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Les vaches grasses et les vaches maigres

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Prédication prononcée le 29 novembre  2015, au temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

Le songe de Pharaon avec les sept vaches grasses et les sept vaches maigres (Genèse 41) est un texte curieux, parce qu’il est extrêmement connu, mais en fait il est rarement commenté, ou alors juste pour faire une petite morale sur le thème qu’il faut être prévoyant.
Or cela en soi aussi est curieux. Habituellement, le message de l’Ecriture est plutôt le lâcher prise, et à l’inquiétude du lendemain, la Bible répond par l’abandon à la providence divine : ainsi Jésus a-t-il dit : «  Ne vous inquiétez pas en disant : qu’allons nous manger... Ce sont toutes ces choses que cherchent les païens... Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et ne vous inquiétez donc pas du lendemain ... ». Cf Matt. 6 :25-35. Ici, au contraire, on a l’invitation à prévoir, à planifier, à se préparer.

On peut, précisément, aimer cette apparente contradiction, parce que la réalité, comme souvent, est dialectique. On ne peut pas dire que le Christ nous invite à ne jamais rien prévoir, ni anticiper. Certes, ce sur quoi nous ne pouvons rien, autant l’admettre sans s’angoisser par avance, on verra bien, et Dieu pourra nous aider à trouver une manière d’être heureux quelle que soit la situation ; mais bien sûr que le chrétien n’est pas appelé à être un complet irresponsable, ni par rapport à lui, ni par rapport à ceux qui lui sont confiés. Cette responsabilité, elle se trouve bien clairement exprimée dans cette interprétation du songe faite par Joseph, et elle fait le contrepoids de textes sans doute trop absolus comme celui sur les inquiétudes de Matthieu 6.

Et d’ailleurs, ce n’est pas seulement une sorte d’opposition entre l’Ancien et le Nouveau Testament que nous avons là, même dans l’Evangile, il y a des passages invitant à la prévoyance. Ainsi la jolie parabole des vierges sages et des vierges folles (Matt. 25) montre le mérite des sages qui avaient préparé leur huile à l’avance pour accueillir l’époux contre les folles qui vivaient au jour le jour sans rien préparer et qui, n’étant pas prêtes, ont été exclues de la fête. La conclusion, c’est que nous devons « veiller et prier » (Marc 13 :33). Prier, on le peut toujours, mais donc cela ne nous empêche pas d’avoir à veiller, à se tenir prêt et donc de se préparer en anticipant.Le message est donc globalement recevable, mais si l’on entre plus en détails dans le texte, on y trouve bien des choses. En particulier, il a servi, en particulier au Moyen Age, à alimenter toute une réflexion sur le rôle du chef d’état, du roi. On voit en effet que Pharaon bénéficie d’une sorte de révélation spéciale pour l’aider à gouverner le peuple, et ensuite, il va aider son peuple, le sauver de la famine, même malgré lui. On a pu, ainsi justifier le pouvoir absolu du roi qui peut réquisitionner pour préparer l’avenir, et faire on a spéculé sur la légitimité de l’impôt, ou ce que peut être une « taxation vertueuse ».

Mais c’est sans doute ne pas faire dire au texte ce qu’il est fait pour nous dire. Et en particulier si l’on reste dans ce registre, il y a bien des questions non résolues, la solution de Joseph est tout à fait discutable. D’abord, pourquoi prélève-t-il 1/5e ? C’est ou trop ou trop peu. C’est trop peu pour faire face réellement à la famine, il aurait fallu mettre de côté la moitié pour équilibrer vraiment, et puis surtout, pourquoi Joseph revends-il aux Egyptiens ensuite les réserves, au lieu de les donner ? Quand Joseph ouvre les greniers, en effet, il vend le blé qu’il a pris gratuitement aux égyptiens. Voilà qui est curieux.

Mais en fait, Joseph trouve une solution pour éviter l’éclatement social que produirait une disette : il faut que chacun partage, qu’aucun ne manque de l’essentiel, même s’il faut se rationner un peu. On ne demande pas de tout donner, ou de parvenir à une égalité entre la pauvreté et la richesse, mais un minium de partage est essentiel.

En fait, en effet, les vaches maigres mangent les grasses parce qu’elles ne trouvent plus du tout d’herbe à manger, si les vaches grasses avaient laissé même un peu d’herbe, les maigres auraient certainement préféré manger de l’herbe que de se transformer en  carnivores. La question, c’est donc bien de ne pas tout prendre pour soi, mais d’en laisser un peu aux autres et de partager. C’est le sens de l’Evangile, et c’est aussi la condition de la cohabitation pacifique entre les gens et les peuples.

