaît l’arbre à son fruit. 34Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. 35L’homme bon tire du bien de son bon trésor, et l’homme mauvais tire du mal de son mauvais trésor. 36Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine, qu’ils auront proférée. 37Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. 

 

Ps. 36

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