56 avenue de la Grande Armée, 75017 Paris

Ecouter la version audio
Voir la Video complète, Vidéo express
Voir la version imprimable

Comment recevoir le baptême du saint Esprit?

Prédication prononcée le 17 janvier 2021, au temple de l'Étoile à Paris,
par le pasteur Louis Pernot

 Le baptême dans le nom de Jésus

Jean a baptisé dans l’eau on le sait, un baptême de repentance, annonçant le pardon des péchés. Plongée dans l’eau la personne ressortait comme lavée de sa faute et comme naissant à une vie nouvelle. Ce baptême n’était pas chrétien bien sûr puisque c’était avant le Christ, et il n’avait que peu à voir avec nos baptêmes actuels. Aujourd’hui, nous baptisons par affusion avec un tout petit peu d’eau les bébés pour dire qu’ils sont sous la grâce de Dieu. Là, c’était des baptêmes par immersion et d’adultes. Probablement même que ce baptême de Jean, « baptême de repentance pour le pardon des péchés » n’était pas célébré une seule fois, mais de manière répétée, comme les rites d’ablution qui étaient alors courants chez les juifs, ou la confession aujourd’hui chez les catholiques.

Au moment du baptême de Jésus, il y a cette promesse que « lui vous plongera (baptisera) dans l’esprit saint et le feu » (Matt. 3:11). L’esprit Saint, Jésus l’envoie, il est vrai, à la fin de l’Évangile de Jean : « il souffla sur eux et leur dit : recevez l’Esprit saint » (Jean 20:22). Et les disciples ont ainsi plongés dans l’Esprit. Les disciples recevront aussi l’Esprit saint au moment de la Pentecôte selon la promesse de Jésus selon la tradition de Luc : « vous recevrez l’Esprit et vous serez mes témoins » (Actes 1:5-9)

Mais quand on lit les Actes, on s’aperçoit que les Apôtres font un baptême non prévu qui est le baptême dans le nom de Jésus. Apparemment, il s’agissait d’un baptême par immersion, marquant la conversion, l’adhésion au christianisme. C’est là le sens de ce baptême tel qu’on l’enseigne habituellement, mais je ne suis pas certain personnellement qu’il faille s’arrêter là. Quand on lit bien les Actes, il semblerait que le baptême dans le nom de Jésus soit l’exacte parallèle du baptême de Jean. En effet, il est dit que ceux qui se font baptiser dans l’eau au nom de Jésus le font « pour le pardon des péchés » (Actes 2:38) exactement comme le baptême de Jean. Alors pourquoi ajoute-t-on alors : « dans le nom de Jésus » ou « pour le nom de Jésus » ?

On pourrait dire que le croyant n’est pas tant baptisé dans l’eau, que dans le nom de Jésus Christ, ce qui est différent. C’est important, surtout si on sait que « baptiser » n’est pas un mot français, mais un décalque du mot grec « baptizein » qui veut dire juste « plonger », « immerger ». Et ce dans un sens courant, et pas forcément liturgique. Ainsi la célèbre recette du cornichon de Nicandre (IIe s. avant Jésus Christ) explique qu’il faut «baptiser» les cornichons dans le vinaigre pour les conserver. Or dans le texte des Actes, on a bien l’expression : « baptisés (plongés) dans le nom de Jésus », même si parfois dans les manuscrits les plus récents, ce « dans » a été remplacé par un « pour ». Certes, concrètement le croyant est bien plongé dans l’eau, mais le sens profond est bien qu’il l’est dans le nom de Jésus, l’eau devenant secondaire et juste symbolique.

Or il s’agit toujours, semble-t-il d’un baptême de rémission des péchés, et cela veut dire que le nom de Jésus lui-même est ce qui nous lave, nous purifie, nous pardonne, il est l’eau lustrale. Le Christ, le message de Jésus est un message de pardon et quand on s’y plonge, en Jésus Christ, on reçoit avant toute chose ce message de grâce et de pardon qui est si essentiel.

