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A chaque jour suffit sa peine

Prédication prononcée le 15 mars 2020, au temple de l'Étoile à Paris,
par le pasteur Florence Blondon

Matthieu chapitre 6
25C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
26Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils ne recueillent rien dans des granges, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? 27Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ?
28Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ;29et pourtant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux.30Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs qui est là aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi ?
31Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu'allons-nous manger ? » Ou bien : « Qu'allons-nous boire ? » Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? »32— tout cela, c'est ce que les gens de toutes les nations recherchent sans relâche — car votre Père céleste sait que vous en avez besoin.33Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. 34Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
1 Corinthiens chapitre 13
13Or maintenant trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l'amour ; mais c'est l'amour qui est le plus grand.

Prédication dimanche 15 mars 2020
J’aime creuser les textes, les travailler à la manière d’un jardinier. C’est en général ce que je fais pour mes prédications. Souvent je choisis les textes lorsqu’ils me résistent, lorsqu’ils me heurtent ou bien encore me semblent bien obscurs, lors de mes lectures. Et, j’aime cette proximité avec le texte. Cette fréquentation a une vertu, celle de pouvoir puiser dans notre mémoire afin de s’appuyer sur des récits, des adages lorsque le besoin se fait sentir.
À la fin de certaines Bibles ou de certains cantiques nous trouvons des pistes avec des versets qui correspondraient à diverses situations. Cette semaine une amie m’a offert un « Biblegraph » une roue qui vous propose des versets bibliques en fonction de vos ressentis. Cette roue se trouvait dans les hôtels Hilton aux États-Unis, en tournant la roue en suivant la flèche vous choisissez votre « humeur » et la roue vous propose un verset. Par exemple, « est-ce que vous êtes dans l’angoisse » voici pour vous le Psaume 27, verset 1 : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je crainte ? L’Éternel est le refuge de ma vie, de qui aurais-je crainte ? » Mais c’est encore plus riche si vous pouvez vous-même puiser à la source. La lecture régulière est salutaire, elle nous offre une sorte de réserves pour les jours difficiles comme pour les jours heureux. Et dans la situation particulière que nous traversons, cette crise du coronavirus, où depuis hier nous ne pouvons plus faire de culte en présence du public. Cette crise qui plonge nombre d’entre nous dans l’angoisse, ce discours de Jésus, peut nous accompagner, résonner dans nos existences.
Revenons à notre texte. « À chaque jour suffit sa peine » est-ce une invitation à la procrastination ? Certainement pas car le texte biblique n’a de cesse de nous inviter à la responsabilité. Cette phrase retentit au cœur du sermon sur la montagne, comme pour apaiser l’exigence, pour nous orienter également et nous rappeler ce qui est essentiel dans nos existences. Et en creux nous pouvons entendre le réconfort, la consolation. Le Christ jamais ne nie que la condition humaine est difficile, il en a fait l’expérience, mais en nous réorientant vers l’essentiel c’est-à-dire Dieu et les autres il nous invite à vivre la vie non pas à hauteur d’humain, dans l’inquiétude, mais bien à découvrir la transcendance et apprendre la confiance. Entendre une telle phrase, située dans le contexte de ce discours, nous fait prendre conscience qu’une des données anthropologiques constantes, quels que soient les temps où les lieux, c’est l’angoisse de l’être humain.
Ce message nous est offert pour nous alléger, nous libérer. Aujourd’hui encore il résonne si fort, tout particulièrement cette question au centre du développement : « qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à son existence ?». Bonne et juste question à poser.
Mais à quoi Jésus nous invite-t-il ? Car, jamais il ne dit ne faites rien, ne vous fatiguez surtout  pas pour trouver à manger ou pour vous vêtir, mais « ne vous inquiétez pas ». L’erreur se réalise lorsque nous lisons ce discours comme une analogie dans laquelle nous nous identifions aux  protagonistes de l'histoire. Comme si nous nous comparions à eux, et nous n'aurions rien d'autre à faire que picorer la vie comme les oiseaux du ciel ou nous laisser nonchalamment dorer par le soleil comme les lys des champs. C’est un complet contresens. Jésus nous  dit en réalité : quand l'oiseau fait son métier d'oiseau, il vit très bien. Quand le lys fait son métier de lys, il vit très bien. Alors vous les humains faites votre part d’humanité, et vous vivrez bien également. Cela ne signifie aucunement : ne faites rien, ou faites en le moins possible, n’alourdissez pas la peine, mais cela signifie que nous ne pouvons tout faire, et tout supporter. Et cela car nous pouvons Remettre nos fardeaux à Dieu. Il connaît nos limites. Et, si les oiseaux sont les oiseaux ; les lys, les lys, et les humains des humains, cela nous rappelle également ce  que  nous ne sommes : nous ne sommes pas tout puissants, (et la crise actuelle nous le rappelle ô combien !) nous sommes même parfois si démunis que nous sommes invités à tout déposer devant Dieu, avec reconnaissance (dans les 2 sens du terme) : reconnaître en lui l’Autre, et dans la gratitude. Il ne s’agit donc pas de ne rien faire, mais de s’orienter autrement.
