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La folie de l’Evangile et la petite morale bourgeoise

 

Il y a certes une morale chrétienne : il faut être honnête, généreux, savoir pardonner et partager avec les autres... mais encore ?

C’est un peu la question du jeune homme riche : « Que dois-je faire pour hériter la Vie Eternelle » (Marc 10:17). Jésus lui dit : « tu connais les commandements », sois honnête, travailleur, respectueux des autres, bien obéissant etc...

Le jeune homme lui répond en quelque sorte : « oui, je sais, c’est bien comme ça que j’essaye de vivre, mais voilà, ça ne me suffit pas, ça ne remplit pas ma vie, ne m’enthousiasme pas ». Alors Jésus lui dit : « bon, alors je vais te dire ce qu’il te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et suis-moi... »

Cette réponse de Jésus a été largement commentée. On dit qu’il donne un commandement impossible parce que l’important, c’est de se savoir pécheur. On dit : ce n’est pas un commandement, mais une question, le but étant de faire réfléchir, il ne s’agit donc pas de vouloir appliquer, mais de se remettre en question. On dit aussi qu’il sort de la logique des commandements pour entrer dans celle de l’idéal, il donne une direction un peu utopique où aller. La réalisation concrète, c’est à nous de la trouver, la morale d’application est de notre ressort.

Tout cela est juste, mais en fait, je crois que Jésus dit bien plus que cela. Ce qu’il manquait au jeune homme, c’était un idéal, un absolu, avoir une ambition immense dans sa vie.

La vie ne peut être mue seulement par des petites règles de morale bourgeoise, ce sont de bons garde-fous, mais ils ne sont pas moteur, il faut un élan, une idée folle qui nous attire en avant, sans se contenter de médiocrité. Ce que la société laïque nous dit aujourd’hui, c’est : « attention au chômage, au réchauffement, à la démographie... et donc, travaillez bien, économisez l’eau... » cela n’est pas faux, mais ce n’est pas enthousiasmant, cela ne donne pas envie de vivre, il manque quelque chose.

Il faut savoir trouver dans son existence une source bouillonnante de vie, d’idées, d’enthousiasme, d’idéal, de confiance dans l’avenir, savoir espérer contre toute espérance, avoir et garder une étincelle de folie enfantine qui dépasse la raison. La raison est un bon garde fou, mais elle ne donne pas la vie. C’est ainsi que Paul dit que le message de la Croix est folie, et c’est peut-être pour ça qu’il donne la vie (1 Cor 1 :18).

Les enfants ont naturellement cette folie. Quand on leur demande quel métier ils veulent faire, ils disent : pompier, cosmonaute, chercheur d’or, inventeur, général, ou princesse, danseuse étoile, actrice. Or quelques années après, on les retrouve petits fonctionnaires, comptables obscurs, ou petits ingénieurs, caissières à Monoprix... Que s’est-il perdu ? La vie, l’enthousiasme, la folie, l’entrain.

Il faut garder dans sa vie un idéal, une lumière dans les yeux, une foi, un enthousiasme. Pour avoir la vie il faut l’accueillir « comme un enfant », et si le monde matériel n’est pas toujours très enthousiasmant, notre foi peut être le creuset de cet enthousiasme, de cette folie  qui nous tire en avant hors de la réalité souvent médiocre de notre quotidien. Parce qu’on peut y trouver un idéal, une mission extraordinaire, parce qu’en Dieu nous sommes tous princes et princesses.

Et même si l’on a un petit travail minable, si notre vie familiale est un fiasco, même si notre santé est précaire, l’Evangile peut donner un sens, une façon de concevoir ses relations aux autres, et comprendre que le sens de sa vie, n’est pas forcément dans ce que l’on fait, mais dans la façon avec laquelle on vit, et on peut ainsi vivre sa vie avec un idéal formidable qui nous attire en avant.

Le secret de Jésus tient en trois points: « Va » : aller de l’avant, ne pas rester sur place, la vie est devant, à trouver, à inventer, à imaginer, il faut juste trouver un aimant, un soleil vers lequel aller, un idéal, croire en quelque chose.

« Vends tout ce que tu as » : certainement, quelque dépouillement peut nous libérer, le sens de notre vie ne vient pas de ce que l’on accumule, que ce soit argent, diplômes, réussites, perfection personnelle, force physique, réussites en tout genre.
« Et suis-moi » : aller vers un idéal. Cette route, elle n’est pas facile, elle a mené le Christ vers la croix, mais quelle lumière, quelle joie, quel enthousiasme.

Le « suis-moi », peut aussi être compris comme relation : « accompagne-moi », on peut vivre ainsi non pas seul, mais dans la relation au Christ. C’est cela aussi qui donne une fenêtre ouverte dans une vie grise : la présence de Dieu : « Je suis pauvre et malheureux, mais le Seigneur pense à moi ». (Ps 40)

Certes, ma vie est terne et pas formidable, mais le Seigneur m’aime. Je crois en un Dieu qui croit en moi. Il a de la considération pour moi quand personne ne me considère, il croit en moi quand plus personne ne le fait, et il m’aime quand tous me méprisent. L’Evangile c’est ça : une lumière, et il faut le brandir, s’y identifier, vouloir le vivre, avec folie, complètement, le revendiquer, être prêt à aller au bûcher pour lui.
Oui, je suis chrétien, je suis un soldat de l’Evangile, je veux porter ma croix huguenote la brandir comme un étendard, je veux que ma vie soit marquée par l’Evangile. Quelle joie que d’être un peu fou dans ce monde !

 

Louis Pernot   

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