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Quel pain quotidien ?

Prédication prononcée le 11 août 2013, au temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

Parmi les demandes du Notre Père, toutes plus ou moins problématiques, celle de la demande du pain quotidien n’est pas la plus facile. Déjà, la multitudes de traductions montre l’hésitation des théologiens : «donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour», « donne-nous chaque jour notre pain quotidien», «donne-nous aujourd’hui notre pain de demain »... il est difficile de s’y retrouver.

Mais le plus grand clivage entre les interprétations réside dans le fait de savoir si l’on interprète cette demande matériellement ou spirituellement, s’il s’agit du pain terrestre, ou du pain du Ciel.

La pluspart des croyants pense immédiatement au pain matériel, pourtant, d’un point de vue théologique, c’est bien l’interprétation du pain comme spirituel qui est la plus évidente. Ce pain que nous demandons, ce ne peut être les croissants chauds pour le matin, mais le pain spirituel de la présence de Dieu, le pain de la parole, du Christ dont nous avons besoin pour avancer jour après jour dans notre vie. Cela est parfaitement cohérent avec le message de l’Evangile, pourtant un bon nombre de croyants ne peuvent se résoudre à enlever toute dimension matérielle à cette demande. Parce que nous avons beau vouloir nous tourner vers les choses de l’esprit et de l’âme, néanmoins, le besoin matériel reste quelque chose de profondément ancré dans notre existance, et tant que nous ne serons pas de purs esprits, nous resterons pris par une sorte de besoin fondamental de savoir si demain nous aurons de quoi manger et survivre.

La chose est donc complexe et il ne faudrait certainement pas trancher d’une manière trop radicale donc.

Si l’on reprend les chose plus précisément, il faut bien dire d’abord que la pluspart des éléments invitent à une interprétation spirituelle de ce pain.

En particulier, la grosse difficulté de cette demande, c’est le mot grec que l’on traduit par «quotidien» ou «de ce jour», il y a dans le texte original un mot mystérieux : «epiousion» dont personne ne connaît vraiment la signification. Il est fort rare dans la littérature classique, et est un «hapax » dans le Nouveau Testament, c’est-à-dire qu’il n’y est utilisé qu’une seule fois et on ne peut donc pas trouver d’autres contextes pour le comprendre. La demande est donc « donne nous aujourd’hui notre pain...» et ensuite le qualificatif étant mystérieux, chaque théologien va inventer quelque chose et proposer : «quotidien» « de ce jour», «de demain» etc... Et ce n’est pas nouveau, quand on regarde les toutes premières traductions latines du deuxième siècle, on se rend compte que les mots choisis dans le latin pour rendre «epiousion»  sont légion : «necessarium», «cottidianum», «supersubstantialem», «perpetuum», «venientem», «crastinum » etc. La chose est donc complexe.

Le plus évident semble de vouloir partir de l’étymologie : «epi-ousion» viendrait de «epi» qui veut dire «au-dessus», et «ousia» qui est la substance, l’essence. Donc le pain «épiousion» est le pain qui est au dessus de la substance matérielle, c’est le pain spirituel. C’est d’ailleurs comme cela que certaines Bibles avaient traduit en mettant «supersubtancialem» : «donne nous aujourd’hui notre pain super-substanciel». C’est en particulier la traduction qu’utilisaient les Cathares, et c’est révélateur de leur théologie qui méprisait la dimension matérielle de la création pour ne conserver une attention qu’au spirituel. Cette traduction a donc été considérée comme hérétique.

Cela dit, a priori, cette interprétation spirituelle est celle qui est la plus cohérente avec l’ensemble de l’Evangile. En effet, dès le début du ministère du Christ, Jésus est confronté avec la question de la nourriture terrestre quand le diable, dans les tentations et qu’il avait faim lui dit : «si tu es le fils de Dieu, demande qu’il change ces pierres en pain», et que Jésus refuse en disant: «l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» (Matt. 4). Donc dès le départ, Jésus refuse qu’une prière puisse être pour nous remplir le ventre, et je ne vois pas comment il pourrait ensuite donner comme modèle une prière qui demande à Dieu de remplir notre ventre. Personnellement, je ne crois pas que Dieu soit pour quoi que ce soit dans ce que les uns ont à manger dans leur assiette ou que d’autres n’aient rien. Certes on ne peut reprocher à un esprit positif de rendre grâces s’il a à manger, c’est toujours bien de remercier et on ne peut reprocher à ceux qui ont des chances matérielles de le faire, plutôt que de les prendre comme un dû, mais en même temps, cela est dangereux : si vous remerciez Dieu quand vous avez du pain, que direz vous à Dieu quand vous n’en aurez pas ? Et je ne peux pas, moi, me réjouir si j’ai du pain en pensant que c’est Dieu qui me l’envoit tout en pensant à ces enfants en Ethiopie qui au même moment meurent de faim, et c’est là pour moi un blocage absolu contre l’interprétation matérielle de notre demande. Je ne peux croire que je sois le chouchou de Dieu, et le remercier de me nourrir et en même temps de laisser mourir de faim des enfants ailleurs dans le monde. Si Dieu est comme cela distribuant le pain matériel, comment croire dans la bonté de Dieu. Parce que si Dieu est un bon père, il ne laisse pas ses enfants crever de faim, c’est inadmissible. Et donc définitivement, le pain que nous demandons dans le « Notre Père » ne peut être autrechose que du pain spirituel, ou Dieu n’est plus Dieu.

