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La bénédiction

 

Le genou

Le verbe « bénir » est curieux, nous l’utilisons dans deux sens opposées : nous bénissons Dieu, et nous demandons à Dieu de nous bénir. Or si Dieu nous bénit, comment pourrions nous bénir celui qui l’est déjà infiniment ?

Pour comprendre, il faut revenir au sens du mot hébreu dans la Bible. « Bénir » se dit « BaRaK », qui a donné en arable la « baraka ». Or le verbe vient du mot « BéReK » qui signifie « le genou ». Le sens premier est celui du serviteur qui se prosterne devant son suzerain, pour signifier à la fois qu'il reconnaît sa grandeur, et qu'il se soumet totalement à lui, attendant de sa part une parole de vie ou de mort le concernant, le suzerain alors le relève, lui fait grâce et lui donne une mission.

Ainsi, bénir Dieu, c’est s’agenouiller (moralement) devant lui, et lui dire de tout son cœur qu’on le reconnaît comme notre roi, maître et seigneur, qui a le pouvoir de nous faire vivre, et dont nous dépendons entièrement. C’est se soumettre à lui, en le reconnaissant plus important que nous, et attendant sa parole pour nous mettre à son service.

De ce sens premier a découlé l'autre, qui est l'action en retour : Dieu relève, il remet debout, par sa propre grâce, et il confie une mission.

Dire bien

On peut approfondir encore notre quête du sens à partir des mots qui ont été choisis pour dire « bénir » en grec et en latin : « eulogein » et « benedicere » qui signifient: « dire bien », ou « dire du bien ». Cela n’a aucun rapport avec le sens hébreu, est en fait extrêmement judicieux.

En effet, il est vrai que « bénir Dieu » signifie en dire du bien, puisque c'est lui dire, tout le bien que l'on pense de lui, le remercier pour tous les bienfaits que nous lui devons.

Dans l'autre sens, quand Dieu nous bénit, il s'agit aussi d'une parole bonne qui est donnée, mais cette fois ce n'est plus exactement dans le même sens, car Dieu ne parle jamais pour dire ce qui est, mais pour dire ce qui doit être, et ce qui va advenir. La parole de Dieu est une parole créatrice, toujours nouvelle. C'est pourquoi nous pouvons dire que Dieu ne condamne pas, mais qu'il pardonne, Dieu ne considère pas le passé, ni même ce que nous sommes aujourd'hui, mais notre avenir; et donc il nous juge sur notre visée d'avenir, c'est que nous appelons le salut par la foi.

La bénédiction que nous accorde Dieu n'est donc pas une reconnaissance du bien qui serait en nous, contrairement à celle que nous faisons monter vers lui, mais un envoi, une promesse. Si Dieu nous bénit, il dit un bien qui n'est pas encore, mais que sa parole crée en nous, pour peu que nous la recevions dans la foi.

La bénédiction, c’est l’amour premier

Mais si nous avons un seul mot pour deux actions très différentes, c’est qu'il s’agit véritablement d'une seule et même réalité. Réalité unique qui a deux aspects inséparables, l'homme qui bénit Dieu, et Dieu qui bénit l'homme.

C'est en bénissant Dieu que Dieu nous bénit, et lorsque nous recevons la bénédiction de Dieu, ne la recevons jamais avec ingratitude ou passivité, mais toujours dans un sentiment de reconnaissance, et de soumissions en nous mettant à son service.

La bénédiction n'est pas un acte à sens unique, elle ne va ni seulement de Dieu vers l'homme, ni seulement de l'homme vers Dieu, mais elle est une communication, une ouverture à double sens entre Dieu et l'homme. C'est ce que nous appelons l'Amour.

Nous retrouvons d’ailleurs dans l'utilisation de ce mot « amour », la même ambiguïté puisqu'il est utilisé à la fois pour Dieu et pour l'homme, or il est évident que Dieu n'aime pas l'homme de la même manière que l'homme aime Dieu. L'homme aime Dieu pour ce qu'il est, pour sa perfection, mais Dieu heureusement, n'aime pas l'homme pour ce qu'il est, puisque l'homme est sans cesse pécheur et imparfait. L'amour que Dieu nous voue est un amour gratuit, a priori, ce n'est pas un amour de reconnaissance, mais un amour créateur par lequel il nous pardonne et nous remet debout...

Et par là, nous avons aussi la solution à la question de savoir laquelle des deux bénédictions est première, dans la logique de l'Ancien Testament, on aurait plutôt tendance à dire qu'il faut premièrement que l'homme se mette à genoux devant Dieu pour que celui-ci lui accorde sa bénédiction, dans le Nouveau Testament, il nous est dit, nous aimons Dieu parce qu'il nous a aimés le premier. La bénédiction, ou l'amour de Dieu ne sont donc pas conditionnels, ils sont offerts à tout le monde, et c'est en sentiment de reconnaissance que nous sommes capables, à notre tour de bénir et d'aimer Dieu.

 

Louis Pernot

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