D’abord parce que nous avons en effet tant de fois l’occasion de nous sentir coupables, ou d’être culpabilisés par les autres, nos ennemis, ou même nos proches, que nous avons besoin d’une instance supérieure qui nous dit : « tu n’es pas coupable », ou, peut-être es-tu coupable, mais tu es justifié, c’est-à-dire que tu n’as pas à rester en te sentant coupable, mais sens toi libéré et pardonné, parce que la culpabilité ne mène à rien.

Ensuite parce que ce péché peut représenter notre imperfection fondamentale. Et le Christ nous libère de cette imperfection paralysante, en nous disant, « écoute, tu es peut-être imparfait, mais ce n’est pas grave, je veux bien de toi quand même ». Toute la Bible exprime cela, les patriarches ont tous été de grands pécheurs et néanmoins ont été choisis par Dieu pour accomplir son plan et réaliser ses promesses. Dans le Nouveau Testament, le premier grand miracle de Jésus, c’est bien d’avoir dit au paralytique « tes péchés sont pardonnés » (Marc 2:5). Il est bien montré que l’essentiel n’est pas d’avoir guéri un paralytique, des guérisons, plein de gens en faisaient, et d’ailleurs ce n’est pas là-dessus que les opposants le reprennent et lui reprochent de s’attribuer un pouvoir divin qu’il n’aurait pas, mais sur le fait d’avoir dit « tes péchés sont pardonnés », ce qui est infiniment plus grave, plus important. Et c’est ça la clé du miracle. Il lui dit : « tu es pardonnés ». Les autres ne le croient pas. Ce sont des paroles en l’air, pensent-ils, tu ne peux pas dire des choses qui appartiennent à Dieu seul, tu ne peux pas dire des choses qui soient une parole performatrice pouvant créer une réalité nouvelle et un être neuf. Jésus dit : « je vais vous le prouver, parce que moi quand je dis tes péchés te sont pardonnés, le paralytique se met debout et il marche, c’est-à-dire que véritablement il est libéré de sa culpabilité, de son sentiment d’infériorité, et capable de se remettre en marche ».

Le baptême du Saint Esprit

Donc oui, le nom de Jésus est véritablement une puissance de pardon et de vie nouvelle et nous en avons grandement besoin. Mais cela ne suffit pas et il ne faut pas en rester là, car il y avait aussi cette promesse du baptême du saint Esprit, et l’on voit dans les Actes une distance entre le baptême d’eau au nom de Jésus Christ, ou dans le nom de Jésus Christ et le baptême dans le Saint Esprit. On peut avoir l’un sans l’autre. Qu’est-ce donc que ce baptême du Saint Esprit ? Nos amis charismatiques voient ce baptême du Saint Esprit comme une expérience spirituelle : j’éprouve une sorte d’émotion formidable dans l’amour de Dieu, dans sa grâce, dans sa présence, qui me remplit d’une joie ineffable, qui me fait déborder d’un sentiment incontrôlable, pouvant même m’amener à dire des paroles incompréhensibles qui est le parler an langues. Mais je ne suis pas plutôt convaincu qu’il s’agisse de ça.

En fait, il faut d’abord s’intéresser au passage qu’il peut y avoir entre être baptisé dans le nom de Jésus et être baptisé dans le saint Esprit. Et là nos traductions nous mentent parce qu’elles mettent en général « baptisé au nom de Jésus Christ » et parlent dans le même verset du « baptême du saint Esprit », or le texte grec a chaque fois la même préposition : « dans ». Il s’agit d’être baptisé dans le nom de Jésus Christ et baptisé dans le saint Esprit. Il faut donc passer du fait d’être plongé dans le Christ à être plongé dans la puissance vitale de Dieu.

Parce que voilà, le saint Esprit, c’est Dieu lui-même, Dieu lui-même en tant que souffle de vie, en tant que puissance créatrice. Au moment de la création du monde, il est dit : « le souffle de Dieu planait à la surface des eaux » (Gen. 1:2) et donc être plongé dans le saint Esprit, c’est être plongé dans cette puissance créatrice de Dieu qui est le souffle de la vie que Dieu insuffle à sa création. Et donc passer du baptême en Jésus au baptême du saint Esprit,’ est une invitation à passer du Christ à Dieu.