Cependant, il y a quelques problèmes.

Le premier nous vient de saint Jérôme. Saint Jérôme au VIe siècle a eu l’idée de retraduire la Bible, il a donc appris l’hébreu et est parti à Jérusalem pour rechercher les textes originaux, et il nous dit dans ses mémoires qu’il a pu avoir sous les yeux un texte original en hébreu de l’Evangile de Matthieu (alors qu’aujourd’hui il ne nous est parvenu qu’en grec). Bien évidemment, une des premières choses qu’il va chercher à voir c’est le Notre Père, et en particulier : quel mot hébreu pouvait-il bien y avoir sous «epiousion». Il découvre, ce qui me contrarie, que le mot présent est le mot hébreu «MaHaR» qui ne signifie pas du tout «spirituel», mais «de demain». La vraie traduction devrait donc être : «donne nous ajourd’hui notre pain de demain». Et d’ailleurs «epiousion » peut aussi signifier «de demain» : le pain qui est au dessus de la substance, c’est le pain qui n’est pas encore mais qui sera demain, parce qui sera demain est au delà de ce qui est aujourd’hui. Tout cela est cohérent donc.

L’étymologie peut aussi aller dans ce sens, on peut en trouver une autre que celle que j’ai avancée en faisant dériver le mot de «Ep» avec « ieinai » : ce qui signifierait : « sur ce qui vient », il s’agirait donc du pain qui vient.

L’interprétation purement spirituelle est donc insuffisante.

Mais là aussi une interprétation purement matérielle serait absurde, demander à Dieu pour aujourd’hui le pain de demain ne veut rien dire, Dieu ne fait pas d’avances sur salaire.
On peut d’abord se raccrocher à l’interprétation spirituelle, parce que ce «demain» pourrait avoir un sens eschatologique, comme renvoyant au demain de l’éternité, le demain du Royaume. On demanderait alors à Dieu de nous donner aujourd’hui ce pain du Royaume à venir, c’est-à-dire son pain spirituel. Cela nous ramène à notre point de départ, mais avec des nuances, et la demande devient plus intéressante, parce que cela donne du sens au «aujourd’hui ». Nous savons que dans l’éternité du royaume de Dieu, nous aurons en abondance la paix, la joie, la lumière, le bonheur, l’amour et tous ses dons, mais aujourd’hui, dans notre vie terrestre, avec la médiocrité de notre foi, nous n’avons pas tous ces dons en plénitude. Et nous demandons à Dieu qu’aujourd’hui déjà nous puissons avoir au moins un peu de ce pain là. Que la bonne nouvelle de l’Evangile ne soit pas que des promesses pour un autre monde, mais que dès à présent nous puissions vivre au moins en partie ces promeses des Béatitudes. Certes si je pleure, Dieu me consolera dans l’autre monde, mais j’ai besoin aujourd’hui d’avoir de Dieu un peu de consolation, et aussi d’avoir déjà de la justice, de la paix, de la pureté de coeur, un peu de foi un peu d’amour et un peu d’espérance, comme une sorte d’avance, comme un échantillon du Royaume qui nous aide à vivre. C’est ce que dit Paul dans son épître aux Romains au chapître 8 quand il dit que même si nous sommes dans une vie difficile, nous avons «les prémisses de l’esprit». Il y aura un récolte abondante de biens spirituels, et nous pouvons en avoir les prémisses, un peu de ces dons afin que je puisse vivre et espérer.