Quoi qu’il en soit, la solution de Joseph n’était donc peut être pas parfaite, mais il a eu le mérite de trouver une solution. Et peut-être précisément que cette solution imparfaite de Joseph est pour nous un encouragement à trouver des solutions qui seraient les nôtres, et même si elles ne sont pas parfaites, une solution est toujours une solution. Il ne faut pas attendre d’avoir la solution parfaite pour agir. 


En fait, le problème de Pharaon était plus grave que cela. C’était une véritable remise en question de son pouvoir et de toute sa théologie. Dans le rêve, il se voit « sur » le fleuve. Or en Egypte, le Nil était une divinité apportant la vie, la fécondité, et Pharaon se considérait comme divin, comme présidant à la divinité du Nil. Mais voilà que le système peut se gripper : la providence peut manquer et cette divinité toute-puissante, base de tout ne plus donner la vie ou ce qu’on attend d’elle. Et puis le nombre « 7 » des vaches maigres ou grasses, ne renvoie pas à la perfection comme dans le judaïsme que nous connaissons, mais pour les Egyptiens, au 7 planètes. C’est donc le cours du monde. Or voici que le cours du monde, au lieu de forcément aller dans un sens positif, peut aller dans un sens ou l’autre, il peut se contredire, ne pas être constant. On peut être baladés par les événements, et subir des joies puis des peines, des réussites, ou des échecs. Le sentiment de Pharaon est une sorte d’angoisse que le monde ne soit pas tenu par une divinité toute-puissante, et les événements peuvent amenr à douter de Dieu, du monde, et de soi-même.

Face à la faillite de ce système théologique, Joseph oppose une théologie toute différente. Il sort d’abord de l’idée d’un Dieu tout-puissant qui pourrait tout régler. Il ne dit pas au Pharaon : « prie l’Eternel, le Dieu d’Israël et tout rentrera dans l’ordre », il milite pour un Dieu qui fait comprendre à l’homme afin de lui permettre d’agir d’une manière juste. Joseph montre que le fait de croire en Dieu ne dispense pas d’être intelligent, de réfléchir, et de trouver des solutions. La foi ne dispense pas de rechercher soi-même des solutions, avec un certain pragmatisme et du bon sens pour gérer les problèmes matériels, sans attendre tout de Dieu.

Dans notre vie, il y a des périodes faciles et d’autres plus difficile, c’est un fait. On ne peut pas attendre que tout aille bien tout le temps, ni que Dieu règle tous les problèmes. Le cours du monde est chaotique, il n’est pas nécessairement et toujours bien en soi, il faut juste s’y adapter intelligemment et essayer de limiter les effets néfastes. Et pour cela il faut trouver une articulation astucieuse et fine entre la providence divine, et l’action humaine.


Mais cela ne doit pas s’entendre seulement dans le domaine du matériel. L’Evangile n’appelle absolument pas à thésauriser matériellement. Pour ce qui est de la dimension matérielle, le Christ fait plutôt une séparation radicale en montrant que Dieu n’y a rien à voir, et que même il faut se détacher de ce genre de préoccupation. Le chrétien doit s’adapter à ce qu’il a, parce qu’en fin de compte, l’abondance ou la privation de biens matériels n’est que de faible importance pour ce qui est de la vraie valeur de sa vie et même de son bonheur, ou de la qualité de ce que l’on peut vivre avec les autres. Ainsi Paul dit-il : « Je ne dis pas cela en raison de mes besoins, car j’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie » (Phil 4:11-13). Et plus radicalement, le Christ montre qu’accumuler des richesses est absurde  avec l’image de celui qui a fait de bonnes récoltes et qui veut construire un grenier encore plus grand pour être tranquille (Luc 12:15-21). Jésus lui dit : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il ? ». Et quand il envoie ses disciples en mission, il leur dit de ne rien posséder : « Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton, car l’ouvrier mérite sa nourriture. » (Matt. 10:9-10).

Cela fait qu’au Moyen Age, les ordres religieux pauvres comme les franciscains ont voulu interpréter ce texte de Genèse 41 non matériellement, en disant que, certes, il fallait thésauriser pour l’avenir, mais spirituellement, comme dit le Christ : « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent, mais amassez des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne détruisent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.» (Matt. 6:19-21). Alors selon les règles d’interprétation allégorique de l’époque, on sont essayé de chercher ce que pouvait signifier chaque chose, et c’est ainsi que, par exemple, Nicolas de Lyre (1270-1349) a dit que les 7 vaches grasses représentaient les 7 vertus essentielles qu’il fallait cultiver (3 vertus théologales (foi, espérance et amour) et les 4 vertus cardinales reprises par les pères de l’Eglise à Platon (prudence, tempérance, justice et courage) afin de lutter contre les 7 vaches maigres représentant les 7 péchés capitaux (orgueil, avarice, envie, colère, luxure, gourmandise  et paresse). Mais ce type d’interprétation a ses limites et est loin de bien tout expliquer, en particulier, si l’on va au bout de l’allégorie, comment comprendre qu’en fin de compte, ce sont les vaches maigres qui mangent les grasses ?

