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Jésus est-il « mon Seigneur et mon Dieu » ?

 

 

La question de savoir si Jésus est Dieu agite le christianisme depuis les origines. Certains y tiennent absolument, et d’autres le refusent tout aussi catégoriquement. Il y a des arguments des deux côtés. Le seul endroit où Jésus semble être explicitement appelé « Dieu » se trouve en Jean 20,28 quand Thomas aperçoit le Christ ressuscité et s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu ».
Les défenseurs de l’humanité du Christ ont trouvé toute sorte d’échappatoire, comme de dire que ce n’est qu’une interjection de la part du disciple et non pas une identification. Un cri de surprise en quelque sorte comme on dirait : « Oh mon Dieu ! ». Peut-être...

Plus subtilement, on peut préciser ce qu’il y a de divin en Jésus Christ et classiquement affirmer qu’il y a en lui deux natures : il est pleinement homme et aussi pleinement divin. Ainsi Jésus de Nazareth, le Jésus de l’histoire qui marchait en Palestine avec des sandales et disant sur la croix : « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » n’est pas Dieu seulement sous une apparence humaine, mais un homme pleinement uni à Dieu. Jésus n’est ni homme seulement, ni Dieu seulement, mais homme ET Dieu. Quand Jésus meurt sur le croix, c’est l’homme qui meurt, Dieu, lui, est immortel et éternel. Et quand Christ ressuscite, ce qui est de la chair matérielle est mort, il ne reste que le spirituel. Ainsi peut-on dire que si le Jésus homme de l’histoire n’est pas Dieu seulement, le Christ ressuscité, lui, est assimilable à Dieu. Or précisément Thomas s’adresse non pas à son compagnon de route, mais au Christ ressuscité.

Une autre solution pour expliquer l’interjection de Thomas est de la voir comme une citation du Psaume 35 (v.23) qui s’adresse à Dieu en disant : « Réveille-toi, (Seigneur) et lève-toi pour (rétablir) mon droit ! Mon Dieu et mon Seigneur, pour ma cause ! ». Et précisément, « se lever », « se réveiller », ce qui sont les mots qu’utilise la Bible pour parler de la résurrection. Ce que comprendrait alors Thomas c’est que comme les autres il se croyait abandonné de Dieu dans la mort de leur ami, et il découvre que Dieu vient à leur aide et ne les abandonne pas.

Mais comment en vient-il à comprendre cela ?
Là encore le texte est trompeur. On pense habituellement que Thomas croit parce qu’il a vu. On en même a fait le modèle de celui qui ne croit que ce qu’il voit, archétype de l’esprit moderne qui doute et qui veut des preuves scientifiques. Mais la science d’aujourd’hui nous montre que le monde est très différent de ce que l’on en voit. La mécanique quantique nous entraîne dans un monde absolument étrange avec des particules qui ont le don d’ubiquité ou qui communiquent instantanément à distance. Nous savons aujourd’hui que le monde n’est pas du tout ce que l’on en voit ! Donc en soi, dire « je ne crois que ce que je vois » est croire que le monde n’est que ce qu’on en voit et comme on le voit. C’est un égocentrisme coupable et imbécile. Et ce serait une vision matérialiste du monde à laquelle on ne peut souscrire. Un hu- main n’est pas seulement son corps, la valeur d’un homme n’est pas dans son physique, au contraire, l’essentiel est invisible pour les yeux, et « nous regardons non pas aux choses visibles mais à celles qui sont invisibles... » (1 Cor. 4). Ainsi Thomas voulait « voir » la résurrection, mais dans la résurrection, on est dans le domaine spirituel, et il n’y a rien à«voir».

A moins que Thomas ne soit pas si bête. Et que par « voir » il faille entendre « percevoir ». Ainsi Thomas ne demanderait pas tant à « voir » que d’expérimenter la présence du Christ ressuscité. Par delà les discours des théologiens, il a raison de dire que ce qui compte, c’est ce qu’il expérimente lui-même. Voilà l’essentiel, par delà les théologies plus ou moins fumeuses des intellectuels.

Comme Thomas, croyez comme vous sentez. Le vrai Christ ressuscité, c’est celui qui vous habite. La bonne christologie, c’est celle qui vous dynamise, vous fait vivre, donne sens à votre vie, remplit votre existence d’espérance.

Il n’y a pas d’obligation à « croire » ce qu’on enseigne, ni ce que dit l’Eglise, ou ce que disent les théologiens. Dieu est au delà de ce qu’on peut en dire, le Christ ne se limite pas aux discours des spécialistes. Il est une réalité vivante, une parole créatrice qui nous dit que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes aimés, pardonnés, qu’une grâce permanente nous est offerte et que la vie et la paix nous sont offertes.

Louis Pernot.


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