Dans l’Évangile nous ne sommes jamais soumis à une obligation de résultat, on peut se tromper.   Il ne s’agit donc pas de travailler plus, ni même de travailler moins, mais d’œuvrer de manière juste, c’est cela que signifie « cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ». Et cette quête nous met en marche, nous permet de mettre en œuvre notre intelligence, notre discernement et nos capacités d’adaptation. Et là pour sûr, il y a du boulot ! Pour en sentir l’exigence, mais aussi la saveur il faut nous  rappeler dans quel  contexte intervient ce discours de Jésus. Nous sommes au cœur du sermon sur la montagne, ce sermon, où Jésus donne nombre de lois, de commandements, qui semblent si difficile, voire impossible à réaliser. Cette exigence extrême, ne doit pas être un poids pour nous. Cet appel à la remise de nos soucis, est là pour affirmer que notre condition humaine, notre difficulté à obéir à la loi, n’est pas là pour nous terrasser. C’est avec Dieu que nous pouvons tendre vers ce qui peut devenir le Royaume de Dieu, à bâtir ce monde que Dieu désir, pas pour plus tard mais dès aujourd’hui, et le préalable à cette quête, c’est se savoir vulnérable, se savoir limité, l’expérience peut être douloureuse, et nous en faisons l’expérience en ce moment même partout sur notre planète. Dans cette quête nous avons l’assurance de pouvoir compter sur Dieu. Car, Dieu a le souci de sa création, les oiseaux et le lys, mais son regard ne s’arrête pas sur eux,  il s’étend à l’humanité.  Comme pour nous dire que la venue du Christ signifie la création d’une nouvelle identité pour l’être humain. Désormais, il n’est plus caractérisé par ce qu’il fait mais par ce vers quoi il tend. Sur quoi se fonde mon identité ? Non dans l’avoir, ni dans le passé, mais bien dans l’être,  dans la quête de l’avenir. Ce qui caractérise l’humain c’est ce à quoi il aspire.
J’ai évoqué l’inquiétude, mais il y a une autre manière d’exprimer cela, c’est le mot souci, et Dieu a le souci des êtres humains. Aussi nous pouvons nous détacher des inquiétudes « matérielles » pour avoir le souci des autres. Paradoxalement aujourd’hui cela doit se traduire par l’éloignement, le confinement mais bien heureusement il reste de nombreux moyens pour rester en contact, le téléphone, les mails et pourquoi pas redécouvrir le charmes du courrier postal ?
Ce texte nous tourne vers la confiance. La foi capacité à ne pas céder à la peur. Ce texte nous ouvre à l’espérance, non pas une espérance béate, ou une espérance pour un autre monde, mais bien cette espérance qui nous tourne vers un avenir que nous avons à co-construire, et pour cela nous avons ce don : l’amour. Car la foi si la foi, l’espérance et l’amour sont qualifiées de « vertus théologales », elles ne sont en rien des « vertus ». Elles n’ont rien à voir avec nos capacités, elles sont un don, reçu de Dieu.  Un abandon que Dieu nous offre. Que nous pouvons décliner en gestes, en paroles, en actes. 
Aimer c’est aussi s’adapter, « il y a un temps pour étreindre et un temps pour s’éloigner de l’étreinte » (Ecclésiaste 3,5) et lorsque nous ne pouvons plus étreindre physiquement nous pouvons toujours être en contact.
En ce temps où nous ne pouvons plus nous rassembler, je vous propose une sorte de défi : et si nous nous mettions à lire la Bible un peu plus qu’en temps normal. ? Commençons par l’Évangile de Jean et/ou les Psaumes. Nous formerions ainsi une communauté de lecteurs. Certes c’est difficile, parfois presque ingrat, mais lorsque l’on insiste un peu vous trouvez des trésors. Et même si nous ne pouvons plus nous rencontrer en « présentiel » vous pouvez poser vos questions par mail, pour ceux qui n’ont pas de mail, par téléphone, échanger partager. Une autre manière de tisser des liens. Inventons soyons pleinement humains !
Nous pouvons également nous donner un rendez-vous de prières à une heure fixe. Chaque jour arrêtons-nous quelques minutes soit à 7h, soit à midi, soit à 23h pour prier nous formerons ainsi une communauté de prière, même à distance nous pouvons nous regrouper. Faire communauté. Faites passer le message
Certains parlent de guerre de combat, bien sûr nous pensons à ceux qui sont sur le front : soignants, les personnels des Ehpad, les enseignants…Et, nous avons tous une responsabilité, une force, une arme. Notre humanité riche de la présence de Dieu en nous et parmi nous. Dieu qui nous ouvre à la foi, à l’espérance et à l’amour. L’amour est le plus grand.
Florence Blondon 
    Culte du 15 mars 2020
    Église protestante unie de l’Étoile
   