D’autres ont essayé de faire un mixte entre les deux types de solution, et dire qu’il faut payer une dîme pour avoir un trésor dans le Ciel, mais là non plus cela ne convient pas, parce que le Christ ne vend pas ses grâces (C’est ce qu’on appelait le péché de Simonie).

Ainsi ces allégories ne fonctionnent pas vraiment, il ne faut pas chercher si loin. Ce qui est vrai c’est que, sans doute, il faut comprendre notre texte comme parlant d’autres choses que des biens matériels. Ce n’est pas tant la richesse ou la pauvreté qui est en cause que le fait qu’il y ait dans notre vie des moments de joie et d’autres d’épreuves, des moments de bonheur et d’autres d’angoisse ou de deuil, des temps de foi et des temps de doute. Sans doute devons nous nous gorger de joie, d’amour, de tendresse et de foi quand c’est possible pour mieux supporter les moments de difficultés qui ne manqueront forcément pas d’arriver.

Ce qui est remarquable, c’est que dans le rêve, les vaches grasses cohabitent avec les vaches maigres, il n’y a pas juste succession, les unes laissant la place aux autres. Il faut ainsi que dans notre vie, nous ne cloisonnions pas ces temps différents, mais que nous sachions les considérer d’un même regard. Il faut toujours vivre les moments de vaches grasses en pensant aux maigres et inversement. Cela n’est pas pour se rendre malheureux par avance, mais pour savoir que le bien qui nous arrive n’est jamais un dû, ou quelque chose de permanent devant durer toujours. Il faut prendre toute chance, tout bonheur comme une grâce, comme quelque chose qui ne va pas de soi, mais qui est extra-ordinaire, comme une chance dont on profite d’autant mieux qu’on sait qu’on peut s’en passer. Et inversement, quand ça va mal, il ne faut pas croire que toute la vie serait engloutie par ce mal, le mal n’est qu’une partie de la vie, avant il y a pu avoir des vaches grasses, et il y en aura d’autres après. Il faut avoir une vision globale de la vie pour lisser ce phénomène de hauts et de bas qui est une souffrance. Il faut vivre sa vie comme une totalité et ne pas attribuer à l’ensemble ce qui n’est qu’un temps. A celui qui dit « je suis vieux », on dit, « oui, et tu as été jeune », et à celui qui dit « je suis jeune » : on veut dire : « et peut-être toi aussi tu seras vieux ». En fait on n’est ni jeune ni vieux, la vie est un tout. Mais on peut se préparer à être vieux même quand on est jeune, ou à ne pas avoir quand on possède afin de ne pas être surpris et de construire sa vie non pas sur ce le passager et ce qui peut être ou ne pas être, mais sur l’essentiel qui demeure On peut donc tempérer chaque moment, ou chaque sentiments positifs et négatifs en les pensant par rapport aux autres, et prendre le recul nécessaire pour ne tomber ni dans une sorte de consommation excessive ni dans la disette totale.

Ce recul est quelque chose d’essentiel enseigné par la loi juive qui demande le Sabbat, et même une année sabbatique tous les sept ans où, pendant un an, il ne faut ni semer ni cultiver (Deut. 25, Exode 23 :10-11). Cela faisait en fait deux années perdues, mais par là, l’idée était d’apprendre qu’on peut se passer de tout, vivre au delà des aléas de la nature, et ne pas en être dépendants ou sujets.

Pour ce qui est de la foi aussi, il est courant de la vivre avec des hauts et des bas, parfois on croit magnifiquement, parfois on doute, mais il faut, dans les moments de doute se souvenir de ce qu’a pu être sa foi au bons moments, et dans les moments d’exaltation mystique prendre le recul nécessaire pour se préparer à des jours moins enthousiastes, peut-être en trouvant une base solide qui ne sera pas remise en cause ou balayée par la première épreuve. Il n’est pas difficile d’avoir la foi dans les moments de facilité, mais il faut en profiter pour réfléchir et construire une foi qui pourra résister même dans le temps de l’épreuve. Trop de gens n’ayant pas fait ça perdent la foi au moment où, comme Pharaon, tout semble s’acharner contre eux, et quand ils en auraient le plus besoin.


