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Heureux ceux qui attendent

 

La Bible nous offre de nombreuses béatitudes, femmes et hommes sont proclamés « heureux ». Les Psaumes commencent ainsi : « Heureux l’homme qui ne suit pas le chemin des méchants, mais qui trouve son plaisir dans la loi du Seigneur », et la plupart d’entre nous a en mémoire les célèbres béatitudes de l’évangile de Matthieu : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés!

….. Heureux ceux qui ont le coeur pur... les artisans de paix, les persécutés… » Et encore bien d’autres dans les Évangiles… . « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu », « Heureux ceux qui croient sans avoir vu !!! » Donc, oui l’Evangile est un bonheur, un immense bonheur !

Aujourd’hui un bonheur nous est annoncé : un bonheur, étrange, quelque peu surprenant : c’est le bonheur de l’Avent, le bonheur de ceux qui attendent, le bonheur de l’attente ! « Heureux ces serviteurs, que le maître à son arrivée trouvera en train de veiller » nous dit Luc. Ce bonheur de l’attente s’il était entendu, si nous savions en redécouvrir la saveur, serait ô combien salutaire dans notre monde, où l’espace se rétrécit, où l’on veut tout, et tout de suite, et toujours plus. Redécouvrir le bonheur de l’attente, non pas sur un mode béat, mais de manière active, dynamique, engagée, vigilante. Car attendre ce n’est pas ne rien faire, être inactif, subir. Et, aujourd’hui nous sommes encore dans l’attente.

Cela peut paraître paradoxal, car tout dans l’Evangile nous dit la présence du Christ, tout nous annonce, non pas la présence à venir, mais un «déjà là ». Le Christ ne nous dit jamais je serai avec vous, mais je suis avec vous. Dans Matthieu : « Là où deux ou trois… » et encore « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps », dans Jean, il n’a de cesse de dire « Je suis ». La foi chrétienne s’appuie, s’enracine sur cela, sur cette expérience de la rencontre avec celui qui est. Et pourtant, il nous faut veiller, et attendre le maître. Et, il est une raison fondamentale qui fait que nous attendons celui qui est toujours présent : c’est qu’il est présent, mais qu’il ne nous appartient pas. En réalité, c’est nous qui lui appartenons. Il est là, mais il est aussi ailleurs. Pour le dire autrement : il est notre salut, notre bonheur, notre vérité, notre liberté, notre force, mais il n’est jamais notre propriété. Nous ne pouvons nous l’accaparer, nous ne pouvons nous l’approprier. Nous ne pouvons le posséder. Et aucun d’entre nous, même les plus sages, les plus saints d’entre nous ne posséderont jamais Dieu. On peut croire posséder Dieu, l’enfermer dans des dogmes, dans des livres, dans des rites, mais en réalité ceux qui croient le posséder possèdent ni plus ni moins qu’une idole. Et, seuls ceux qui l’attendent, attendent le vrai Dieu. Comme qui veut garder sa vie sans la donner la perdra, qui veut posséder Dieu sans l’attendre le perdra. Attendre Jésus cela signifie tout avoir sans rien posséder, car tout est à lui, et nous aussi nous sommes à lui. Il nous faut attendre comme le dit Luc, jusqu’à ce que le maître arrive. Et nous sommes heureux dans l’attente, car nous pensons à la joie de la rencontre.

Et en ce temps de l’Avent, nous pouvons aller à la rencontre d’un homme, qui peut être le modèle de cette attente vigilante et confiante. Cet homme c’est Jean le Baptiste. Jean-Baptiste qui répond par « je ne suis pas, le Christ,… Elie,... le prophète », se définissant ainsi en creux. Jean-Baptiste celui qui attend, celui qui nous invite à l’attente, et celui qui prépare.

C’est cela le ministère de Jean-Baptiste : aplanir le chemin du Seigneur, c’est-à-dire préparer, pour un autre que soi-même, la venue de ce que l’on n’a pas, bref lui offrir de son manque. C’est cela préparer la venue pour un autre que soi-même. Il faut préparer la venue de ce que l’on ne peut pas lui donner, de ce que l’on ne peut pas être pour lui, mais que l’on espère pour lui, avec lui, parfois même à sa place quand il n’y croira plus lui-même.

La position de Jean-Baptiste, c’est ouvrir un peu de place, dégager de l’espace au coeur de ce qui encombre trop. De ce qui rend parfois incapable d’accueillir quoi que ce soit de nouveau. Il y a tellement de choses, en effet, qui peuvent fermer notre existence sur elle-même. Notre vie peut se fermer par exemple sur un jugement que l’on croit définitif, sur ces vérités que nous croyons pouvoir posséder. Ou encore notre vie peut se fermer sur le sentiment de bien être que procure parfois la possession de biens, ou le savoir ou bien encore le travail. Ou bien notre vie peut se fermer sur une peine qui rend inaccessible à toute parole de consolation, à tout geste de compassion. Pour rompre avec ces enfermements il faut restaurer l’attente.

Attendre Celui qui est déjà là c’est refuser de le posséder, se laisser surprendre par lui, et être des Jean-Baptiste, c’est refuser la tentation de se prendre pour le Christ, en préparant les voies pour que les humains puissent le recevoir et goûter au bonheur qu’il nous promet.

 

Florence Blondon   

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