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Pourquoi être heureux ?

 

Pas besoin d'être heureux !

C'est vrai après tout, pourquoi faudrait-il à absolument être heureux ? Le but de la vie n'est-il pas plutôt de servir, d'apporter quelque chose aux autres, de contribuer comme on le peut à un monde meilleur ? Cette obsession du bonheur n'est-elle pas une sorte de maladie moderne qui, finalement, ne fait qu'alourdir la charge de ceux qui n'ont pas une si belle vie en leur ajoutant une sorte de culpabilité ?

Or, si on admire Mozart, Bach, Calvin, saint Augustin, ou Napoléon, est-ce parce que ces illustres personnages auraient été heureux ? Non, on n'en sait rien d'ailleurs, mais on les admire pour ce qu'ils ont fait et c'est tout. Et même Jésus, a-t-il été heureux ? C'est une question qu'on ne pose pas. Il a prêché des belles choses, il a donné sa vie et c'est là l'essentiel.

On pourrait donc, d'un point de vue chrétien, éviter la question du bonheur, parce que ce n'est pas une quête qui a du sens. Pourtant on ne peut pas l'évacuer totalement. Et ce pour plusieurs raisons.

 
L'évangile : un chemin de bonheur

La première, c'est que, même du point de vue de l'efficacité, on ne peut vraiment faire bien une chose que si on est heureux de la faire, on ne peut la faire simplement par devoir, il faut en plus être mû par une sorte d'enthousiasme, de mouvement intérieur qui puisse entraîner les autres.

Et puis le bonheur est extrêmement présent dans la prédication du Christ. D'après Matthieu, les premières paroles de son enseignement sont les Béatitudes : huit fois « heureux », et d'après Jean, il le conclura par un signe de service avec le « lavement des pieds » et ces belles paroles : « si vous savez cela vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique ». L' « évangile » est, au sens propre, une « bonne nouvelle ». Il ne s'agit donc pas d'imposer des devoirs à l'homme en lui demandant de se sacrifier pour accomplir son devoir, mais l'évangile est une bonne nouvelle pour transformer l'homme de l'intérieur, le libérer, le rendre joyeux et rayonnant et ainsi être une source de joie, de vie et de bien dans le monde.

Donc l'évangile est bien un chemin de bonheur, et avec une recette toute particulière. Cette recette elle est simple, elle est illustrée par le Christ se faisant serviteur de ses disciples en leur lavant les pieds, et par cette parole de Jésus (absente des évangiles, mais donnée par le livre des Actes, 20,35) : « il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ». Ainsi donc, le bonheur, c'est sortir de soi, de son égoïsme, se tourner vers les autres. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas trouver le bonheur si on le cherche, le chercher, serait rester dans son égoïsme, alors que le bonheur, c'est se tourner vers les autres. La seule chose qui rende malheureux, c'est l'égoïsme, le bonheur, c'est s'arracher à l'égoïsme. Le bonheur, c'est l'ex-stase au sens propre : se tenir hors de soi-même. Ainsi, « qui veut sauver sa vie la perdra » (Marc 8,35), Là est le paradoxe du bonheur, il faut s'en dé-préoccuper pour le trouver.

 

Le bonheur est justement là où on ne le cherche pas

Et cela a une autre conséquence, c'est que si le bonheur n'est pas par rapport à soi, mais par rapport à ce que l'on fait, alors il n'est pas une situation passive, mais une démarche active, alors il ne dépend pas de ce que l'on subit, mais il est dans la dynamique.

Cela se voit particulièrement bien dans les Béatitudes, quand Jésus dit huit fois « heureux ceux qui... », jamais le bonheur n'est montré comme un état menacé qu'il faudrait conserver. Il ne dit pas « heureux ceux à qui on fiche la paix », mais « heureux ceux qui procurent la paix ». Il ne dit pas « heureux ceux qui sont aimés, ou à qui l'on fait miséricorde », mais « heureux ceux qui aiment (les miséricordieux) » il ne dit pas «heureux ceux qui sont entourés d'amis au coeur pur », mais « ... ceux qui ont le coeur pur ». Et même les béatitudes plus négatives ne peuvent être comprises que comme mettant en mouvement dans une démarche de quête active. Ceux qui pleurent, ceux qui se savent pauvres, et ceux qui ont faim ou soif d'idéal, ce sont ceux qui manquent, mais qui peuvent justement se mettre en marche, là est la seule recette du bonheur.

Le bonheur, n'est donc pas non plus dans la jouissance d'une sorte de récompense en atteignant le but de la perfection cherchée, mais il est dans le chemin, c'est chaque jour apprendre à aimer, donner, partager, et ça c'est toujours possible quel que soit l'état dans lequel on se trouve. Heureux celui qui a des oreilles pour entendre !

Louis Pernot.

 

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