Cela est certainement une sorte de sagesse humaine importante, on parvient plus ou moins à la vivre, mais il semble que la solution géniale de Joseph réside encore ailleurs. C’est qu’il demande à chacun de mettre de côté pour la collectivité. Il ne dit pas comme nous avons essayé de le justifier que chacun devrait mettre de côté pour lui-même afin d’avoir des réserves au moment de disette, mais les réserves doivent être données à l’état, à la collectivité. Et c’est ensuite la collectivité qui viendra en aide.

Il y a là une grande sagesse, parce qu’en fait quand on est dans la difficulté, dans le deuil, dans la peine, quelle que soit cette peine, qu’est-ce qui nous aide le plus ? Ce sont les autres, nos proches, nos amis, nos parents. On ne trouve pas toujours la ressource qu’il faudrait en soi, mais le vrai soutien, il vient de ceux qui nous aiment, des autres en fait. Avoir besoin des autres n’est pas une culpabilité, pas un problème, c’est dans l’ordre des choses, surtout si tout n’est pas à sens unique. Il y a des moments où on a besoin des autres, et des moments où l’on peut, au contraire faire des choses pour les autres. Le conseil de Joseph est donc celui-ci : quand tu le peux, quand tu n’as pas besoin des autres, aide les, prive toi d’une partie de toi-même pour le donner à d’autres. Et tu verras que quand ce sera toi qui auras besoin des autres, tu trouveras que ces autres auxquels tu t’es ouvert, sont ton plus précieux trésor. Donner quand on peut, s’ouvrir aux autres, sortir de son égoïsme, c’est orienter sa vie sur autre chose que la consommation pure, c’est l’ouvrir à ce qui est vital, et lui donner une dimension de sociabilité qui est la fonds même de la vie humaine.

Ainsi c’est quand on est dans la relative abondance qu’il faut donner aux plus pauvres, aider ceux que l’on peut aider, ne pas tout garder pour soi, se priver même peut-être, mais essentiellement : donner.

La religion, certes, et les impôts de l’état déjà nous demandent de donner pour la collectivité, mais Joseph demande de faire plus. Dans la Loi juive, il fallait donner la dîme, c’est-à-dire 10%, là, il demande le double, il faut faire plus que ce qui nous est normalement demandé, il faut aller au delà du raisonnable, c’est là que nous pouvons construire une réalité humaine et spirituelle qui est un vrai trésor.

On trouve en fait cela dans une parabole très difficile de l’Evangile, celle de l’intendant malhonnête (Luc 16). Le gérant utilise cette richesse dont il avait la disposition provisoire pour « se faire des amis ». Il comprend que cette richesse il ne l’aura pas toujours, et qu’il lui faut miser sur des amis afin dit-il «  qu’il y en ait qui me reçoivent dans leurs maisons, quand je serai relevé de mon intendance » (Luc 16:4) . Et il fait un bon choix. Jésus nous invite à faire de même : « faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles vous feront défaut » (Luc 16 :9). Ces richesses injustes, ce ne sont pas des richesses volées, mais des richesses qui comme toutes nos chances sont, en fait, imméritées et provisoires, parce que tout est grâce, et toute chance matérielle passagère. Or la vraie richesse, ce sont les amis, c’est l’amour, ce sont ceux qui nous aiment, qui nous reçoivent, nous comprennent, nous consolent, nous aident, nous soutiennent. Voilà la vérité.

Et donc pouvons nous dire : donnez, donnez plus que de raison, partagez, mettez de côté pour les autres et non pour vous... et vous ne manquerez jamais de rien !

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Genèse 41

Au bout de deux ans, le Pharaon fit un rêve : il se tenait sur le  fleuve. Sept belles vaches grasses montèrent du fleuve et se mirent à paître dans le marais. Puis sept autres vaches laides et maigres montèrent derrière elles du fleuve et se tinrent à leurs côtés sur le bord du fleuve. Les vaches laides et maigres mangèrent les sept belles vaches grasses. Et le Pharaon s’éveilla. Il se rendormit et fit un deuxième rêve. Sept épis gras et beaux montaient sur une même tige. Puis sept épis maigres et brûlés par le vent d’est poussaient après eux. Les épis maigres engloutirent les sept épis gras et pleins. Et le Pharaon s’éveilla. Voilà le rêve.