En effet, on peut, et c’est peut-être le plus simple pour certains, être touché par l’Évangile, être convaincu intellectuellement que nous sommes pardonnés, que l’Évangile du Christ est vrai parce qu’il ne sert à rien de se sentir coupables. Certes, je peux savoir par l’évangile que je suis imparfait, et alors, et que celui qui n’a jamais péché me jette la première pierre. Donc oui, les autres ne valent pas mieux que moi, et parfois ceux qui prétendent être les plus parfaits ou les plus saints se révèlent un jour ou l’autre être les pires gredins, cumulant sur leur propre faute l’hypocrisie et la dissimulation, ce que je ne fais même pas.

Mais on peut dépasser le message purement intellectuel auquel j’adhère, et auquel je veux bien croire, pour arriver à une expérience plus mystique. Mais pas mystique au sens de l’excitation charismatique, mais simplement comprendre que dans la présence de Dieu je peux ressentir une puissance qui me libère, me transforme et qui me fait vivre.

Certes, cela, tout le monde ne le ressent pas. Certains ont entendu parler du Christ mais n’éprouvent pas cette puissance directe de Dieu dans leur cœur. Mais vous pouvez apprendre à ouvrir votre cœur à l’Esprit., de même qu’on peut apprendre à ouvrir sa sensibilité à l’art, à la sculpture, à l’architecture, à la musique. Il faut juste vouloir s’ouvrir à cette réalité, et on le peut ! Même si on n’a pas un tempérament profondément mystique, on peut avoir « les prémices de l’Esprit » (Rom 8:23) comme dit Paul, le ressentir un tout petit peu, ou parfois, comme un frémissement. Évidemment tout le monde n’aura pas la plénitude de la présence de l’Esprit, et chacun ne l’expérimentera pas comme l’autre. Mais on peut pressentir ces prémices, une portion d’Esprit saint, parfois une parcelle de souffle de vie qui nous remplit de joie. Peut-être est-ce momentané, peut-être est-ce extrêmement partiel, mais ces courts moments où j’ai pu prier, où j’ai pu dire à Dieu « parle Seigneur », ou j’ai pu dire à Dieu «Merci Seigneur », ces moments-là sont des moments peut-être les plus précieux que j’aie pu vivre.

Donc nous sommes invités à être plongé dans le saint Esprit... ce qui, dans les Actes est montré comme précédant ou suivant le baptême dans le nom de Jésus Christ. Il peut arriver, en effet, pour certains que ce soit une expérience spontanée, antérieure même à tout questionnement intellectuel sur la religion, indépendamment de tout catéchisme. On le voit d’ailleurs dans les Actes 10 :47, avec l’histoire de Corneille : les gens reçoivent d’abord l’Esprit et après ils se font baptiser comme une sorte de régularisation. Dans ce cas, l’expérience religieuse précède la démarche volontaire et consciente. Ça arrive à certains.

Ou alors, comme en Actes 8 :9, les protagonistes entendent d’abord parler du Christ, et reçoivent le baptême rituel tout bien comme il faut, mais ensuite les Apôtres disent que maintenant, il faut passer à plus que ça, il faut qu’ils reçoivent le saint Esprit, qui est une puissance de vie qui puisse transformer leur vie de l’intérieur, et pas simplement par l’intellect. Et pour ça les Apôtres vont imposer les mains, ce qui est le geste courant pour le don de l’Esprit.

L’imposition des mains

Le geste d’imposition des mains est un geste qui me touche. D’abord, humainement on peut dire que c’est un geste fraternel d’envoi en mission, ou de contact : « tu n’es pas seul mon frère, mais je suis avec toi ». Combien je suis touché lorsqu’au moment des confirmations, je pose la main, ce que je fais d’une façon pudique sur l’épaule du catéchumène. Catéchumène que je ne touche jamais, je ne leur fais même pas la bise ni leur sert la main, mais là je pose la main sur son épaule et je dis « que Dieu te bénisse ». La main posée, c’est l’ami qui vient, qui me prend par les épaules, l’ami qui vient et quand je pleure et pose sa main sur mon épaule, voilà qui me touche infiniment. Et quelle puissance je ressens moi-même lorsque accompagnant un mourant, je pose sa main sur sa tête et je dis, « Dieu vous bénit et vous garde, il vous donne la paix ». C’est ce dont nous manquons actuellement dans le confinement : pas de contact, on se regarde de loin... mais vous le savez, un enfant que l’on prive de contact physique dépérit. Nous avons tous besoin de ce contact physique, de ce lien matriciel avec un autre qui nous dit : « je suis avec toi, je suis en lien avec toi, près de toi ». Et donc voilà déjà ce geste extraordinaire du contact humain... L’Esprit ne se trouve pas dans une recherche solitaire, mais dans un lien, dans un partage, dans une communauté, une communion.