Accueil
Voici venu le temps de re-poser nos vies dans la Parole
Voici venu le temps de donner de l’espace à notre prière
Voici venu le temps d’accueillir la présence qui nous bénit
Que la paix de Dieu, Père, Fils et Souffle saint, Soit avec nous tous ce matin !
Qu’elle nous achemine vers la joie Qui est au-dessus de toute joie !Louange
Père, nous te remercions pour ce jour et cette heure mis à part dans notre vie.
Voici un temps de paix, d’écoute et de louange.
Un temps où par ton esprit nous apprenons à vivre en communion avec Jésus Christ.    Cantique : Psaume 92
Loi
    Dégage-toi dans la mesure même Où tu t’engages sans compter.
Prends de la distance dans la mesure même Où tu communies fraternellement à autrui.
Le cœur humain même le plus généreux, N’est pas inépuisable. Dieu seul est illimité.
À exiger sans cesse Le maximum de lui-même,
L’être profond se dissocie et se perd. La parole alors devient vide Et la prière inquiète.
Pour retrouver un regard libre Sur les événements, Il faut fuir et se tenir,
Tranquille et rassemblé, Devant le Maître de tout.  Pars donc vers la source cachée De toute chose.
Quitte tout et tu trouveras tout. Prends le temps de vivre amicalement avec toi-même.
Respire. Reprends haleine. Apprends Dans le repos du corps et de l’esprit La calme lenteur de toute germination. Reçois la paix du Christ. Ne te hâte pas
Afin de mieux courir Dans la voie des commandements
    (Sœur Myriam)
   
Prière de Repentance.
Assurés de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, déposons notre péché :
O Dieu, toi qui es Seigneur et Père, Nous nous retirons au désert, pour entendre ta parole.
Nous tendons les mains, pour recevoir ton Evangile. Nous déposons nos vies, pour accueillir ta grâce.
Tu es au milieu de nous ! Donne-nous d'être assez humbles
Pour attendre ta Parole, pour l'entendre et la comprendre.Déclaration du pardon.
Tu es précieux à mes yeux    N’aie pas peur, car je suis avec toi (Es 43,4-5)Confession de foi
Psaume 23 - De David.
L'Éternel est mon berger : je ne manque de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,  Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton, voilà mon réconfort.
Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires ;
Tu oins d'huile ma tête, Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagne  Tous les jours de ma vie,
Et je reviendrai dans la maison de l'Éternel Pour la durée de mes jours. Amen
    Prière d’illumination
Prions Dieu avant de lire les Ecritures.
Seigneur,
En ouvrant la Bible qui est livre de vie, nous te demandons d’ouvrir nos vies
Nous lisons, mais c’est ta Parole qui lit en nous, Nous tournons facilement les pages de nos Bibles,
Mais nous suivons difficilement son appel à tourner la page de nos existences,
Et fatalement, quand nous refermons tes Ecritures, nous nous refermons.
Notre Dieu, Eclaire la lecture, nourri la prédication et accompagne notre chemin Nous t’en prions AmenLectures bibliquesCantique 33-21
Prédication
Cantique : Psaume 47
   
    Prière d’intercession
    Nous venons à toi dans la prière, Seigneur,
    Et c’est une manière de faire place en nous à un Autre que nous-même.
    Nous venons à toi,  Et c’est une manière de libérer notre regard de ce qui l’encombre,
    Une manière de nous délier du manque de confiance, de la lâcheté, de la colère
    Qui nous retiennent attachés.
Là où nous sommes tentés de nous replier sur notre amertume, Ouvre-nous à la tendresse qui est en toi.
    Là où nous nous crispons sur l’attente d’être aimés, Emmène-nous vers la générosité qui porte la joie !
    Là où nous avons peur de manquer, Donne-nous de regarder ce manque comme une source de fécondité !
    Notre prière, Seigneur c’est aussi une manière d’accompagner les situations douloureuses,
    Et de rendre grâce de situations heureuses.
    Nous nommons aujourd’hui devant toi  Ceux et celles qui vivent un temps d’éclatement et de remise en question, un temps de deuil, de maladie…
    Nous nous réjouissons avec ceux et celles qui reprennent pied et qui ont des envies pour demain…
    Garde-nous accueillants à ceux et celles qui cherchent leur voie et vivent leur foi autrement que nous !
    Préserve-nous de toute suffisance et donne-nous plutôt de témoigner de la largesse du regard que tu poses sur chaque être humain, ce regard que nous accueillons maintenant en te disant : (Francine Carrillo)
   
Notre Père...
Notre Père qui est aux cieux, Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,  Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, Mais délivre-nous du mal.
Car, c’est à toi qu’appartiennent, le règne, la puissance et la gloire,
Aux siècles des siècles     AmenBénédictionQue le Dieu de tendresse Qui a levé Jésus d'entre les morts
Fasse lever en nous ce qui est mort Et nous conduise à la Vie !
Allons dans sa paix.Que l'Eternel fasse rayonner l'habit de lumière
Qu'il a déposé sur chacun d'entre nous, Et qu'il nous garde dans son amour ! Le Seigneur est avec nous tous !Que le Dieu de toute promesse
Fasse lever en nous la plus belle des moissons
Et nous transforme en semeurs de son royaume ! (Lytta Basset)

 

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