Ensuite, ce pain de demain, on peut le comprendre en s’aventurant dans des domaines plus matériels. D’abord en interprétant ce demain non pas comme celui de l’éternité de Dieu, mais vraiment comme demain, le jour du lendemain, dans quelques heures, et si l’on reste quand même dans le domaine du spirituel d’un pain céleste, la demande serait alors : «donne moi Seigneur le pain spirituel dont j’ai besoin pour me préparer à demain». Parce que le futur est toujours plus ou moins angoissant, et certainement que j’ai besoin de quelque chose pour être capable d’être prêt pour demain. Et que sera demain, je n’en sais rien, peut être des bonnes choses, peut être des terribles, je ne peux le savoir, mais je demande à Dieu qu’il me donne tout ce dont j’ai besoin pour être prêt aujourd’hui pour demain.

Etre capable de se préoccuper du lendemain, de se préparer au lendemain est quelque chose qui se trouve souvent dans l’Evangile, c’est d’ailleurs le propre de l’homme que de pouvoir se préoccuper du lendemain et de pouvoir anticiper, et de se demander où sa vie le mène pour pouvoir s’y préparer. Se préparer au lendemain est le sens d’une partie de la vie spirituelle, parce que demain, je serai riche de la prière que j’ai faite aujourd’hui, et ce n’est pas au moment où l’on est dans la difficulté que l’on peut trouver les resources nécessaires. Quand on est en survie, on vit de ce que l’on a intégré. Quand on se noie, il est trop tard pour apprendre à nager. Il y a donc dans cette prière, sans doute une demande à Dieu qu’il nous donne le pain spirituel dont nous avons besoin pour nous préparer à affronter demain intelligemment et sereinement. On trouve cela dans bien des passages, comme dans l’histoire des vierges sages et des vierges folles (Matt. 25). Les vierges folles n’ont rien préparé, et quand l’époux arrive, elles sont prises au dépourvu et passent à côté de leur chance, au contraire, comme les vierges sages, nous sommes invités à accumuler tout un stock de pain spirituel, d’espérance, de confiance, de force, d’esprit qui nous seront utiles pour demain. Ou alors encore comme dans la parabole de l’intendant malhonnête, lui qui a la sagesse de se demander comment il pourra faire le lendemain, et qu’il se prépare, sagesse louée par le Christ.

Et par delà ce que nous pourrons faire pour nous préparer, on peut croire dans la prière, et demander à Dieu que par delà nos préparatifs toujours insuffisants, il nous donne lui-même le pain qu’il faut pour que nous soyons prêts pour demain, ainsi nous pouvons nous endormir tranquilles, parce j’ai confiance que Dieu me permettra toujours de faire face au lendemain.

Maintenant, est-il possible d’aller encore plus loin et d’entendre le pain comme matériel, c’est-à-dire comme ce dont nous avons besoin matériellement pour arriver jusqu’à demain ? C’est une piste dangereuse, je crois l’avoir montré, mais il y a des arguments pour cela.

Le premier est le parallèle évident avec l’épisode de la Manne. Ce passage de l’Exode où le peuple qui sort d’Egypte a faim dans le désert, et là Dieu le nourrit miraculeusement avec de la Manne. On demande donc à Dieu : «Nourris nous de ton pain comme tu as nourri ton peuple dans le désert». Certes, la tradition rabbinique a toujours interprété spirituellement ce texte en disant que Dieu nourrit chaque croyant de sa parole et de sa présence dans son cheminement vers la Terre Promise. C’est satisfaisant, sauf qu’il y a un grand contradicteur de cette lecture spirituelle, et ce contradicteur n’est autre que le Christ. Dans son discours sur le Pain de Vie (Jean 6), Jésus parle de la Manne et la présente comme un pain matériel qui n’a pas empêché ceux qui l’ont mangé de mourir (Jean 6 :49 et 58), mais que le pain de sa présence, c’est le pain de vie qui descend du Ciel et qui donne la vie Eternelle. Donc certes, le pain essentiel, c’est bien le pain spirituel, et le pain matériel en aucun cas ne peut donner la vie éternelle. Mais en attendant, si je n’ai pas aujourd’hui de quoi nourrir mon corps, comment pourrai-je prier et avoir le pain spirituel ? Peut-être que le Notre Père exprimerait simplement à Dieu ce besoin primaire et vital d’avoir au moins le minimum pour vivre jusqu’à demain.

