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Quelle est la confession de foi minimale pour être chrétien ?

 

 

L’antiquité.

Dans les premiers temps du christianisme, le candidat qui voulait faire partie de l’Eglise par le baptême devait professer sa foi en disant : « Jésus Christ est le Seigneur ». C’est cela que notre liturgie invite une personne demandant le baptême comme adulte à dire, et c’est la profession de foi demandée pour faire partie de l’Eglise Réformée

Mais cette formule est très imparfaite.

D’abord, elle est ancienne, certes, mais pas évangélique, il n’est dit que Christ est Seigneur dans tous les Evangiles qu’une seule fois (Luc 2,11) dans les récits de la naissance de Jésus, certainement eux-mêmes plus tardifs que le reste.

Ensuite, en France, dans une société marquée par la Révolution Française, on a enseigné pendant des générations que les seigneurs médiévaux étaient violents, méprisant leurs cerfs et les exploitant honteusement, et donc le seigneur n’a pas une très bonne image. Pourtant l’idée est bonne : le seigneur, vu positivement, c’est celui que l’on veut servir, et qui nous protège, c’est bien là le fond de l’histoire.

Néanmoins, cette vision du Christ comme « Seigneur » ne rend pas vraiment justice à la bonne nouvelle de l’Evangile, il nous laisse dans un rapport hiérarchique de soumission et de domination, de pouvoir et de crainte, alors que l’Evangile nous apprend que Dieu nous aime comme un père (plus que comme un « seigneur »), et que Jésus est donc notre frère. L’essentiel donc n’est pas dit dans la mot « seigneur », et cet essentiel, c’est l’amour.

Si l’on veut conserver un lien avec la formule antique, alors peut-être faudrait-il la compléter en disant : « Jésus Christ est mon seigneur et mon frère ».

 

Le dieu trinitaire

Le Conseil Œcuménique des Eglises, organisation qui regroupe toutes les églises chrétiennes du monde (sauf l’Eglise Romaine qui refuse d’en faire partie), a réfléchi à la question, cherchant quel pouvait être le point commun entre toutes les fois chrétiennes, fort diverses, minimum hors duquel on peut penser qu’on sort du christianisme. Et le COE affirme ainsi être ouvert à toute Eglise confessant sa foi dans le Dieu trinitaire.

L’idée est astucieuse, et en effet, cette idée de Trinité ne se trouve que dans le christianisme, et c’est même un point qui nous sépare très explicitement des musulmans (qui accusent des chrétiens de ne plus être monothéistes), et des Juifs.

La formule trinitaire est d’ailleurs « obligatoire » pour qu’un baptême soit reconnu par l’Eglise romaine, il faut qu’il ait été dit : « je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

Mais là aussi cela pose des problèmes. Le premier et de taille, c’est que la doctrine de la Trinité est un développement tardif de la théologie chrétienne, elle n’apparait qu’à partir de la fin du 2e siècle et n’est donc pas évangélique. D’ailleurs les premiers chrétiens étaient baptisés « au nom du seigneur Jésus Christ », tout simplement ce qui fait dire aux mauvaises langues que les baptêmes faits par Pierre, le premier pape, ne seraient pas reconnus comme « valides » aujourd’hui !

Et puis il y a des chrétiens tout à fait authentiques qui ne sont pas trinitaires. On a le droit d’être chrétien tout en ne croyant pas que Jésus soit simplement Dieu, certains, comme les « unitariens » militent pour un monothéisme strict, dans lequel Jésus est fils de Dieu, mais pas Dieu. Il n’y a pas de raison de les exclure du christianisme par un procès en hérésie qui serait d’une autre époque.

 

Je crois en Dieu par Jésus Christ

Dans le Nouveau Testament, les confessions de foi concernent plus Jésus Christ que Dieu lui-même, cependant, on ne pourrait faire du christianisme une sorte d’idéologie centrée sur une personne et son message. Il faut donc que la confession de foi chrétienne mentionne en même temps la foi dans une dimension spirituelle (Dieu), et sa particularité par rapport aux autres religions de ce centrage sur la révélation du Christ.

Aussi peut-être que le plus simple et le plus juste serait : « Je crois en Dieu par Jésus Christ ». Ca dit l’essentiel tout en laissant une mage de liberté dogmatique suffisante.

 

Louis Pernot

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