Le matin, le Pharaon eut l’esprit agité et fit appeler tous les magiciens et tous les sages de l’Égypte. Le Pharaon leur raconta ses rêves. Mais personne ne put les expliquer au Pharaon. Alors le grand échanson prit la parole et dit au Pharaon : Je vais rappeler aujourd’hui le souvenir de ma faute. Le Pharaon était indigné contre ses serviteurs et il m’avait fait mettre aux arrêts dans la maison du chef des gardes, ainsi que le grand panetier. Nous avons fait, lui et moi, un rêve dans une même nuit, chacun un rêve susceptible d’être expliqué. Il y avait là avec nous un jeune Hébreu, esclave du chef des gardes. Nous lui avons raconté et il nous a expliqué nos rêves ; à chacun il a expliqué son rêve. Tout est arrivé exactement selon l’explication qu’il nous avait donnée : le Pharaon me rétablit dans ma charge et il fit pendre l’autre.

Le Pharaon fit appeler Joseph. On le fit sortir en hâte du cachot. Il se rasa, changea de vêtements et se rendit vers le Pharaon. Le Pharaon dit à Joseph : J’ai fait un rêve. Personne ne peut l’expliquer, mais j’ai appris que tu peux expliquer un rêve qui t’est raconté. Joseph répondit au Pharaon : Ce n’est pas moi ! c’est Dieu qui donnera une réponse favorable au Pharaon.
Le Pharaon dit alors à Joseph : Dans mon rêve, je me tenais sur le bord du fleuve. Sept vaches grasses et de belle apparence montèrent du fleuve et se mirent à paître dans le marais. Puis sept autres vaches montèrent derrière elles, chétives, d’apparence fort laide et efflanquées : je n’en ai jamais vu d’aussi laides dans tout le pays d’Égypte. Les vaches efflanquées et laides mangèrent les sept premières vaches qui étaient grasses. Elles entrèrent dans leur panse, sans qu’on puisse reconnaître qu’elles y étaient entrées ; et leur aspect était aussi laid qu’auparavant. Alors je m’éveillai. J’ai encore vu ceci en rêve : sept épis pleins et beaux qui montaient sur une même tige. Puis sept épis racornis, maigres, brûlés par le vent d’est qui poussaient après eux. Les épis maigres engloutirent les sept beaux épis. Je l’ai dit aux magiciens, mais personne ne m’a indiqué (ce que cela signifiait).

Joseph dit au Pharaon : Le rêve du Pharaon est une seule et même chose ; Dieu indique au Pharaon ce qu’il va faire. Les sept belles vaches sont sept années : et les sept beaux épis sont sept années : c’est le même rêve. Les sept vaches efflanquées et laides qui montaient derrière les premières, sont sept années ; et les sept épis vides, brûlés par le vent d’est, seront sept années de famine. Ainsi, comme je viens de le dire au Pharaon, Dieu a montré au Pharaon ce qu’il va faire. Voici que viennent sept années de grande abondance dans tout le pays d’Égypte. Sept années de famine les suivront ; et l’on oubliera au pays d’Égypte toute cette abondance : la famine réduira le pays à rien. Après cela on ne pourra plus rien remarquer de l’abondance dans le pays, tellement cette famine sera accablante. Si le rêve s’est répété deux fois au Pharaon, c’est que la chose est arrêtée de la part de Dieu, et que Dieu se hâtera de l’exécuter. Maintenant que le Pharaon découvre un homme intelligent et sage, et qu’il l’établisse sur le pays d’Égypte. Que le Pharaon agisse et qu’il nomme des fonctionnaires sur le pays, pour lever un cinquième (des récoltes) de l’Égypte pendant les sept années d’abondance. Qu’ils rassemblent tous les vivres de ces bonnes années qui vont venir ; qu’ils fassent, sous l’autorité du Pharaon, des réserves de froment et de vivres dans les villes, et qu’ils en aient la garde. Ces vivres seront en dépôt pour le pays, en vue des sept années de famine qu’il y aura dans le pays d’Égypte, afin que le pays ne soit pas consumé par la famine.

Matthieu 6:25-35

C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Observez comment croissent les lis des champs : Ils ne travaillent, ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui existe aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne vous (vêtira-t-il) pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc pas, en disant : Que mangerons-nous ? Ou : Que boirons-nous ? Ou : De quoi serons-nous vêtus ? Car cela, ce sont les païens qui le recherchent. Or votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement son royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné comme en plus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain car le lendemain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Luc 12:15-21

Puis il leur dit : Gardez-vous attentivement de toute cupidité ; car même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède. Et il leur dit une parabole : La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté. Il raisonnait en lui-même et disait : Que ferai-je ? car je n’ai pas de place pour amasser mes récoltes. 18Voici, dit-il, ce que je ferai : j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui accumule des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu.

Gen. 41:50-52, Matt. 6:25-35, Luc 12:15-21

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