Et imposer les mains dans l’Ancien Testament, sur les 35 premières occurrences, il s’agit à chaque fois du prêtre qui impose la main sur la tête de la victime qui est consacrée à Dieu. Oui, voilà l’imposition des mains. Certes, il y a ce soutien, cette présence vivifiante du saint Esprit, mais en même temps, un envoi en mission et une dédicace. En t’imposant les mains, je dis que tu es offert à Dieu. Envoyé en mission, comme nous avons gardé ce geste d’imposition des mains dans la liturgie de consécration d’un pasteur. Consacré comme serviteur, comme envoyé. Et plus encore, offert à Dieu. Ainsi que le dit Paul, « offrez-vous vous-mêmes comme des sacrifices saints vivants et agréables à Dieu, ce sera de votre part un culte raisonnable » (Rom. 12 :1).

Peut-être vous demandiez-vous tout à l’heure comment il pouvait être possible de ressentir le don de l’Esprit, et bien allez y mes frères et mes sœurs, offrez-vous en sacrifice à Dieu. Allez au-delà du discours bienfaisant qui nous rassure et nous dit, « vous êtes pardonnés vous êtes libérés»... Ce qui vous transformera vous, c’est de transformer le monde. Et c’est quand vous vous offrez vous mêmes en holocauste. Oui, l’holocauste dans la Bible, c’est le sacrifice où tout est consommé, tout le matériel est transformé en fumée qui monte à Dieu. Quand tout est transformé, quand tout est spirituel quand votre être lui-même est transformé en être spirituel, cette transmutation du plomb en or, de la matière en esprit, de la vie terrestre en vie spirituelle, d’une vie égoïste en une vie d’amour et de don, voilà ce à quoi nous invite le baptême dans l’Esprit. Et c’est alors que nous sommes plongés dans l’Esprit. Et ça, ce n’est pas une sorte d’expérience extatique, c’est une logique d’existence, un message profond et fondateur de notre propre vie.

Louis Pernot

Retour à la liste des prédications

Matthieu 3:11

11Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de porter ses sandales. Lui vous baptisera d’Esprit Saint et de feu.

Actes 2:37-41

37Après avoir entendu cela, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que ferons-nous ?
38Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. 40Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.
41Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et en ce jour-là, furent ajoutées environ trois mille âmes.

Actes 8:9-17

9Un homme du nom de Simon, qui se trouvait déjà auparavant dans la ville, exerçait la magie, provoquait l’étonnement du peuple de la Samarie et se disait quelqu’un de grand. 10Tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, s’attachaient à lui et disaient : Celui-ci est la puissance de Dieu, appelée la grande. 11Ils s’attachaient à lui, parce qu’il les avait assez longtemps étonnés par ses procédés magiques. 12Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser. 13Simon lui-même crut aussi et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe et voyait avec étonnement les grands signes et miracles qui se produisaient.
14Quand les apôtres, qui étaient à Jérusalem, apprirent que (les habitants de) la Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean. 15Ceux-ci, descendus chez eux, prièrent pour eux, afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. 16Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. 17Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.

Quel pain quotidien pouvons nous attendre de Dieu?

Matt. 3:11, Actes 2:37-41, Actes 8:9-17

Faire un don à la paroisse

Retrouvez-nous

carte56, avenue de la Grande-Armée 75017 Paris

Secrétaire générale : Charlotte Mariaux de Serres
Lundi/mardi/jeudi/vendredi 9h30-12h30
01 45 74 41 79 

Pasteurs :

Florence Blondon : 06 85 38 41 16
Louis Pernot : 06 88 88 04 44

Vous pouvez-nous écrire: etoile@etoile.pro