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Ressusciter avec Christ

 

 

Etes vous prêts à ressusciter avec le Christ?

Les récits de la mort et de la résurrection du Christ sont difficiles à prendre comme des récits historiques. L’Évangile nous donne des détails curieux de ce qui s’est passé au moment de sa mort :

Le voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes. (Matt. 27,51-53)

Voilà qui est bien curieux, et trop légendaire pour être crédible, mais, en fait, c’est très intéressant, et on peut comprendre cela à la lumière de la théologie de Paul.

Trop souvent, les chrétiens croient à la résurrection du Christ, comme s’il fallait être spectateur d’un événement merveilleux alors que c’est un proces- sus qui nous concerne : c’est de nous qu’il s’agit. Paul dit d’ailleurs à plusieurs reprises : « Vous êtes ressuscités avec Christ » (Col. 2,12-15). Pour lui, notre résurrection ne concerne pas l’après-mort, mais notre vie ici-bas, et il dit aussi que Jésus est le premier ressuscité et que nous devons le suivre.

La bonne nouvelle de Pâques, c’est que cette résurrection, elle nous est offerte aujourd’hui même en Jésus-Christ. Même morts, ou presque, ou réduits à peu de chose, nous pouvons nous relever, ressusciter, avec le Christ nous pouvons nous remettre en marche pour une vie nouvelle, être libérés de tout déterminisme morbide pour nous tourner vers une vie au-delà du physique et du matériel. Nous sommes appelés à nous associer à la mort de Jésus sur la croix pour ressusciter avec lui dès ici-bas.

L’Évangile par son récit curieux symbolise ça par différents signes.

Le premier signe, c’est, à la mort du Christ, une obscurité sur toute la Terre

Cela enseigne que le Christ est la lumière du monde, une lumière plus importante que le soleil. Pâques, c’est la fête de la lumière, comme l’aube, le matin qui annonce une nouvelle journée, nous libérant des craintes et de l’inaction de la nuit.

Accepter de mourir avec le Christ, c’est crucifier son ancienne nature pour ressusciter avec lui, com- prendre qu’il est inutile de vouloir briller par son argent, par ses hautes fonctions, par la beauté de son corps. Tout cela est bon et agréable, comme le soleil est bon, mais notre vraie valeur, c’est d’être aimé. Tout le reste pâlit devant cela. Notre vraie va- leur nous est ainsi donnée par grâce, notre lumière, c’est d’être enfant de Dieu, d’être uniques et irrem- plaçables à ses yeux comme nous le sommes pour ceux qui nous aiment.

Le second signe, c’est le voile du Temple qui se déchire en deux depuis le haut jusqu’en bas.

Ce rideau du Temple délimitait un lieu saint, un lieu à part où Dieu était dit présent. Or, ce qui a frappé les gens dans la personne de Jésus, c’est qu’en lui, ils ont senti la présence de Dieu, toute proche, toute bienveillance. Là, le rideau du Temple est déchiré, et du coup, il n’y a plus de séparation entre le sacré et le profane, le divin n’est plus réservé à des spé- cialistes ou à des lieux particuliers, tout lieu devient sacré et chacun peut avoir accès direct à Dieu.

Le troisième effet de la mort du Christ, c’est que la terre tremble et que les rochers se fendent.

On voit ainsi que par rapport au Christ, rien n’est so- lide ou durable, il est le seul rocher sur lequel nous pouvons construire notre vie.

Pourtant, le Christ ne nous demande pas d’abandonner tout projet terrestre, il ressuscite, et il nous ressucite avec lui. Il nous invite donc à vivre dans ce monde, mais à y vivre transfigurés, autrement, à y vivre avec lui, enracinés et fondés en lui. Et tout cela parce que nous sommes libérés : quand le Christ meurt, les rochers de nos illusions éclatent, les tom- beaux s’ouvrent.

Nos petites habitudes, le cycle de nos activités pre- nantes s’ouvrent pour laisser de la place à quelque chose de vraiment vivant. À la suite du Christ, ni la mort ni la crainte naturelle de la mort ne nous em- prisonneront, ni la volonté orgueilleuse et naïve de laisser quelque chose derrière nous. En effet, aux yeux de Dieu, notre existence en tant qu’individu a déjà, en elle-même un sens infini et éternel.

Quant le Christ meurt, il ressuscite, et il nous res- suscite avec lui, alors les tombeaux s’ouvrent, tout est libéré, la mort ne peut plus rien retenir, elle devient impuissante, le mal devient dérisoire, les rochers peuvent se fendre, le soleil peut s’obscurcir, le rideau du Temple se fendre, peu importe, nous avons un autre rocher, une autre lumière, un autre temple, une autre vie. Et tout cela est offert, par amour. Pâques, c’est un cadeau à accepter.

 

Louis Pernot

 

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