J’ai expliqué déjà pourquoi on pouvait être réticent à ce type de demande, parce que Dieu n’est pas un simple pourvoyeur de nourriture terrestre, mais on peut conserver l’idée qu’il s’agit là de pain matériel si l’on comprend d’une autre manière le sens de la prière de demande. Il ne s’agit pas forcément d’une réclamation à l’égard de Dieu pour lui dire ce qu’il devrait faire. Jésus l’a très bien dit avant le Notre Père : ce n’est pas la peine de réclamer indéfiniment à Dieu dans la prière, «Dieu sait très bien de quoi vous avez besoin avant même que vous le lui demandiez» (Matt 6:8). Mais la prière peut être autre chose, ce peut être une manière d’exprimer un vœu, un souhait. Quand un chrétien prie en demandant qu’il fasse beau demain par exemple, ce n’est pas qu’il pense que Dieu puisse influer sur la météo, mais pour exprimer un espoir, ou une crainte. Et on a le droit d’avoir des espoirs, des désirs, des craintes. Quand dans une cérémonie de mariage on prie pour les époux, on ne pense pas forcément que cette prière sera efficace auprès de Dieu qui leur donnera beaucoup d’enfants, fera plus qu’à dautres durer leur amour, et les préservera des épreuves, mais c’est pour exprimer un vœu, un souhait. De même quand on dit à quelqu’un au premier janvier «bonne année », cela ne sert à rien matériellement, mais c’est dire : « de tout mon coeur, je vous souhaite une bonne année ». Et on peut prier Dieu comme cela : lui dire qu’on a le souci de pouvoir vivre et manger au moins à sa faim. Et cela n’est pas pour qu’il fasse quelque chose, mais comme une manière de s’en remettre au Seigneur pour pouvoir se dépréoccuper de la chose. De même on peut prier Dieu pour lui remettre ses enfants ou ceux que l’on aime quand on ne peut rien faire pour eux, et c’est une façon de faire confiance, croire qu’avec l’aide de Dieu, tout pourra aller dans le meilleur sens possible. Et dire à Dieu « donne moi aujourd’hui notre pain de demain », c’est justement pouvoir se dépréoccuper de la question immédiate du lendemain dans ce qui ne dépend pas de moi.

Cela est très évangélique, en particulier dans le passage juste avant dans le Sermon sur la Montagne quand Jésus dit : « ne vous préoccupez pas du lendemain, Dieu donne lui-même la pâture aux petits oiseaux... car à chaque jour suffit sa peine et le lendemain prendra soin de lui-même » (Matt. 6:25ss). C’est une grande sagesse. Oui, il faut anticiper, se préparer, mais ce qui ne dépend absolument pas de moi, il faut s’en dépréoccuper et le remettre à Dieu : autrement dit que le cours du monde fasse ce qu’il veut, je m’abandonne à ce qui peut arriver. Il y a là sans doute des relans de panthéisme confondant Dieu avec la Nature et le cours des choses, mais aussi une attitude spirituelle très juste et profonde qui consiste à ne pas se heurter aux événements en disant qu’on verra bien et qu’avec l’aide de Dieu tout est possible, d’intégrer l’avenir qui se présente sans angoisse avec un sentiment de confiance et de gratitude.

Et ainsi, même si ce pain que nous demandons est essentiellement le pain spirituel, néanmoins, le fait même d’utiliser le mot « pain » qui est ce dont nous avons besoin pour vivre matériellement, fait que la demande comporte aussi au fond d’elle même quelque chose qui touche à notre nature animale la plus profonde, et je veux bien croire que cette demande ne concerne pas seulement la partie la plus élevée de notre âme, mais une demande qui touche tout notre être, et que ainsi, de la tête au pied, de l’esprit au corps, nous puissions dire notre confiance à dieu et accéder à la foi et à l’espérance. Et sans superstition nous mettre dans une relation de confiance en Dieu et un état de responsabilité par rapport à l’avenir. Il faut rester dans un certain équilibre qui consiste à la fois à se préparer au lendemain, et aussi à s’en dépréoccuper. Et cela dans toutes les dimensions du corps et de l’âme, et toutes les dimensions du temps d’aujourd’hui à demain et jusqu’à l’éternité, et je crois bien que dans tous ces temps Dieu nous comblera toujours de ses biens et qu’en lui nous n’aurons jamais faim.

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 Matt. 6:5-13

Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour se montrer aux hommes. En vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Mais toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est dans le (lieu) secret, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier :

Notre Père, celui du Ciel

 Que sanctifié soit ton nom
 
 Qu'arrive ton règne

 Que soit faite ta volonté
 Comme au Ciel, qu’ainsi [soit] la Terre

 Donne-nous aujourd'hui notre pain de demain

 Et remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous doivent

 Et que tu ne nous laisse pas entrer dans la tentation

 Mais délivre-nous du malfaisant

[Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles éternels Amen]

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