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Jésus aimait-il les ventes paroissiales ?

 

Dans l'Evangile, on voit Jésus chasser les "Marchands du Temple". Pourquoi alors faisons-nous des ventes dans notre temple ? Et que voulait dire Jésus par son geste violent ?

Les Marchands du Temple

Jésus, à un moment donné dans l'Evangile, s'oppose violemment aux "marchands du Temple" (Jean 2 : 13 ss). il reverse les tables, se fait un fouet avec des cordes et chasse tout le monde.

Cet épisode bien connu pose toujours un certain problème à ceux qui organisent les "ventes paroissiales", surtout quand elles prennent de l'espace dans le temple comme c'est le cas à l'Etoile.

Temple ou église ?

Pourtant, nous savons bien que notre "temple" n'a rien à voir avec le "Temple" de Jérusalem. le temple de Jérusalem était considéré comme le lieu même de la présence de Dieu, il représentait l'enjeu de la relation du fidèle à son Dieu, le coeur de la "religion". Pour nous, nous ne pensons pas que Dieu habite plus particulièrement notre "temple", puisque pour les protestants, Dieu est partout et tout lieu est sacré de la même manière. De même, nous ne pensons pas que la religion doive se constituer d'actes religieux particulières, de pratiques, de rites, mais l'essentiel est dans la manière avec laquelle nous vivons tous les jours, en aimant Dieu de tout notre coeur et notre prochain comme nous mêmes.

C'est donc un contresens que les protestants ont fait en appelant leurs édifices cultuels "temples", nos lieux de culte ne sont pas des "temples", mais bien des "églises", c'est-à-dire, étymologiquement, des lieux où la communauté (l'Eglise) se rassemble. Les anciens de notre paroisse disent d'ailleurs encore "l'Eglise de l'Etoile", et certainement avaient-ils raison. Le terme qu'ont les juifs est, lui, tout aussi beau : la "synagogue", c'est (en grec) le lieu de ceux qui font chemin ensemble.

Quoi qu'il en soit, notre édifice cultuel est un lieu que nous respectons, mais qui a une utilité essentiellement fonctionnelle comme lieu de réunion de la communauté, et aucun rassemblement communautaire et fraternel fut-ce pour une "vente de charité" n'y est déplacé.

Ce n'est pas une question de lieu, mais de religion.

En fait, la critique de Jésus ne concerne pas tant ce que nous faisons dans nos lieux de culte, mais la manière avec laquelle nous envisageons notre relation à Dieu. Ce qu'il reproche aux "marchands du Temple", c'est de faire de la relation à Dieu une affaire commerciale, comme s'il s'agissait d'offrir à Dieu certaines choses en échange d'autres qu'on espérerait de lui. Or précisément, l'originalité du message du Christ est de fonder la religion , non pas sur des calculs, des punitions, des récompenses, des échanges mais sur la grâce.

Et la grâce, c'est une réalité qui circule dans les deux sens.

La gratuité qui descend et qui monte.

D'abord de haut en bas. Dieu ne nous aime pas en fonction de nos sacrifices, de notre pratique ou de nos bonnes oeuvres. Dieu nous aime parce qu'il nous aime. C'est comme ça. Il nous aime comme un père ou une mère. L'amour des parents pour leurs enfants est de la même nature. Le père ou la mère n'aime pas son enfant pour ce qu'il fait, mais d'une manière inconditionnelle, absolue, sans condition. C'est à partir de cet amour que l'enfant pourra se construire. De même, nous pouvons vivre, parce que nous nous savons acceptés et aimés, parce que la base de notre vie est que nous n'avons pas à justifier notre droit à exister, parce que nous ne sommes pas dans la crainte, mais dans la confiance et la reconnaissance.

Ensuite de bas en haut, parce que nous sommes appelés à aimer, et que l'amour ne peut être que grâce, c'est-à-dire gratuité. Aimer, c'est donner, c'est accueillir, pour rien, sans rien attendre en échange. Faire le bien en attendant une récompense, un retour, ce n'est plus de l'amour, plus du don, mais du calcul, de l'échange, du commerce. Nous n'avons donc pas à faire le bien pour obtenir le salut ou le Paradis, ni pour nous faire féliciter par Dieu, ou aimer par Lui, ni en pensant que cela nous apportera quelque chose, que ce soit d'ordre matériel ou de celui de bonheur. Faire vraiment le bien, c'est le faire gratuitement, pour rien, par grâce, par conviction, par amour, et par reconnaissance.

La Maison de Dieu, l'enjeu de sa présence, de son amour, de tout ce qu'il nous offre, n'est donc pas du commerce, ce n'est pas le lieu d'échanges, ni de rétribution, mais ce doit être une maison de prière, un lieu de tendresse, de confiance, de grâce et de paix. Pas besoin de payer, ni d'avoir peur, le plus riche, le plus pieux, n'a rien de plus. Ici, pas de championnat de bonnes oeuvres, juste de l'amour et de la prière, c'est tout et c'est l'essentiel. Tout le reste ne le mêlons pas à notre religion, ni à notre relation à Dieu, au risque d'en faire un "caverne de brigands".

 

Louis Pernot

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